Le 19 octobre 1978, Sous-Préfecture de Verdun - 14h
Après plus d'une heure de discussion au cours de laquelle Matthias et Sarah avaient exposé la situation sous tous les angles et répondu aux nombreuses interrogations qui tracassaient le Préfet, l'heure était à la réflexion pour ce dernier qui leur promit une réponse mais après un délai de réflexion. Il leur donna donc rendez-vous à 17h au Mémorial de Verdun, raison pour laquelle il était en déplacement aujourd'hui et qu'il avait accepté de les recevoir par la même occasion.
En quittant son bureau, Sarah ne savait pas si elle devait se réjouir ou non. Matthias soutenait que c'était une bonne chose car il prendrait alors vraiment le temps d'analyser les tenants et aboutissants du contexte sans se précipiter. Il est vrai qu'il aurait pu refusé en bloc leur proposition mais il n'avait rien rejeté. Au contraire, il avait pris le temps de les écouter attentivement et de poser les questions qui le tiraillaient. Ils ne pouvaient pas l'accuser de prendre tout cela à la légère.
Sarah et Matthias repartirent donc au Mémorial où ils approfondirent leur inspection des points sensibles. Le temps passa plus vite que prévu et à 17h, ils trépignaient d'impatience d'avoir la réponse du Préfet. Celui-ci arriva d'un air toujours aussi neutre, ne laissant rien entrevoir de son opinion, ni de son humeur. Lorsqu'on le rencontrait pour la première fois, il donnait véritablement l'impression d'un homme froid, glacial, hautain, ... Mais en l'abordant de la bonne façon, telle que l'avait fait Matthias, il laissait tomber le masque et se montrait très courtois et professionnel, limite presque chaleureux.
« Lieutenant Bexto, je n'irais pas par quatre chemins. Je dois avouer qu'en temps normal, je n'aurais jamais accepté une telle mise en scène pour arrêter un seul homme. Mais le contexte si particulier, le fait qu'il s'agisse de votre père qui était un ancien soldat et que vous ayez vous-même un parcours exemplaire, que je suis moi-même papa mais aussi humain, bref en résumé je vous autorise à mettre en place votre stratagème et à déployer les forces d'intervention sur le site. Si vous avez besoin d'autre chose, n'hésitez pas à me rappeler. Je ferais mon possible. Un dernier conseil, ne vous loupez pas car vous devez certainement savoir que certains n'attendent qu'un faux pas de votre part pour vous donner en pâture et je ne pourrais pas y faire grand-chose. Bonne chance à vous. »
Sarah se retint de se jeter dans ses bras pour l'embrasser et le remercier tant elle était soulagée. Elle avait craint un refus catégorique et cherchait déjà un plan B dont elle n'aura finalement pas besoin. Tous deux le remercièrent et rentrèrent à l'hôtel pour la dernière nuit sur place. En effet, demain était leur dernier jour à Verdun. Après l'accord du Préfet, ils avaient rendez-vous avec une délégation des forces d'intervention pour vérifier avec eux le plan d'intervention, les modifications à effectuer si nécessaire, les dernières recommandations, ...
La nuit et le lendemain passèrent très vite, sans aucun incident ni problème particulier. Tout comme le chemin du retour. Ils étaient contents de rentrer enfin chez eux après ces quatre journées chargées de visites et de rencontres. Mais tout était désormais en place pour le jour J. Il ne pouvait pas leur échapper. Mais arriveraient-ils à sauver cette dernière victime ? Telle était la question qui hantait Sarah. Elle se sentirait coupable si elle échouait dans cette mission. Par la force des choses, puisque son père était le meurtrier, elle se sentait un peu comme sa complice même s'il n'en était rien. Elle se disait que si elle avait réussi à le retrouver plus tôt et à l'arrêter, elle aurait pu épargner des vies innocentes. Mais le mal était fait, elle pouvait juste essayer de limiter les dégâts maintenant. Le piège était en place. Tomberait-il dedans ou réussirait-il encore une fois à leur échapper ?
Le 09 novembre 1978, Mémorial de Verdun - 6h
Le jour J était enfin arrivé. Ces derniers jours avaient été épuisants pour toute l'équipe, à courir de droite à gauche pour vérifier que tout était opérationnel et qu'il n'y aurait aucun couac le moment venu. Tout était désormais en place pour débuter la surveillance du site. Des agents avaient même infiltré le personnel du Mémorial pour ne pas être repérés et pouvoir intervenir plus facilement. Le dispositif était plus léger aujourd'hui que pour les deux prochains jours. Il ne s'agissait pour l'instant que de surveillance dans l'hypothèse où Charly viendrait vérifier les lieux car dans le cas contraire, il n'avait aucune raison de venir aujourd'hui même ici. Mais Sarah n'avait rien voulu laisser au hasard et préférait que tout soit déjà en place pour le lendemain. Cela éviterait de se faire remarquer ou surprendre s'il décidait de venir très tôt le 10 ou 11 novembre même si cela était peu probable. De toute évidence, le meilleur moyen pour lui d'y accéder sans trop de problèmes était de se mêler à la foule des visiteurs. Noyés dans la masse avec son otage, il y avait peu de chances qu'il se fasse prendre.
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Meurtres en Terre Lorraine
Misteri / ThrillerDes meurtres à priori sans rapport les uns avec les autres, mais des scènes de crimes qui ont des points communs même si elles sont dans des villes totalement différentes. Un tueur en série ou une bande organisée ? Bien souvent, il suffit de regarde...
