Quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous avons toujours le choix.
Oui ou non ?
Continuer ou abandonner ?
Se relever ou rester à terre ?
Se battre ou se rendre ?
Mais parfois, nous sommes forcés de faire un choix plutô...
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« ELLIE HARRIS »
Ian Hastings. Mon séduisant professeur de physique médicale.
Un nom qui me gifle en silence et fait remonter tout un flot de souvenirs. Monsieur Hastings, brun ténébreux, regard sombre, presque cruel parfois. Ses iris... mon Dieu, ses iris. Un bleu glacé, comme un hiver qui n'en finit pas, comme une mer de glace sous un ciel trop clair. De ceux qu'on ne croise qu'une fois dans une vie et qui restent imprimés. Il avait ce talent de vous déstabiliser d'un seul coup d'œil, de vous sonder comme s'il pouvait lire au-delà de vos mots. Il n'était pas un homme de sourires. Un demi-rictus, arrogant, suffisait souvent. Parfois un sourire satisfait, bref, tranchant, presque comme une récompense. Et j'étais l'une de celles qui le guettaient, ce foutu sourire.
J'en suis encore à serrer le cadre entre mes doigts, perdue entre fascination et nausée, quand un bruit sec me ramène à la réalité. Je sursaute. Rick et Daryl poussent le canapé renversé jusqu'à la porte d'entrée. Le meuble grince sur le sol poussiéreux, couvrant presque le ton rocailleux de l'archer.
- Si j'dois rester ici, va m'falloir de quoi manger, grogne Daryl, son arbalète ballottant sur son épaule.
Rick se dirige vers la cuisine, ouvre les placards, le frigo. Le silence qui suit est éloquent. Quand il revient, son expression fermée dit tout : rien.
- J'vais aller chasser, tranche Daryl, secouant ses cheveux longs qui lui retombent devant les yeux. Ses gestes sont vifs, nerveux, mais ses yeux bleus, fatigués, brillent d'une détermination glaciale.
- J'viens avec toi, dit Rick, déjà prêt à le suivre, sa hache dans la main.
La voix de Michonne coupe net. - Non. Toi, tu restes ici. T'es blessé alors repose-toi. J'accompagne Daryl.
Rick ouvre la bouche, prêt à répliquer mais elle le fixe. Ses yeux noirs, fermes, ne flanchent pas. Entre eux, c'est un langage muet qui m'échappe.
- Une heure, dit-il enfin, sa voix grave roulant comme un ordre, même s'il sait qu'il vient de perdre.
La porte se referme derrière eux. La maison retombe dans un silence poussiéreux. Je m'approche de Rick pour repousser le fauteuil contre la porte. Il serre un instant les dents, sa main pressée contre son flanc. Quand mon regard descend, je comprends. Ses doigts sont rouges et poisseux.
- Laisse-moi voir, proposé-je sans réfléchir.
Il hésite une seconde puis cède et s'assoit sur l'accoudoir du divan. Sa respiration est lourde, contrôlée. J'écarte doucement sa chemise, relève le tissu avec précaution et souffle de soulagement. La plaie n'est pas profonde mais sale, gonflée et encore saignante.
- Rien de grave mais il faut désinfecter, dis-je en me redressant. Je vais fouiller la salle de bain.
Je fais un pas quand une main se referme autour de mon poignet. Chaude, ferme, autoritaire sans l'être vraiment et mon cœur rate un battement.