Epilogue

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 ❄'Cause I'm Mrs. Snow, 'til death we'll be freezing

Pendant deux ans, Shoto et Izuku filèrent le parfait amour. Au début, ils n'osaient pas trop se toucher, de peur que madame Todoroki débarque dans la chambre pour balancer Izuku par la fenêtre. Mais petit à petit, la timidité avait fini par tomber. Ils avaient commencé à se frôler, à se prendre les mains. Ils découvraient l'amour. D'une manière assez maladroite, certes, mais tout adolescent commence par là. Puis, au printemps, Izuku avait fait le premier pas pour l'embrasser. C'était leur premier baiser depuis le malaise de Shoto.

Et depuis, ils ne se privaient plus pour se découvrir l'un et l'autre. Ils restaient tout de même prudents: si Izuku sentait qu'il n'était pas dans sa meilleure forme, qu'il s'entendait renifler où qu'il se voyait toussoter, il mettait automatiquement un masque et ne se permettait même pas d'approcher Shoto à moins d'un mètre de distance. Et puis un jour, alors qu'Izuku était en première et qu'il neigeait dehors, ils avaient enfin franchi le pas. Ils n'avaient fait qu'un; maladroitement, mais amoureusement.

Les nuages finirent cependant par obscurcir l'horizon. Shoto fit une rechute peu après la rentrée en terminale d'Izuku. Sa tâche avait encore grossi, et englobait désormais son œil gauche. Il avait attrapé un rhume, qui aurait été mortel si sa mère ne s'en était pas immédiatement aperçue pour l'emmener à l'hôpital. En apprenant la nouvelle, Izuku avait accouru sur son vélo.

Il se retrouvait à nouveau sur cette chaise blanche, en face de ces rideaux à la couleur terne. Il respirait à nouveau l'odeur mélancolique des désinfectants. Et Shoto était à nouveau sur ce lit froid et austère. Izuku lui prit tendrement la main, et lui sourit. Shoto eut du mal à répondre à son sourire tant il était faible. Il fixait le mur en face de lui, le regard triste.

Auparavant, mourir ne lui faisait ni chaud ni froid. Il se savait destiné à mourir tôt, de toute façon. Sa maladie ne lui permettrait pas de vivre bien longtemps. Il savait que c'était déjà une chance qu'il ait pu survivre jusque là. Mais Izuku avait changé la donne. Comme une tempête de neige, il avait tout bousculé sur son passage. Ses sentiments et ses pensées ne s'entendaient plus. Désormais, savoir qu'il allait partir sans Izuku lui donnait l'envie de vomir. Il voulait vivre à ses côtés, il ne voulait pas mourir sans lui.

Ils étaient seuls dans cette pièce si différente de la chambre au rideau rouge. Madame Todoroki était partie en voyant Izuku arriver. Elle s'était dit qu'il valait mieux les laisser entre eux pour discuter tranquillement.

 — Ne m'abandonne pas, murmura Shoto du bout des lèvres.

C'était sa seule peur, désormais. Il aimait profondément Izuku, d'un amour simple et pur. Il savait que c'était réciproque. Mais il avait toujours cette crainte qu'il finisse par se lasser de lui, qu'il finisse par tellement s'amuser avec ses amis, comme Tenya ou Ochaco, qu'il arrête de le rejoindre en fin d'après-midi. Izuku entrelaça ses doigts aux siens pour le rassurer.

— Tu te rappelles les bonshommes de neige que je te faisais encore au collège ?

Shoto fronça légèrement les sourcils en entendant cette question incongrue. Il ne voyait pas où il voulait en venir.

— Il y en avait toujours deux. Pas un de plus, pas un de moins. Parce que ces bonshommes de neige, c'était nous. Je ne t'abandonnerai pas, Shoto. Parce que tous les deux, on gèlera jusqu'à la mort, ensemble.

SnowmanOù les histoires vivent. Découvrez maintenant