Le soleil retombe dans les flots. Les températures sont encore bonnes.
Alycia et Eyssiah s'assoient sur le sable. Eyssiah ramène Alycia contre elle. La jolie brune dépose quelques baisers sur cette chevelure dense.
Tout est paisible.
Après plusieurs minutes de silence, la française se remet sur ses jambes. Elle lance une musique d'André Rieu, entraîne Alycia avec elle. Elle guide ses mains sur les hanches de sa moitié, qui même à travers la nuit qui embrase tout, rayonne. Elles tournent ainsi, sensuellement, comme si elles ne s'étaient jamais quittées.
_ Je suis contente de te retrouver Alycia...mon amour.
_ Moi aussi... bébé.
_ Tu m'as tellement manqué et je ne remercierai jamais assez la vie pour ça.
Leurs cheveux se soulèvent un peu. Les vagues rendent le silence fébrile. La française laisse ses doigts trembler sur les lignes de ce visage si particulier. Il fait sombre mais ce toucher lui fait redécouvrir chaque trait, chaque courbe de ce corps comme un aveugle qui découvre la vie. Elle titille la pulpe de ses lèvres... Ça la fait rire tout doucement, au milieu de leurs pas de danses, maladroits.
C'est donc cela la paix ? De charmantes retrouvailles quand le soleil, cette boule rouge rend l'âme au loin à l'horizon et que LA semble se taire aussi. C'est leur libération ?
Après avoir essuyé quelques sueurs, elles se replongent sur le sable, amusées, telles deux adolescentes rassassiées.
_ On n'a jamais été sur la plage, comme ça, pour un coucher de soleil, souffle Alycia.
_ On a oublié de faire beaucoup de choses. J'ai laissé nos vies professionnelles nous prendre ces instants-là.
Le ciel laisse apercevoir son premier nid d'étoiles. Les deux femmes se laissent prendre au piège. Elles contemplent cette étendue de points lumineux, cet infini qui les rapproche ce soir.
C'est peut-être ça qui leur manquait, la satisfaction de se tenir là, côte à côte, noyées l'une sur l'autre ?
_ J'aime écouter les battements de ton cœur. J'ai toujours aimé ça. J'ai toujours été émue par ce bruit, dit tout bas l'australienne.
_ Tu sais que ce bruit m'angoisse. Le bruit d'un cœur. Quand j'étais petite et que la nuit arrivait, j'avais peur. Je n'entendais plus que les pulses de mon cœur. J'étais si petite. Ce bruit était assourdissant pour moi et je ne savais pas que ça venait de moi. Pour moi, c'était dans mes oreilles. Et toutes les nuits, je tremblais sous les couvertures en étant persuadée que c'était le bruit des pas d'un petit monsieur qui venait m'enlever... Depuis, je n'aime pas ce bruit. C'est bête comme on considère les choses.
_ Oh... Et c'est bête tu crois, que je sois en extase devant le moindre de tes souvenirs d'enfance ?
_ Il existe en France un livre qui s'appelle W ou le souvenir d'enfance...(un temps)
Je n'ai pas beaucoup de souvenirs d'enfance mais maintenant grâce à ma thérapie, je me rappelle un peu plus. J'étais sage hein mais alors j'étais peste ! Je m'amusais à tabasser les gamines de mon âge à l'abri des regards dans les rayons des magasins... Et une fois, j'ai fait tomber Joseph de l'échelle de mon lit, il avait un an et demi, peut-être deux. Quand j'y pense...
_ Je crois que tous les enfants connaissent ça. J'ai été horrible avec Angus aussi... (Elle rit un peu). J'aimais le fracasser contre le réfrigérateur... Et je faisais toujours tout pour qu'il soit puni. Non, j'ai été longtemps une peste... En plus j'étais une petite boulette !
_ Toi, une boulette...
_ Et oui... Tu n'as jamais vu de photos de moi petite ?
_ Il y a beaucoup de choses que je n'ai pas vues de toi... C'est désolant...
_ Tu crois qu'on va rattraper tout ça... On va réussir à remonter notre Everest ?
Eyssiah se colle encore. Elle frissonne. Le temps défile et demain, la journée sera longue et pourtant elle se sent bien. Comme si elle était protégée dans les bras de l'actrice. Son grain de peau est si agréable sous la paume de sa main...
VOUS LISEZ
Déchirures
FanfictionEyssiah jeune française de province va faire une rencontre à Paris pour le moins inattendue, qui va venir bouleverser sa vie. Quand on vient du monde lambda, on n'est jamais préparé au monde des paillettes... Quand on a vécu l'enfer amoureux, on p...
