❄don't you fear the sun❄
Il n'avait encore jamais rencontré la mère de Shoto, mais elle était au courant pour les visites qu'il rendait à son fils en fin d'après-midi. Après tout, ce n'est pas comme si ses traces de pas et ses bonshommes de neige passaient inaperçus. Elle n'était pas contre le fait qu'il vienne voir Shoto tous les jours, elle souhaitait simplement que Shoto n'ouvre pas sa fenêtre, de peur qu'il n'attrape froid à cause des courants d'air. Izuku avait ainsi compris que s'il ne voyait jamais sa mère passer dans le dos de Shoto, c'était parce que les rideaux rouges cachaient sa chambre.
Shoto était un garçon obéissant, alors il essayait au maximum de respecter l'ordre de sa mère. Mais il fallait avouer qu'il était difficile pour lui de ne plus entendre la voix d'Izuku, et surtout, de ne pas pouvoir le taquiner à sa guise. Alors il avait rapidement abandonné l'idée d'écouter sa mère. Il ouvrait désormais sa fenêtre comme bon lui semblait. Izuku était content de voir qu'il bravait l'interdit pour bavarder avec lui, mais il s'inquiétait également.
En effet, plus le temps passait, et plus la tâche rougeâtre qui était auparavant cachée sous sa frange prenait de l'ampleur. Izuku avait pris du temps avant de remarquer cette curieuse particularité. Il l'avait aperçue pour la première fois en été. Il faisait mine de ne pas l'avoir vue pour ne pas mettre Shoto dans l'embarras, mais il avait bien conscience que cette tâche n'était pas normale. Avant, elle était largement cachée par ses cheveux. Désormais, cette tâche s'étendait jusqu'à son sourcil. Plus les saisons passaient, et plus cette tache prenait de l'ampleur.
C'est un jour d'hiver qu'Izuku prit réellement conscience de l'importance de cette tâche qui recouvrait petit à petit le visage blanc de Shoto d'un rouge qui n'avait rien de naturel. Il ignorait pourquoi il ne se souciait pas de cette tâche auparavant, pourquoi elle l'avait tant marqué, ce jour-là. Mais peut-être était-ce parce que la neige tombait pour la première fois depuis l'hiver dernier, et qu'elle renforçait le contraste entre la peau blanche de Shoto et le rouge inquiétant de la tâche.
— Dis-moi Shoto... commença Izuku en finissant son premier bonhomme de neige de l'année. On n'en a jamais reparlé mais...
— Abrège, dit-il derrière sa fenêtre entrouverte.
— Es-tu malade ?
C'était dit. Izuku n'osa pas entamer la construction d'un second bonhomme de neige, il voulait entendre la réponse de Shoto avant de se concentrer sur sa future création.
— C'est évident non ?
Il n'avait pas l'air en colère, simplement lassé. Izuku ne savait pas s'il devait se sentir soulagé ou non.
— Ma mère m'a toujours dit que j'étais de faible constitution, c'est pour ça qu'elle préfère me faire mon éducation à la maison plutôt que de me laisser aller à l'école. Moi, ça me va, de toute façon je n'aime pas quand il y a beaucoup de monde. Et puis, ma maladie de peau n'arrange pas les choses. Je sais que tu l'as remarqué, cette horreur qui commence à me manger le visage. C'est moche, hein ? Je suis malade depuis ma naissance, mais la maladie ne s'est manifestée que dernièrement. C'est pour ça que je dis souvent que je suis mort. Je suis tellement faible qu'il m'est impossible de courir, le moindre effort me fatigue. Attraper une maladie, même si ce n'est qu'un rhume, pourrait m'être fatal. Je ne vivrais jamais aussi longtemps que les papis qui roupillent en maison de retraite. Quand je suis né, j'étais déjà mort.
C'était la première fois qu'Izuku l'entendait parler autant. Il avait débité tout ça d'une traite, en reprenant son souffle de temps à autre. Entendre ces mots lui fit mal au cœur. Comment un enfant de son âge pouvait-il prononcer des paroles aussi violentes ? Izuku avait envie de le prendre dans ses bras pour le réconforter, pour sécher ses larmes invisibles qui refusaient de couler. C'était sans doute ça, le plus choquant pour Izuku. Ses paroles étaient les plus tristes qu'il n'ait jamais entendu, et Shoto ne semblait en éprouver aucune peine. Il était comme résigné à son sort.
— Moi, je ne trouve pas que ta maladie te rende laid. Au contraire, je trouve qu'elle décore ta peau. Un peu comme une boule qu'on accrocherait à un sapin de Noël.
— Sauf que je ne suis pas un sapin.
— C'est vrai. Tu es plus beau encore.
Izuku lui sourit tendrement, et pendant un instant, il crut que la maladie de Shoto avait également gagné ses joues tant elles avaient viré au cramoisie.
— T'es vraiment bizarre, tu sais.
Izuku tiqua. Si Shoto n'avait pas été malade, il lui aurait sans doute balancé une boule de neige dans la figure.
— Tu pourrais être plus gentil avec moi !
— Non. C'est plus drôle de te voir t'énerver.
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Snowman
FanfictionC'est officiel, Izuku s'est entiché d'un bonhomme de neige. Il aimerait bien faire fondre son cœur, mais mister Snowman ne semble malheureusement pas très réceptif à ses avances. Son regard est froid et ses paroles sont tranchantes comme des stalact...
