Quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous avons toujours le choix.
Oui ou non ?
Continuer ou abandonner ?
Se relever ou rester à terre ?
Se battre ou se rendre ?
Mais parfois, nous sommes forcés de faire un choix plutô...
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« ELLIE HARRIS »
Ma vie a basculé depuis que l'enfer s'est abattu sur Terre. Le virus a tout ravagé : les villes, les familles, les certitudes. Plus rien n'a de sens. Dorénavant, je vis enfermée dans ce bâtiment froid et lugubre qu'on appelle le « Sanctuaire » avec mon frère, Negan et une soixantaine d'hommes prêts à lui obéir au doigt et à l'œil.
« Les Sauveurs »... voilà comment ils se nomment. Rien que ce mot me donne envie de rire jaune. Parce que ces types-là n'ont rien de sauveurs. Ce sont des bêtes sauvages. Tuer, voler, terroriser, voilà leur quotidien. Leur dieu, c'est Negan. Leur religion, c'est sa batte entourée de barbelés qu'il balade partout, comme un symbole. Une promesse : tu t'opposes, je t'éclate le crâne.
Negan est un barbare. Et pourtant, il est celui qui me tient enfermée ici, qui m'a arrachée à ma vie. Je le hais mais je n'ai pas le choix : mon frère dépend de lui.
Je soupire en sortant de la douche, j'enfile mon pyjama et regagne ma chambre. J'ouvre la porte... et me retrouve nez à nez avec le diable en personne. Negan. Debout. À m'attendre.
Mon cœur se serre. Ma règle était claire : il n'a pas le droit d'entrer ici.
- J'aimerais dormir. Sors de ma chambre, s'il te plaît.
Je le contourne, agacée, tirant la couverture de mon lit. Mais sa voix rauque s'élève derrière moi.
- Putain, Ellie... après tout ce que j'ai fait pour toi... Pourquoi est-ce que tu me hais tant ?
Son ton faussement blessé me donne envie de hurler. Sa posture, son arrogance, sa façon de me regarder comme si j'étais déjà à lui... tout m'écœure. J'essaie de l'ignorer, mais sa main se referme sur mon poignet.
- Ça fait trois ans, Ellie ! gronde-t-il en me forçant à croiser son regard. Trois ans bordel !
Mes yeux s'assombrissent. Trois ans d'enfermement. Trois ans de révolte étouffée. Trois ans de lui.
- Trois ans que j'attends un signe de toi, ajoute-t-il en posant sa main sur ma joue. Trois ans que j'attends que tu m'aimes.
Un frisson de dégoût me traverse, mes larmes brûlent mes yeux. Je le fixe, glaciale :
- Lâche-moi.
- Trois ans que j'attends que notre putain de « mariage » devienne réel, crache-t-il en me serrant brutalement contre lui.
Je le repousse d'un geste sec, comme si son contact me brûlait.
- Tu m'as forcée à devenir ta femme ! Alors n'attends rien de moi. Rien !
Sa mâchoire se contracte. Ses yeux noirs étincellent d'une rage contenue.
- Je te veux depuis toujours, Ellie. Alors ouais, dès que j'ai eu l'occasion, je l'ai saisie. Mais je ne t'ai jamais obligée à accepter ! rugit-il, la voix brisée par la colère.
Je ricane, amère, mes larmes roulant malgré moi.
- Ah oui ?! Tu m'as coincée avec mon frère comme monnaie d'échange, et t'oses dire que je n'étais pas obligée ?!
- T'avais qu'à le laisser crever, alors ! lâche-t-il, les yeux brillants de fureur.
Ma main part toute seule. Je le gifle de toutes mes forces. Le claquement résonne dans la chambre comme un coup de feu.
- Comment oses-tu dire ça, espèce de psychopathe ! hurlé-je en le poussant, mes doigts agrippant son blouson de cuir. SORS ! SORS DE MA CHAMBRE !
Mais il bloque mes gestes, ses doigts de fer se refermant sur mes poignets.
- Tu peux toujours changer d'avis Ellie ! rugit-il. On peut inverser la situation si tu veux ?!
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Ses yeux brûlent, son souffle me heurte le visage. Je me débats, suffoquée, piégée, envahie par son obsession.
- C'est ça que tu veux ?! hurle-t-il en m'attrapant le bras, sa voix résonnant contre les murs comme un coup de tonnerre. RÉPONDS, Ellie ! Tu veux que je te balance dehors avec ton frère ? Ce soir. Sans rien. Pas de médocs. Pas de bouffe. Pas d'armes. Rien. Tu veux ça ?! Tu veux le regarder crever parce que t'es trop bornée pour admettre ce que je te donne ?!
Ses doigts s'enfoncent dans mes poignets avec une telle force que je retiens un cri. La douleur pulse dans mes bras, mais c'est rien comparé à l'impact de ses mots. Il sait exactement où frapper. Sam. Toujours Sam.
Mon frère ne survivrait pas une nuit dehors. Pas avec ses crises. Pas après avoir vu nos parents se dévorer sous ses yeux. Il suffirait d'un rôdeur, d'un seul, et son corps se mettrait à convulser jusqu'à l'épuisement. Negan le sait. Et il s'en sert. Comme une arme braquée contre moi.
Je sens mes jambes céder, ma gorge se nouer. Je suis au bord de l'explosion mais je sais que je n'ai pas d'autre choix.
- D'accord... soufflé-je dans un filet de voix. Mais lâche-moi... maintenant.
Il me libère, et mes poignets restent marqués de rouge sous ses doigts. Mon souffle tremble, mais lui s'approche encore, son visage à quelques centimètres du mien. Son odeur de cuir et de tabac m'étouffe, sa voix rauque me cloue sur place.
- À partir de maintenant, Ellie, ce mariage de pacotille... c'est terminé. Fini la mascarade. On ne dort plus dans des chambres séparées.
Ses mots tombent comme une condamnation. Je reste figée, incapable de répondre. Si je parle, je hurle. Et si je hurle, il gagne. Alors je serre les dents, je ravale mes larmes.
Jamais Ô grand jamais, je ne partagerai son lit. Pas ce psychopathe. Pas cet homme qui appelle "amour" ce qui n'est qu'une prison.
Je m'apprête à lui cracher le fond de ma pensée quand une voix retentit derrière la porte :
- Negan, nous avons de la visite !
Son regard s'assombrit. Il me lance une dernière œillade, lourde de menace et de frustration, puis claque la porte en sortant.
Je reste seule, le souffle court, mes poignets encore douloureux. Et dans ma tête, une seule certitude tourne en boucle : il croit que je suis à lui. Mais tant que je respirerai, je le haïrai.