Callie n'a que vingt ans lorsqu'elle est victime d'un accident de voiture mortel qui coûte la vie de ses proches. Plongée dans le coma pendant cinq semaines, elle devient rapidement captive de ses pensées infernales. Et lorsqu'elle reprend miraculeu...
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Il s'est endormi.
Je le regarde, un mince sourire aux lèvres : il a cet air apaisé qui le rend davantage mignon. Son souffle chaud effleure nos doigts entrelacés. Petit à petit, je réalise que notre amitié est plus forte que tout. Plus puissante que le temps, la mort et le deuil réunis.
Fatiguée, je m'endors à mon tour. Profitant de mon moment de faiblesse, ma mémoire endommagée ne tarde pas à me jouer des tours, me montre les mêmes visages qui ont peuplé mon cauchemar l'autre jour.
Cette fois-ci, ils ne sont pas déformés. Leur teint n'est plus cadavérique. Ils n'ont plus rien de morbide. Quant à leurs yeux, ils ne sont plus noirs mais d'un marron glacé ou de ce vert émeraude qui me fascine. L'air de famille est effarant. Trois silhouettes dont le visage se perçoit nettement. Une petite fille aux cheveux noirs me sourit, je me reconnais dans son rictus amusé. Ses couettes encadrent son visage fin aux traits de poupée.
Elle me ressemble tellement...
Puis je réalise où je me situe.
Dans une voiture, un couple est à l'avant, la petit et moi à l'arrière. Des voix étouffées résonnent dans l'habitacle, une dispute éclate entre les deux adultes à l'avant. Ils s'aboient dessus, les traits déformés par la colère. La petite se met à sangloter, ses pleurs aigus me font mal au crâne.
Mon attention est portée sur la fenêtre : une neige immaculée décore la route, du verglas scintille dans la nuit noire, seulement éclairée par la lumière nacrée de la lune. Soudain, les pneus crissent, la ceinture me coupe la respiration et les voix s'arrêtent. Tout semble tourner au ralenti. La petite fille hurle à plein poumons, la voiture se renverse et fait plusieurs tonneaux.
Des bouts de verre et des objets volent devant mes yeux, ma tête se cogne contre la vitre brisée et des points dansent dans mon champ de vision. Je ne crie pas, sous le choc. Je ne suis plus qu'un pantin désarticulé tandis que la voiture finit par se stabiliser. Un liquide poisseux coule sur mon front, des acouphènes font bourdonner mes tympans.
Puis tout s'arrête. Tout ce que je vois, c'est cette lumière aveuglante. Celle d'un tunnel dont je n'arrive pas à voir le bout.
**
Je me réveille en sursaut, le corps couvert de sueur. Ma respiration saccadée résonne dans la pièce tandis que mes cheveux sont plaqués à l'arrière de ma nuque. Le regard paniqué de Charlie croise le mien. Il me parle mais sa voix est feutrée, inaudible. Ses mains encadrent mon visage alors que ses lèvres se pressent contre mon front. La chaleur de sa bouche inonde mon corps entier, me détend aussitôt. Mes sanglots étouffés et la voix de Charlie deviennent distincte.
— Callie, tout va bien.
Je le repousse doucement, une main contre son torse.
— J'ai vu mes parents et ma petite sœur mourir, suffoqué-je.