Quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous avons toujours le choix.
Oui ou non ?
Continuer ou abandonner ?
Se relever ou rester à terre ?
Se battre ou se rendre ?
Mais parfois, nous sommes forcés de faire un choix plutô...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
« ELLIE HARRIS »
La voiture s'arrête devant un grand portail. Le moteur vrombit encore quand Negan ouvre sa portière avec cette assurance de roi qui descend de son trône. Il contourne la voiture et m'ouvre la mienne, me tendant la main comme s'il était le parfait gentleman. Je lève les yeux vers lui, plante mon regard dans le sien et... j'ignore son geste. Plutôt me tordre la cheville sur le gravier que de lui donner cette satisfaction.
Son sourire s'efface une seconde. Il rattrape mon poignet d'une main ferme, son emprise douloureuse me stoppant net.
- Ne me fais pas regretter de t'avoir emmenée, murmure-t-il d'une voix basse, lourde de menace.
Je reste muette. Je ne bouge pas, je ne détourne pas les yeux. Puis il finit par me lâcher, reprenant sa posture théâtrale pour s'avancer vers la grille, sa batte de baseball posée sur son épaule.
Il frappe plusieurs coups secs contre le portail métallique.
- Petits cochons, gentils petits cochons, laissez-moi entrer ! s'exclame-t-il, hilare, comme s'il récitait une comptine à des enfants.
Une bâche coulisse et découvre un homme au visage fermé. Ses yeux verts se plantent dans les nôtres, surpris, méfiants. Je le vois déglutir, puis se tourner vers une femme à sa gauche qui part en courant.
Negan rit, satisfait.
- Je t'avais bien dit qu'ils seraient contents de me revoir, balance-t-il avec ce sourire espiègle qui me donne envie de vomir.
Je ne réponds rien. Parce qu'à ce moment-là, il arrive.
L'homme du camping-car. Celui que je n'arrive pas à chasser de mes pensées. Rick.
Mon souffle se bloque dans ma gorge. Ses cicatrices s'atténuent déjà comme si son visage refusait de garder les marques de la souffrance. Ses cheveux bruns s'éclaircissent sous le soleil, sa barbe mal rasée accentue ses traits. Et puis cette chemise bleue, froissée, usée, qui contraste avec ses yeux d'un bleu acier. Il est d'une beauté brute, dangereuse. J'ai beau me répéter que je ne dois pas le regarder, mes yeux refusent de se détourner.
- Tu avais dit une semaine. T'es en avance, lâche-t-il d'une voix basse.
Mon cœur se serre. Sa voix... grave, légèrement rauque, avec cet accent du Sud qui donne l'impression que chaque mot pèse une tonne. C'est un plaisir coupable de l'entendre.
Negan rit, franchissant la grille comme s'il entrait dans son salon.
- Tu me manquais trop, répond-il, ironique, en montrant toutes ses dents.
Je le suis, muette, et passe à côté de Rick. Un frisson me parcourt. Son regard se pose sur moi, froid, dur, mais derrière cette glace, je jurerais qu'une tempête se lève. Nos yeux s'accrochent, trop longtemps, jusqu'à ce que la voix du diable vienne briser ce fil invisible.