Ecoutez camarades des siècles d'incendie
L'ardente clameur nègre d'Afrique aux Amériques
Ils ont tué Mamba
Comme là-bas les sept de Martinsville
Comme le Malgache là-bas dans le crépitement blême des prisons
Il y avait dans son regard camarades
La chaude fidélité d'un cœur sans angoisse
Et son sourire par-delà les souffrances
Par-delà les blessures sur son corps labouré
Gardait les claires couleurs d'un bouquet d'espérance
C'est vrai qu'ils l'ont tué Mamba aux cheveux blancs
Qui dis fois nous versa le lait et la lumière
Je sens sa bouche sur les rêves
Et le frémissement paisible de sa poitrine
Et ma mémoire a mal
Comme la plante arrachée hors du sein maternel
Mais non
Voici qu'éclate plus haut que ma douleur
Plus pur que le matin où s'éveilla le fauve
Le cri de cent peuples écrasant les tanières
Et mon sang d'années d'exil
Le sang qu'ils crurent tarir dans le cercueil des mots
Retrouve la ferveur qui transperce les brumes
Ecoutez camarades des siècles d'incendie
L'ardente clameur négre d'Afrique aux Amériques
C'est le signe de l'aurore
Le signe fraternel qui viendra nourrir le rêve des hommes.
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COUPS DE PILON
PoetryIl est rare que s'allient la maîtrise du verbe et la profondeur de l'émotion, que s'accordent la distance et le don. Et cette harmonie paradoxale le meilleur se révèle. La parole de David Diop témoigne de ce lieu admirable et difficile. David...
