Règlements de compte

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Il avait vraiment sous-estimé sa fille. Il n'aurais jamais imaginé, ne serait-ce une seule seconde, qu'elle ait pu comprendre et trouver le lieu précis où il souhaitait en finir. Mais tout compte fait, maintenant qu'ils étaient tous réunis, c'était l'heure des règlements de compte, du grand déballage. Autant partir en paix et tout se dire.

« Ma championne, je vois que tu m'attendais. Je dois t'avouer que tu m'as surpris. Je ne m'attendais pas à te voir sitôt. J'aurais pensé avoir un peu plus de temps devant moi. Quoi qu'il en soit, je voulais m'excuser pour tout ce que j'ai fait mais je n'avais pas le choix. Il faut qu'il paye. Il a détruit notre famille. »

« Peut-être mais toi, tu as tué combien de victimes innocentes, détruisant par là-même leurs familles? Les jeunes Clarisse Dubois et Patrice Laffont, les docteurs Jérémy Carron et Marie Vannier ? Tous avaient des familles qui pleurent maintenant leurs disparitions. »

« Ils n'étaient pas si innocents que ça, tu sais très bien ce que Timothé a vécu à cause d'eux. »

« Parlons-en de Timothé. Une vie supplémentaire de détruite ! Tu crois qu'il va se passer quoi pour lui après tous les meurtres qu'il a commis pour toi. »

« Je te l'ai déjà dit il me semble, j'assume tous les crimes, il est innocent. Laissez-le tranquille. »

« Non, désolé mais la justice ne fonctionne pas comme ça, c'est trop facile. Il devra payer pour ses actes et à mon avis, il va devoir rester longtemps à l'ombre. Sa vie sera derrière lui quand il sortira de prison. Et toi Paul, je peux savoir ce que tu fais avec lui ? Tu n'as pas trouvé la force de venir vers moi après m'avoir abandonnée ? Mais rester aux côtés d'un assassin, ça ne te dérange pas ? »

« Pardonne-moi soeurette. Mais, je n'y suis pour rien. J'ai été son otage au début jusqu'à ce qu'il m'explique ce qui s'était passé. Tu sais, je le comprends. Notre vie de famille a été détruite à cause de la guerre mais aussi et surtout à cause de cet homme, expliqua Paul en désignant Pierre Cornu. Si seulement il avait autorisé notre père à rentrer, on aurait tous pu continuer à vivre ensemble. Sarah, cet homme nous a privé de nos parents pendant toutes ces années. Tu le cautionnes ? Tu n'as pas assez souffert de ce manque, de cette solitude, ... »

« Venant de celui qui m'a abandonné quand j'en avais tant besoin, c'est le comble. Désolée, mais ça n'autorise en rien le droit de se faire justice soi-même, et encore moins à le tuer. »

« Sarah, il fallait que je parte, je souffrais trop. J'aurais pu déverser ma haine et ma rage sur toi sans le vouloir, et ça je ne le voulais pas, je ne l'aurais pas supporté. Alors, j'ai préféré prendre le large. »

« Quelle haine ? Quelle rage ? Tu n'as jamais montré que tu souffrais. Je ne comprends pas. »

« Tu n'avais pas besoin de savoir que je n'allais pas aussi bien que je le montrais. Il y a encore des choses que tu ignores sur le passé soeurette. Et c'est mieux ainsi. »

« Et bien pour moi non. Ce n'est pas mieux ainsi. J'ai le droit de connaître la vérité il me semble. »

« Non Sarah. Plus tard peut-être. Ou dans un autre monde. » lui répondit son frère en lui faisant un clin d'oeil qu'elle seule aperçut et comprit instantanément. Elle pouvait compter sur lui.

« Bon, je suis désolé de vous interrompre Paul et Sarah mais nous ne sommes pas là pour parler du passé. Chaque chose en son temps. »

« Mais tu crois sérieusement qu'on va te laisser assassiner tranquillement ton otage et qu'on va rester sagement ici à nous tourner les pouces en attendant ? »

« Et pourquoi pas ? Tu sais très bien que c'est mon unique objectif. J'ai l'intention de l'emmener en enfer avec moi. Peu importe la manière. Mais trêve de plaisanterie. Laissez-nous avancer, je vous promets qu'il n'y aura pas d'autres victimes. »

Meurtres en Terre LorraineDes histoires addictives. Découvrez maintenant