14 juillet 1978, Citadelle de Bitche à 8h
En ce jour de fête Nationale, les préparatifs battaient leur plein afin d'être prêt à temps pour les festivités. Un beau feu d'artifice était prévu pour clôturer la journée. Les artificiers étaient sur place depuis déjà une heure pour tout mettre en place et vérifier les conditions de sécurité nécessaires par rapport au public accueilli en ce lieu de mémoire chargé de souvenirs.
Ils finalisaient d'ailleurs le balisage d'interdiction de certaines zones quand ils découvrirent l'impensable devant leurs yeux. Une jeune femme était pendue par une corde à l'une des balustrades de sécurité qui encerclaient le plateau de la citadelle. Ils restèrent sans voix devant ce triste et macabre spectacle qui s'offrait à eux alors qu'aurait dû s'annoncer une belle fête en ce jour ensoleillé. L'un deux reprit ses esprits et avertit par talkie-walkie leur chef resté en contre-bas dans la camionnette de l'entreprise. Ce dernier avertit à son tour la gendarmerie locale qui ne tarda à pas à arriver sur place.
Le légiste, qui était également arrivé rapidement sur place, établit les premières conclusions qui laissaient penser à un suicide. Mais un détail attira son attention. La chemise de la victime était entrouverte et la curiosité du légiste le poussa à vérifier qu'il n'y avait rien de suspect. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit une inscription sur la poitrine de cette femme. D'ailleurs, ce message ne lui était pas inconnu. Il l'avait vu passé dans une note transmise par une autre gendarmerie mosellane qui recherchait d'éventuels crimes identiques à l'une de leurs affaires. Il devait absolument prévenir sa hiérarchie qu'il ne s'agissait finalement pas d'un suicide mais probablement d'un meurtre, et qui plus est qu'il était fort probable qu'ils aient affaire à un tueur en série si le lien se confirmait avec l'autre assassinat.
Le commandant Jérôme Martin, qui dirigeait la brigade de gendarmerie de Bitche, avait été informé que la victime avait été tué malgré les apparences contradictoires. Le légiste lui avait également glissé à l'oreille qu'il devrait contacter la gendarmerie de Saint-Avold qui enquêtait apparemment sur une affaire similaire et qui recherchait justement des similitudes dans d'autres affaires. A priori, le message noté sur la poitrine de la victime était une coïncidence qui ne pouvait pas être ignorée.
Il décida de les appeler dès son retour au bureau. Cela lui éviterait peut-être une enquête fastidieuse dont il doutait de l'issue positive. Une femme, ne résidant pas dans le secteur, pendue à la Citadelle, avec aucun indice trouvé sur les lieux hormis cette inscription, c'est comme chercher une aiguille dans une meule de foin.
Devant la Citadelle, il y avait maintenant un attroupement de curieux de plus en plus nombreux. Il faut dire que le va et vient des forces de l'ordre depuis le début de la matinée avait attiré la population locale de ce village habituellement tranquille et calme. Les habitants avaient du mal à croire que quelqu'un ait pu être tué ici, surtout en ce jour de fête nationale, d'autant plus qu'à priori personne ne connaissait cette femme. Elle ne devait pas vivre dans les environs car aujourd'hui avec l'essor des réseaux sociaux, les nouvelles vont très vite et la victime aurait déjà été identifiée.
A Saint-Avold, cela faisait maintenant deux mois que l'équipe du Lieutenant Bexto pataugeait dans les méandres de l'affaire Carron. Aucun indice exploitable, aucune piste sérieuse, rien de rien. Sa promotion avait même été reportée en attendant la résolution de ce meurtre. Incompréhensible pour Sarah mais tellement logique pour sa hiérarchie qui ne pouvait se résoudre à laisser un tel geste impuni. Cet assassin avait sali la mémoire des soldats morts pour libérer le pays, en commettant ce meurtre dans le cimetière même. Alors si le Lieutenant Bexto ne le retrouvait pas, c'était elle qui en ferait les frais. Si elle échouait, elle n'était pas digne, selon eux, de pouvoir diriger cette gendarmerie. Elle avait donc reçu un ultimatum pour clôturer cette affaire : à la fin de l'année civile autant dire qu'il lui restait moins de six mois pour réussir. Comment pourrait-elle sortir de cette galère ? Elle reprit espoir quand son téléphone sonna vers 10h ce matin.
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Meurtres en Terre Lorraine
Mystère / ThrillerDes meurtres à priori sans rapport les uns avec les autres, mais des scènes de crimes qui ont des points communs même si elles sont dans des villes totalement différentes. Un tueur en série ou une bande organisée ? Bien souvent, il suffit de regarde...
