Quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous avons toujours le choix.
Oui ou non ?
Continuer ou abandonner ?
Se relever ou rester à terre ?
Se battre ou se rendre ?
Mais parfois, nous sommes forcés de faire un choix plutô...
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« ELLIE HARRIS »
Les images s'enchaînent dans ma tête comme un film d'horreur qu'on m'obligerait à revoir en boucle. Mon père... penché sur ma mère, ses dents enfoncées dans sa gorge, ses lèvres dégoulinantes de sang, comme s'il mâchait un steak encore saignant. J'ai beau fermer les yeux, ça reste. Ça m'écorche, ça m'arrache de l'intérieur. Je tremble de tout mon corps, mes larmes se coincent dans ma gorge, et je voudrais arracher mes propres yeux pour ne plus jamais voir ça.
- Ellie... je... je me sens pas bien...
La voix de Sam me transperce. Je pivote et l'horreur recommence. Son petit corps secoué de convulsions, sa tête qui cogne violemment contre l'appuie-tête, ses yeux révulsés, ses lèvres blanchies d'écume.
- Non, non, non... Sam !
Je hurle, ma poitrine éclate sous la panique.
- Sam fait une crise !
La voiture freine en crissant, Negan lâche un juron. Je me jette sur mon frère, l'allonge sur le côté, cale sa tête sur mes genoux. Mes mains tremblent, mes larmes tombent sur son visage brûlant.
- Respire... doucement... je suis là... reste avec moi...
Je prie, je supplie, je serre sa main glaciale comme si je pouvais le retenir sur terre par la force. Les secondes sont interminables. Puis enfin, son corps s'apaise, sa respiration reprend un rythme régulier. Mon souffle s'échappe dans un sanglot. Je suis épuisée, mais je n'ai pas le droit de m'effondrer.
- On va s'en sortir, Sam... ça va aller...
La portière claque. Negan m'ordonne :
- Dehors, Ellie.
Sa voix est ferme, sans appel. Je n'ai plus la force de me battre, j'obéis. L'air glacé me fouette le visage, mais ce n'est pas le vent qui me transperce. C'est son regard.
Il s'avance, trop près. Beaucoup trop près. Son odeur de cuir, de tabac froid, me colle à la gorge. Sa voix rauque claque, comme un coup de fouet.
- Écoute-moi bien.
Je suis pétrifiée. Le cœur écrasé dans un étau. Tout ce que je veux, c'est ma mère qui rit dans la cuisine, mon père qui râle devant la télé. Mais à la place, j'ai un frère fragile qui vient de frôler la mort, et ces images cauchemardesques de mes parents qui se dévorent imprimées dans ma tête.
Si Sam refait une crise sans médicaments, il mourra. Et je refuse. Je refuse de le perdre. Il est tout ce qu'il me reste.
Negan avance encore, son ombre m'écrase. Sa voix tombe, implacable :
- Tes parents sont morts. Ça, on peut rien y changer. Mais Sam, lui, je peux le sauver. J'ai les médocs. J'ai tout.
Mes larmes brouillent ma vue. Je secoue la tête, incrédule. Comment peut-il oser ?
- Si tu acceptes ma proposition...
Ses mots ricochent dans ma tête, glacés, implacables. Une rage sourde monte en moi, une lave brûlante prête à me consumer.
- Mes parents viennent de mourir ! hurlé-je, ma voix déchirée. Quelle proposition, Negan ?! De quoi tu parles, putain ?!
Il reste de marbre. Solide, implacable, avec ce calme monstrueux qui me donne envie de hurler plus fort.
Je lève les yeux au ciel, mes mains jointes comme une prière désespérée.
- Seigneur... sortez-moi de ce cauchemar... je vous en supplie...
Et sa voix tombe, tranchante, glaciale :
- Ce cauchemar, c'est moi qui vais y mettre fin. Ton frère sera en sécurité. Je veillerai sur lui. Et je veillerai sur toi.
Ses mots me serrent la gorge comme une corde.
Puis il prononce la sentence :
- Tu vas devenir ma femme. Et moi, je m'occupe du reste. Ton frère. Toi. Votre survie.
Je cesse de respirer. Tout mon corps crie non. Ma tête hurle. Mais mes yeux reviennent malgré moi sur Sam, endormi, vulnérable.
- Non... non, Negan... tu peux pas... murmuré-je, brisée, ma voix tremblant de rage et de larmes.
Il se penche, si près que je sens son souffle chaud sur ma peau. Ses yeux brûlent, obsédés, affamés.
- Je te donne ma parole, Ellie. Tu seras en sécurité. Mais tu seras à moi. À moi et à personne d'autre.
Je serre les dents, mes larmes inondent mes joues. J'ai envie de le gifler, de lui cracher au visage, de me débattre jusqu'à m'écorcher les mains. Mais mon frère dort, fragile, suspendu à la décision de cet homme.
Et dans ma tête, une pensée unique, acide, tourne en boucle : je hais cet homme de toutes mes forces. Mais il tient déjà ma vie entre ses mains.