07 Janvier 2020

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15h52

Comme promis, te revoici en service... Les visions ont recommencé depuis lundi et elles ne m'ont pas manquées.
J'associe la revenue de ces dernières comme une maladie chronique. On se sent tellement bien quand on ne la subit pas que l'on oublie même ce pourquoi on souffrait...jusqu'à ce qu'elle revienne pour nous le rappeler.

Aujourd'hui, mardi, j'ai terminé les cours plus tôt dû à l'absence d'un professeur. J'en ai donc profité pour faire un détour vers un endroit assez connu de Bruxelles : De Brouckere. De base, c'est un arrêt de métro mais on l'associe aussi à l'immense endroit où se trouve une quantité incroyable de magasin ( Rue neuve qu'elle s'appelle ). Juste à côté se trouve la grande place avec des édifices magnifiques, ce qui avantage le tourisme aussi.
Bref, un endroit peuplé et commerciale où on peut trouver de tout, que ce soit vestimentaire, alimentaire ou même matériel.

Je m'y suis donc rendu afin d'acheter un nouveau bloc de feuille pour les cours. Tout s'était bien passé... mais il fallait bien que quelque chose intervienne pour me rappeler que RIEN ne peut bien se passer à l'extérieur.
En sortant du magasin, j'ai placé mon sac au sol pour y déposer les blocs achetés, et je sentais que quelque chose changeait autour de moi.

Le bruit ambiant des pas des personnes qui passaient, les discussions qui s'entaissaient les unes sur les autres amenant à un brouhaha incompréhensible commençaient à s'étouffer. Je continuais de ranger et de ne pas faire attention, ce n'était pas flagrant au début. Ensuite, je n'entendais plus que le bruit des pas et enfin....plus rien. 
Je n'osais pas lever la tête, je savais que c'était l'oeuvre d'une vision, je ne voulais pas...je ne voulais pas assister à ça.

Plusieurs minutes passèrent et la situation était toujours la même, ce silence devenait oppressant, je n'entendais qu'une seule et unique chose : moi.
Je me suis alors décidé d'arrêter tout ça et faire ce qu'il fallait faire, lever la tête et regarder ce qui se trouvait devant moi. De tous ce que j'ai pu voir, de tous ce que j'ai pu imaginer... jamais j'aurai cru voir ça. J'étais...impressionné oui, je n'ai pas d'autres mots pour décrire mon ressenti.

Devant moi se trouvait un cratère gigantesque ! Je ne pourrai te dire son diamètre, c'était terrifiant... En plus de sa longueur indescriptible : sa profondeur. Je ne voyais pas de fond, ou plutôt n'en avait-il pas ? Je restais planté là à observer cet orifice de la taille d'une province  lorsqu'un un détail me titilla l'esprit : les alentours. C'était désertique, pas une seule trace de construction ni même de vie ! Cette sensation d'être seul au monde sans même une rempart pour me protéger  - ou me cacher - me procura un frisson qui me parcourut tout le corps...

Ma respiration...seulement ma respiration était audible et je m'en souviens très bien. Tu n'imagines pas à quel point n'entendre rien d'autre que toi-même provoque une sensation de folie. Tu as l'impression que quelqu'un est avec toi, tout près, mais ce n'est rien d'autre que ta propre personne...

Je commençais à paniquer...Je sentais ma respiration se changer, elle tremblotait et mes mains suivaient la danse. Je tentais de serrer les poings pour arrêter de trembler et de regagner le peu de courage que j'ai...mais ça ne fonctionnait pas, mon corps n'écoutait que sa propre chimie.

Les minutes passaient comme des heures, je voulais sortir de cette vision...mais comment ! C'est alors que j'entendis un son qui ne venait pas de moi - ça ne pouvait pas venir de moi. C'était un chuchotement rauque, venant des enfers les plus profonds. Je su tout de suite d'où il venait...il venait de ce trou béant qui se tenait toujours en face de moi. Je n'osais pas m'approcher...tu sais... ce qu'on ne voit pas est parfois plus terrifiant que ce qu'on peut voir. Imagine-toi en pleine mer, ne sachant pas ce qui se trouve sous tes pieds. J'avais le même ressenti...cette peur de l'inconnu.

J'allongeai alors mon cou afin de gagner quelques centimètres de hauteur pour que je puisse voir un peu plus profond dans ce trou. Toujours rien. Les chuchotements recommencèrent...et...je reconnus tout de suite ce qu'ils disaient. Les mêmes paroles, exactement les mêmes paroles que j'avais entendues lorsque j'étais dans le bus avec ma musique...

" NOUS...ARRIVONS...LOÏC"

Ces mots venaient du plus profond de ce cratère...Je les sentais presque me souffler dessus peu importe la force à laquelle je les entendais. Ils étaient remplis... de mal ? Je ne trouve pas le mot pour expliquer ce ressenti démoniaque je suis désolé.

Je fis un pas...
Puis un autre
Je m'approchais du trou
De plus en plus...

Chaque pas que je faisais me rendait plus lourd. Mon corps ne voulait pas et je le forçais à exécuter ces mouvements. J'arrivai presque au bord du trou et je remarquai que j'avais bel et bien raison... rien, il n'y avait rien du tout dans cet orifice...pas de fond, pas de lumière... pas de vie. Du moins...c'est ce que je cru pendant quelques secondes. Au fond du trou, deux yeux en forme de losanges, dont les pointes se terminaient en forme de piques, blancs, sans vie et dont la rétine ne formait qu'un simple point s'ouvrirent... Ils me fixaient et devenaient de plus en plus gros - ils s'approchaient. Les murmures devenaient de plus en plus fort à chaque avancée, mes oreilles bourdonnaient à force de les entendre.

Je ne sais pas comment l'expliquer journal mais d'un seul coup, je remarquai que mon pied se trouvait au dessus du vide...mais comment ? Je ne sentais pas mon corps bouger à ce moment là, j'étais concentré sur cette chose qui s'approchait de moi et qui voulait sortir des ténèbres de ce puit.

Je sentis mon corps tomber...exactement la même sensation  que lorsque tu glisses d'une marche pendant un rêve, sauf que là ce n'en était pas un...Mon corps glissa et tomba dans le puit.

"Oh mais ça va pas Monsieur ?!!!"

Un homme de chantier, avec son gilet et son casque m'enroula avec ses bras et me plaqua au sol. J'étais déboussolé je ne comprenais pas ce qui se passait ! C'est en me relevant que je compris ce que j'avais évité... la mort.

Près de De Brouckere se trouve un site de chantier où ils ont creusé une bonne dizaine de mètres sous le sol afin de pouvoir y déposer les fondations d'un nouveau bâtiment...et j'ai failli y tomber...J'ai dépassé le grillage de sécurité, j'ai même frôlé un accident de voiture ! J'entendais les cris d'un conducteur énervé qui ne cessait de m'insulter de fou, que je ne savais pas voir que le feu était rouge. Mais je ne le voyais pas...le grillage non plus je ne l'ai pas vu...Je ne pouvais pas leur dire, n'oublie pas que je passerai pour un fou. Je sentis alors qu'il me manquait quelque chose, mes affaires ! Je regardai autour de moi, je touchai mon dos pour savoir si mon sac était toujours sur moi mais rien du tout...La personne du chantier vint alors à moi et déposa sa main sur mon épaule en me demandant pourquoi j'ai fait ça. Pourquoi j'ai vidé mon sac au dessus de la crevasse du chantier, l'ai lancé par la suite et ai décidé ensuite de faire un pas dans le vide...

Je lui ai répondu sur le coup que c'était un gage, que je n'allais pas vraiment sauté - c'était sur le coup, je n'avais pas d'autre réponse en tête.

On m'a ensuite rendu mon sac, rempli de boue mais les blocs notes sont intactes grâce à leur plastique...
Par contre toi journal...tu es vraiment sale, tu as de la boue sèche sur toute ta couverture et certains de tes bas de pages sont mouillés ( mais encore utilisables ! ).

Je ne sais pas quoi en penser...en si peu de temps...les mêmes paroles qui résonnent.. Il faut que j'en parle à Solenne, il faut qu'on arrive à mettre un terme à tout ça avant que tout ceci me tue !

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⏰ Dernière mise à jour : Jan 12, 2020 ⏰

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