Ranger des boîtes n'est guère nocif

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John fit donc son sac avec hâte. Les heures ne semblaient pas tourner assez vite. Il arriva dimanche soir, soit deux jours avant Noël.

Sa sœur lui avait ordonné de ne pas revenir jusqu'avant le dernier jour des vacances pour pouvoir inviter ses amis tranquillement. Voilà le bon état d'esprit de famille des Watson visiblement... Il était un peu nostalgique des Noël d'enfance, avec ses grand-parents, son père, sa mère et sa soeur. Mais c'était comme cela. On lui proposait de passer un Noël sympa pour une fois, il n'allait pas refuser.

Puis, il avait un peu hâte de voir Sherlock. 

Il quitta presque avec soulagement son appartement familial. Il porta son sac à dos jusqu'au bus. Il arriva un peu tard à cause des transports en communs, qui étaient eux-même en énorme retard à cause des bouchons. Bouchons du à la date proche de Noël... Tout le monde voulait se rejoindre pour les fêtes de fin d'année. 

Mais, une fois arrivé, ils sortirent un matelas gonflable de camping, qui n'avaient pas été utilisé depuis une bonne vingtaine d'années, et qui ne voulait pas se gonfler. 

John s'en fichait un peu trop, et Sherlock tentait de rester concentrer, mais chaque fois qu'il levait les yeux vers John, ce dernier le regardait en souriant. De toute manière ils n'auraient probablement pas utilisé le matelas. John rêvait de passer une nuit à dormir avec Sherlock depuis le soir où ils étaient restés allongés l'un contre l'autre. 

Ils tentèrent quand même de le réparer, et ne profitèrent pas trop de la soirée. Au moins, cela avait fait passer les heures rapidement, et la maison partie bientôt se coucher. Sherlock avait enfilé le sweatshirt que John n'avait toujours pas récupéré en guise de haut de pyjama. Dans la nuit calme, dans un consensus silencieux, John se glissa dans les mêmes draps que Sherlock. Et cette fois-ci, ce fut ce dernier qui enlaça John par l'arrière. 

John sourit en sentant les pieds froids de Sherlock contre les siens, chaud. 


John se réveilla en sursaut. Il n'avait plus de bras autour de lui.  Il se tourna et regarda le réveil près du lit de Sherlock où...où Sherlock n'y était pas ?!

John paniqua : et s'il s'était drogué à nouveaux ? S'il était sortit en nuit et qu'on le tuait ? Il s'imaginait les pires scénarios et s'élança discrètement dans les couloirs sombres de la maison Holmes.

Ses pieds le menèrent vers la cuisine, d'où il entendait du bruit. Alors, le plus discrètement possible, il ouvrit la porte et tenta de voir ce qu'il s'y passait.

John fut vite soulagé que ce n'était pas un voleur, ou une autre personne voulant heurter Sherlock, mais Sherlock lui-même.

Mais maintenant, une autre question vint à son esprit, que faisait-il ici à 5/6 heures du matin ? John s'autorisa un autre regard et le vit en train de... de ranger de boîtes par ordre alphabétique. Il avait l'air mal au point, en sueur, et il se tenait appuyé contre la table de cuisine, et soupirait.

En effet, Sherlock s'était réveillé, une heure (ou peut-être trois (?)) plus tôt.

Ses yeux s'étaient tout simplement ouverts et ne se fermaient plus ensuite. Ses mains s'étaient mises à trembler, et il avait une envie horrible de fumer une cigarette, et de...pire.

 Mais alors, il sentit John entre ses bras. Lui, sa part d'humanité, sa conscience extérieure. Et le brun remarqua à quel point il ne voulait pas le blesser. Peut-être parce que c'était le seul qui faisait vraiment quelque chose de lui ?

Sherlock s'était alors redressé discrètement et avait quitté sa chambre. Il avait la tête qui tournait, et une force qui le poussait à aller occuper ses mains.

Alors Sherlock s'était assis et avait commencer à trier des boîtes qu'il y avaient dans la cuisine par couleur et ordre alphabétique.

Puis quand John est arrivé, il avait faillit mourir de culpabilité. Juste à l'idée qu'il avait failli succomber à ses désirs le rendait honteux. Pour la première fois de sa vie. Il n'arrivait plus à regarder son ami dans les yeux.

Il n'y arrivait tout simplement plus... Ses grands yeux fatigués et compatissant lui rappelait maintenant la déception qu'il était. Il avait promis quelque chose, mais n'arrivait pratiquement pas à la tenir. Il avait tenu bon, parce qu'il était là. Mais quand il ne sera plus là, il craquera tout simplement. 

Ses sentiments jouaient de plus en plus une place dans sa vie. Surtout qu'il sentait qu'il avait du mal à se retenir pour ne pas rire avec John ou encore à ne pas montrer qu'il s'inquiétait pour lui. 

Son frère Mycroft se moquerait de lui quand il l'apprendra : "Alors, comme ça on est plus intouchable ? On a une petite faiblesse, des sentiments ?".

Oui, Mycroft se moquerait bien de sa tête.

Il détestait les moqueries, il détestait qu'il lui dise qu'il était le moins assidu de la famille. 

- Sherlock ! Tu m'écoutes ?

- Mmh ?

- Qu'est-ce que tu fais à 5h du mat' dans la cuisine ?

- Je... il se racla la gorge, Je tris des boîtes qu'il y a dans les armoires de cuisine, par couleur et en ordre alphabétique.

John paraissait surpris puis il prit un air indescriptible. Il savait que quelque chose n'allait pas.

Sherlock n'aimait pas cet air, comme s'il se tenait devant un chiot ou que Sherlock était adorable, alors que, il était tout sauf adorable, il était arrogant, démunis de sentiments et... drogué.

- Tu es en manque ? demanda doucement le blond.

Sherlock détourna la tête.

Une semaine sans...

- Attend je vais t'aider à les trier, fit John, comme le philanthrope qu'il était.

Il allait être un bon docteur.

Et Sherlock inspira profondément pour empêcher les larmes de couler. Que devenait-il ?


Alors, sous un ciel de flocon blanc nuageux, deux personnes étaient réveillées.

Puis quand le jours se pointa vers 9h, on retrouva ces deux jeunes hommes en train de dormir, sur des chaises de cuisine.



Tout commence par un cours de maths - TeenlockDes histoires addictives. Découvrez maintenant