CHAPITRE DEUX

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I can't breathe - Bea Miller
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Ces yeux vairons, ces cheveux roux et ces fameuses taches de rousseur qui le rendent davantage craquant

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Ces yeux vairons, ces cheveux roux et ces fameuses taches de rousseur qui le rendent davantage craquant. Ma mémoire me fait défaut et je donnerais tout pour me souvenir de lui. Charlie me fait face et remercie rapidement Elli qui s'empresse de nous laisser seuls.

Je le détaille un instant, interdite. Habillé d'une doudoune qui épouse ses épaules bien bâties, d'un jean basique et d'un bonnet qui écrase sa chevelure contre son front, il s'approche avec précaution de moi, les yeux baissés sur ses chaussures. Est-ce que, lui aussi, appréhende notre échange ? Un silence pesant s'installe et je frictionne mes mains afin de les réchauffer.

— Salut, finit-il par me lancer timidement.

Je le vois déglutir avant de lever les yeux vers moi et de me sourire. Son anxiété me touche profondément parce que je la comprends. Je la ressens avec la même intensité.

— Hey.

Je l'observe, curieuse : sa taille de géant m'impressionne, sa petite fossette creusant sa joue droite lorsqu'il sourit fait accélérer les battements de mon cœur et son unique tatouage à l'encre noire qui décore son cou m'intrigue. Est-ce que ça lui a fait mal ? Est-ce que ça représente quelque chose pour lui ?

— Tu veux faire un tour ? me propose-t-il en se grattant l'arrière du crâne, nerveux.

— Bien sûr.

Il se place alors derrière moi et me pousse. Nous nous baladons sur un chemin qui fait le tour de la cour, devenue inaccessible à cause de la neige. Je me mords les lèvres et me triture les doigts, stressée. Je le connais. Ou du moins, je le connaissais. Malheureusement il m'est impossible de me rappeler d'un moment que nous aurions passé ensemble.

— Alors tu te demandes qui je suis, hein ?

Je peux presque voir un sourire mélancolique se dessiner sur ses lèvres.

— Je suis désolée, articulé-je.

Mon cœur bat si fort dans ma poitrine que des pulsations douloureuses viennent cogner dans mes tempes. Tout en continuant à me pousser lentement, il se racle la gorge et dit d'une voix douce, grave et tremblante d'émotion :

— On se connaît depuis qu'on est gamins, toi et moi. Nos appartements étaient mitoyens et nos parents s'appréciaient beaucoup. Ils sont devenus rapidement amis et nous passions quasiment tous les dimanches ensemble.

Oh.

Il poursuit son récit :

— Tu avais huit ans, j'en avais dix. On était d'abord devenus voisins. Puis amis et meilleurs amis. On faisait les pires coups tous les deux et nos parents nous surnommaient « les terreurs ».

Ce souvenir étranger m'arrache un sourire nostalgique. Frustrée de ne pas pouvoir me rappeler de ces détails, je l'écoute attentivement, une boule au ventre.

5 Weeks ApartOù les histoires vivent. Découvrez maintenant