Quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous avons toujours le choix.
Oui ou non ?
Continuer ou abandonner ?
Se relever ou rester à terre ?
Se battre ou se rendre ?
Mais parfois, nous sommes forcés de faire un choix plutô...
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« ELLIE HARRIS »
Ma réflexion s'arrête net, mes jambes bougent toutes seules. J'hurle intérieurement à mon corps d'arrêter, mais je fonce. Mon pied heurte les côtes du garde avec une force que je ne me connaissais pas. Le bruit est sec, suivi presque aussitôt d'une détonation étouffée. Le coup est parti. La balle s'écrase dans le mur derrière Rick.
Le garde gémit mais avant que je ne puisse reculer, sa main s'agrippe à ma cheville et mon équilibre cède. Je m'écroule lourdement à ses côtés. Mon souffle se bloque dans ma gorge. Ses doigts remontent et il m'attrape au niveau de la gorge. Sa poigne s'apprête à serrer quand son regard croise le mien.
- Ellie ?!
Ce bref instant de surprise est sa dernière erreur. Rick surgit comme une tempête et il ne lui laisse aucune chance. Son bras s'enroule autour de la gorge de l'homme et il serre. Sa mâchoire se contracte si fort qu'on croirait qu'il va s'arracher les dents. Ses grognements résonnent, bas, rauques, presque inhumains.
Le garde se débat, ses ongles griffent la peau de Rick, son souffle se brise en gargouillis atroces. Et puis, Rick change de prise. Sa main se plaque à l'arrière du crâne de l'homme, et dans un mouvement sec, brutal, il écrase sa tête contre le mur.
CRAC.
Un bruit immonde résonne dans le couloir, celui des os qui cèdent, de la chair qui se rompt. Le visage du garde s'écrase contre la pierre, laissant une traînée rouge sombre. Rick recommence. Une fois. Deux fois. Trois fois. Jusqu'à ce que le corps s'affaisse, lourd, mou, comme une poupée sans vie.
Le silence tombe, seulement troublé par le halètement de Rick. Des gouttes de sueur roulent sur son front, se mêlant au sang éclaboussé. Ses boucles sombres collent à sa tempe, sa barbe est maculée. Ses yeux bleus, eux, brûlent d'une rage glaciale qui s'éteint lentement lorsqu'ils tombent sur moi.
Je reste figée, les poumons en feu, incapable de respirer normalement. Mes doigts tremblent encore, mes jambes refusent de me porter.
Rick se tourne vers moi. La sueur ruisselle sur ses tempes, ses mèches brunes bouclées plaquées sur son front. Ses yeux, ce bleu acier qui d'ordinaire brûle de colère, brillent cette fois d'autre chose : une inquiétude brute, désarmante.
Il s'accroupit, m'attrape par le bras, sa poigne ferme mais pas brutale, et me redresse.
- Tu n'as rien ? Sa voix est grave, basse, légèrement éraillée, mais le timbre porte une urgence que je ne lui avais jamais entendu.
Je secoue la tête, incapable de parler. Je ne sens rien d'autre qu'un goût de fer dans ma bouche et le sang séché qui colle à mon pull. Ce n'est pas le mien. C'est celui du rôdeur que j'ai poignardé. Je souffle, tremblante, mais mes jambes tiennent encore.
Puis mes yeux se baissent. Ses doigts pressent sa côte, et là, la tache sombre. Du sang.
- Tu saignes, soufflé-je en posant ma main sur son bras.