Quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous avons toujours le choix.
Oui ou non ?
Continuer ou abandonner ?
Se relever ou rester à terre ?
Se battre ou se rendre ?
Mais parfois, nous sommes forcés de faire un choix plutô...
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« ELLIE HARRIS »
Il n'y va pas par quatre chemins, ça c'est sûr. Mais moi non plus, je ne suis pas née de la dernière pluie. Il n'y a pas écrit « conne » en lettres capitales sur mon front. Qu'il se soit épanché sur sa vie, qu'il m'ait servi son passé sur un plateau... ce n'est pas de la générosité, non. C'est de la stratégie. Il m'a déballé ses fantômes pour que je me sente obligée de sortir les miens. Vieille technique de psy ou de flic : je me mets à nu, tu me rends la pareille.
Sauf que je ne le connais ni d'Ève, ni d'Adam. Et si Rick croit qu'il va obtenir mes secrets juste parce que j'ai eu la faiblesse de verser une larme devant lui, il rêve. Mon cœur bat vite, mais ma fierté, elle, se dresse. Ma déesse intérieure enfile son armure et sort les griffes.
- C'est un interrogatoire ? dis-je, un sourcil levé, ma voix teintée d'un sarcasme que je veux cinglant. Tu veux que je t'attende deux minutes, le temps que tu ailles enfiler ton uniforme de shérif ?
À l'intérieur, je me sens à peu près aussi féroce qu'un chaton trempé qui tente de griffer un rottweiler. Mais à l'extérieur, j'affiche mon masque de tigresse. Qu'il se démerde avec ça.
Rick fronce légèrement les sourcils. Pas une colère. Plutôt cette expression de concentration qu'il a, quand sa mâchoire se contracte et que son regard bleu acier ne cligne pas. Ses doigts tapotent la table, un rythme irrégulier, presque agaçant.
- Je sais pas, lâche-t-il enfin, sa voix basse et grave roulant dans la pièce comme un orage contenu. Ça dépend. Est-ce que ça te ferait parler ?
Nos regards s'accrochent, s'affrontent, aucun des deux ne voulant céder.
- Est-ce que tu viens sérieusement de me menacer ? demandé-je, ma voix un peu plus haute que prévu.
Il secoue imperceptiblement la tête, son ton reste calme, mais il y a cette intensité dans sa voix rauque, cette gravité qui ne laisse pas de place à l'esquive.
- J'essaie juste de t'aider.
J'essaie juste de t'aider. Ces mots-là m'étranglent. Je me redresse un peu, le toise comme si j'allais le fusiller du regard.
- Ton dévouement est admirable mais je n'ai pas besoin d'aide, lâché-je sèchement, chaque mot claqué comme une gifle.
Mes doigts trahissent mon agitation : je glisse une mèche derrière mon oreille, tripote nerveusement ma boucle d'oreille. Lui, il ne lâche rien. Son regard bleu acier me transperce, me met à nu sans même lever un sourcil.
Il finit par parler, d'un ton bas, sec.
- J'sais reconnaître quand quelqu'un joue un rôle.
Je mords l'intérieur de ma joue, tente de garder la tête haute.