CHAPITRE CINQ

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Static - Tom Adams
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Charlie s'est endormi à mes côtés, assis sur cette chaise qui est devenue son fauteuil préféré

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Charlie s'est endormi à mes côtés, assis sur cette chaise qui est devenue son fauteuil préféré. Ses doigts sont entrelacés aux miens et ne bougent pas, comme s'ils étaient soudés. Son souffle tiède et régulier s'abat sur la peau de mon bras pendant que sa tête est délicatement posée sur le rebord de mon lit. Charlie a un grand cœur. Il a su me le montrer en veillant sur moi pendant ces cinq semaines où mon esprit n'était plus correctement attaché à mon corps, où ma conscience faisait tout pour abandonner ce combat. Il a su voir en moi ce courage et m'a demandé - supplié - de revenir à lui.

Depuis mon réveil, une question me turlupine : pourquoi est-il le seul à avoir veillé sur moi pendant ces cinq semaines de coma ? N'ai-je donc pas d'autres membres de ma famille qui sont venus me voir ? Suis-je réellement seule, abandonnée à mon sort ? Si Charlie n'était pas présent dans ma vie, je n'aurais jamais tenu aussi longtemps avant de sombrer dans les abysses des ténèbres. Jamais.

Je le regarde et me mordille la lèvre inférieure. Ses longs cils effleurent ses pommettes, un air paisible plane sur son visage et ses traits sont détendus. Puis, je tourne la tête vers la fenêtre et contemple la ville qui se réveille petit à petit. Le soleil remplace les nuages gris, faisant scintiller la neige qui recouvre les quelques toits que j'aperçois.

L'horloge murale indique huit heures et demie. Depuis que Charlie est arrivé, je n'ai pas réussi à me rendormir. Je n'ai fait que cogiter et penser à mon cauchemar. Ces visages me hantent et me perturbent. Si bien, que j'en ai encore des frissons. Mes yeux fatigués se posent sur nos doigts entrelacés, mon cœur s'emballe. Ma peau contre la sienne m'apaise tellement. Je me sens en sécurité avec Charlie. C'est évident.

— Hey petite marmotte, lui dis-je alors qu'il ouvre progressivement les yeux.

Il grogne et s'étire sans pour autant lâcher ma main. Lorsque son regard se pose sur moi, je me noie dans les couleurs divines qui le composent. Il me sonde un instant avant qu'un léger sourire ne vienne étirer ses lèvres rosées.

— Depuis combien de temps est-ce que tu me regardes dormir ? On dirait une psychopathe, raille-t-il.

Sa voix rauque et endormie se répercute en moi et fait accélérer les battements de mon cœur fragile. Je rougis et glousse comme une idiote.

— Hé ! Je n'en suis pas une ! me défends-je en lui donnant une petite tape sur l'épaule.

Nous nous mettons à rire et, pendant quelques secondes, j'oublie que je suis dans un hôpital. J'oublie que ma vie ne m'appartient plus. Que mes souvenirs se sont envolés et que ma famille n'est plus. Tout en retrouvant mon sérieux, je fixe mes bras et fronce les sourcils. Ma peau a pris cette teinte violacée, orangée et jaunâtre.

— C'est là qu'étaient placées les perfusions. Les cathéters laissent des marques mais ça s'estompera assez vite.

Je grimace lorsque j'effleure du bout des doigts mes avant-bras. Après quelques minutes de silence pesant, je soupire et me racle douloureusement la gorge.

5 Weeks ApartOù les histoires vivent. Découvrez maintenant