LIAM.
8 décembre 2014
Liam était chez lui, assis sur sa moquette. Plusieurs feuilles étaient éparpillées autour de lui. C'était toutes les chansons, ou tentative de chansons, qu'il avait écrit. Certaines n'étaient pas encore finies, d'autres étaient réécrites et encore réécrites. Un crayon entre les lèvres, il s'apprêtait à finir le refrain d'une de ses créations. Sauf que l'imagination et les mots ne venaient pas au chanteur.
—— Mon pauvre, t'es même pas fichu d'écrire quelque chose de correct, se maudit-il, en passant ses mains sur son visage.
Il se leva, laissant les dizaines de papier à terre. Après tout, personne ne les lirait, du moins c'est ce qu'il pensait.
Liam hésitait entre écrire ses propres chansons et devenir un artiste solo, ou bien montrer ses écrits au groupe pour qu'ils les incluent à leur prochain album. Le garçon était dans le doute total. Il savait très bien que la vie qu'il menait en ce moment n'était pas celle qu'il avait rêvé en devant chanteur.
Il n'avait pas pensé au début qu'ils auraient un tel succès, les faisant devenir les stars les plus épiées du monde de la musique. Surtout, il n'avait pas imaginé que ses fans allaient être des adolescentes ou même plus jeunes que ça. D'un côté, il savait que c'était l'âge qui faisait le plus de bénéfice parmi les célébrités. En effet, les jeunes filles étaient prêtes à tout pour rencontrer leurs idoles, mettre autant d'argent qu'elles pouvaient pour les voir, obtenir tout ce que les garçons pouvaient sortir. C'était d'ailleurs bien pour ça que le management avait tellement insisté pour créer des magasins One Direction, vendant des objets de toute sorte à effigie des cinq chanteurs.
Liam ne pouvait pas garantir qu'il aurait autant de succès en se lançant tout seul dans ce monde. Car les boys band étaient la mode du moment, c'est ce qui faisait le plus vendre ces temps-ci.
Il s'approcha de la fenêtre, et regarda le paysage de Londres défiler sous ses yeux. Il enfouit ses mains dans ses poches. Au fond, il sentit un bout de papier. Il l'attrapa et le lu. C'était le numéro d'un producteur, on lui avait donné à une de ses soirées de gens riches où il avait été. Était-ce un signe sur son futur ?
EVER.
8 décembre 2014
—— Ne me juge pas, tu me l'as promis, dit la blonde à l'égard du brun.
—— J'attends juste de voir comment tu vas maîtriser ces flics, fit Zayn en haussant les épaules.
Ever lui attrapa le poignet, et l'entraîna dans la direction opposée à celle où elle se dirigeait avant. Elle ne mit pas longtemps à les trouver. Les deux hommes étaient en train d'étudier une carte, en entourant plusieurs endroits dessus.
—— Par contre, je préférerais que tu restes ici, que tu ne te montres pas, lui adressa Ever, plus en une interdiction qu'un conseil.
—— Je te regarde, lui balança t-il.
Le brun devenait de plus en plus désorienté, elle pouvait lire dans ses yeux son inquiétude. Elle lui attrapa doucement la main et la serra doucement entre la sienne, essayant de le rassurer sur ses intentions. Elle le fixait dans les yeux, ses magnifiques prunelles noisettes la brûlaient. Elle pouvait sentir son regard sur chaque parcelle de son visage, il la détaillait.
Puis elle retira sa main et brisa le contact entre eux. Elle se retourna sans lancer un regard en arrière, fermant ses sentiments, avançant à découvert.
—— Alors, on fait une petite pause ? lança t-elle, en planquant son pistolet dans son dos.
Les deux hommes levèrent la tête de la carte et croisèrent le regard de la blonde.
—— Toi ! cria le chef en pointant Ever du doigt.
Alors il sortit son arme de son étui et pointa sur Ever le bout du pistolet. Rapidement, la blonde mit son arme à découverte, visant les deux policiers.
—— Arrête ça tout de suite, baisse ton arme, tu ne peux rien contre nous, fit l'homme.
Les deux visaient maintenant Ever, attendant un moindre mouvement qui entraînerait l'appuie sur la gâchette.
—— Ever ! Cria quelqu'un.
La jeune femme ne prit pas la peine de se retourner, ne voulant pas donner l'occasion aux policiers de prendre le dessus sur la situation si elle déviait son regard concentré sur Zayn.
—— Putain Zayn, reste en dehors de ça, je t'ai dis de rester caché, hurla t-elle au brun.
—— Tu vas te faire prendre, Ever, je ne sais pas ce que tu as derrière la tête mais...
Bang. Un coup de feu retentit, et le brun s'écroula par terre.
—— Zayn, cria Ever, en redressant son arme sur celui qui avait tiré. Je vous jure que vous allez pas rester là longtemps.
—— Baisse ton arme, je t'ai dis, sinon on ne va pas...
Puis Ever avait tiré elle aussi. La balle filait jusqu'aux hommes, tournait autour d'eux, les enveloppant petit à petit dans un voile transparent. Ils étaient prisonniers, mais pas morts. Puis le voile se remplit de glace, les figeant dans leur position. Et enfin, l'emprise se réduit très vite, regroupant dans la balle les deux policiers capturés mesurant la taille d'une limace.
Ever lâcha son arme et se rua sur Zayn.
—— Eh, Zayn, regarde-moi, regarde-moi, dit-elle en tapant les joues du brun pour le maintenir réveillé.
Puis elle observa le corps du métis, cherchant où la balle avait frappé. Elle vit du sang couler de son abdomen. Elle souleva le tee shirt pour voir la blessure. Elle était assez profonde pour ne pas apercevoir la balle qui devait être bien enfoncé dans le ventre du chanteur.
—— Zayn, il va falloir que tu me fasses entièrement confiance.
Il hocha la tête, ne pouvant rien faire d'autre, grimaçant de douleur lorsqu'il essaya de se redresser.
—— On n'est pas très loin de chez toi, il va falloir marcher quelques mètres, tu peux faire ça? lui demanda t-elle, en lui soutenant doucement la tête.
—— On ne devrait pas plutôt aller à l'hôpital? l'interrogea t-il tout bas, ne pouvant parler plus fort.
—— Je t'ai dis de me faire confiance, lui lança t-elle pour seule réponse.
Il tenta de se relever sur les coudes, mais il glissa. Ever le rattrapa à temps pour ne pas qu'il se fracasse.
—— Tout va bien se passer, je suis avec toi, lui sourit-elle, essayant de le rassurer.
Le regard du métis resta accroché au sien alors qu'elle l'attrapa par les aisselles pour le relever. Il arriva à rester debout sans vaciller.
—— Je pense que je peux marcher, lui annonça t-il, en regardant ses mains pleines de sang, tremblantes.
musique ♫
Elle fit passer son bras derrière sa nuque, pour qu'il s'appuie sur elle. Puis ils commencèrent à marcher, lentement. Il boitait, il avait du mal à trouver l'énergie pour marcher alors qu'il avait perdu une bonne partie de son sang.
Quelques minutes plus tard, Ever l'aida à monter les quelques marches de son immeuble, avant de l'emmener dans l'ascenseur. Elle lâcha son emprise sur le métis, qui s'appuya contre la paroi grise, se retenant pour ne pas tomber.
Elle vint le rattraper pour l'aider à sortir de la cage montante, l'emmenant chez lui. Elle tâta les poches du chanteur pour trouver les clés de l'appartement, et d'une main agile, fit tourner les clés et ouvrit la porte en grand. Elle accompagna le brun jusqu'à son lit, où elle l'allongea doucement. Elle releva les yeux sur son visage. Il suait et avait du mal à rester les yeux ouverts maintenant qu'il était confortablement installé.
—— Reste avec moi, Zayn, lui glissa t-elle doucement à l'oreille alors qu'elle quitta la chambre pour rejoindre l'entrée où elle avait laissé son sac.
Elle l'attrapa et le renversa sur la table du salon, éparpillant les tonnes d'objet qu'elle avait. Puis elle trouva enfin. Une petite fiole. Pleine. Elle sourit devant cet échantillon qui faisait des miracles. C'était surement les meilleures choses que son siècle avait pu intenter.
Elle se précipita dans la chambre de Zayn, les doigts serrant fermement le petit bout de verre. Elle s'approcha du métis, qui l'avait sagement écouté en restant éveillé. Il avait réussi à enlever son tee-shirt et était en train de tâter son ventre en grimaçant terriblement. Il souffrait. Elle s'agenouilla pour être mieux positionné.
—— Tu peux t'allonger maintenant, tu as été très courageux, je m'occupe de tout, le rassura t-elle.
Le brun se laissa tomber sur l'oreiller, appréciant le fait qu'il pouvait relâcher la pression.
—— J'ai mal, Ever, chuchota t-il.
—— Je sais, je suis là, je vais prendre ta douleur, repose toi, Zayn, je serais toujours là pour toi, je ne te laisserais pas souffrir. Je te le promets, je ne te laisserais jamais seul, lui jura t-elle, une larme s'échappant et roulant sur sa joue.
Elle ne fit pas plus attendre le métis, elle dévissa le bouchon du produit, et le versa minutieusement sur toute sa blessure. Elle attendit quelques secondes que le sérum agisse, fixant le visage de Zayn. Quand elle vit ses traits se détendre, elle sut qu'il n'avait plus mal. Alors, doucement, les mains tremblantes, elle s'approcha de son abdomen. Elle inspira plusieurs fois, essayant de se contrôler pour stopper ses tremblements. Quand elle fut prête, elle plongea son pouce et son index dans la plaie grande ouverte du garçon, et mouva ses doigts dans les entrailles pour attraper la balle encore coincé. Elle la retira doucement, ne voulant surtout pas abîmer les parties internes du brun. Elle ressortit ses deux doigts, rouges, le sang partout, et la balle qu'elle déposa dans un mouchoir.
Puis elle souffla et s'essuya le front. Elle se releva, manquant de tomber. Elle se retint à la commode du chanteur. Elle l'avait vraiment embarqué dans ses misères. Elle ne pouvait plus reculer, à son réveil, elle lui dirait tout. Les deux policiers n'étaient plus un problème à présent, ils étaient gêlés dans une mini balle, ils ne retrouveraient leur taille réelle que dans quelques mois, ne se souvenent plus de ce qu'il s'est passé.
La jeune femme trouva la salle de bain, et se rinça les mains, regardant le sang se désagréger avec l'eau. Puis elle passa un coup d'eau sur son visage pour le refroidir. Elle prepara une bassine avec une serviette mouillée.
Elle retourna auprès du chanteur, s'asseyant sur le lit, juste à côté de lui. Elle attrapa la serviette, et la pressa sur le front du métis. Elle la passa sur son cou, sur ses pectoraux, et sur son abdomen pratiquement recousu grâce au sérum. Elle laissa sa serviette glisser sur le lit, mais garda ses mains sur le corps du brun. Doucement, elle aventura ses doigts sur son torse, profitant de son sommeil pour toucher chaque parcelle de sa peau. Elle était soudainement prise de désir pour le métis, devant ce corps si bien dessiné. Sa bouche était entre-ouverte, elle était concentrée dans les mouvements qu'elle exerçait sur le torse bronzé du pakistanais. Sa respiration se faisait de plus en plus courte alors qu'elle explorait les lignes divinement sculptées sur le garçon. Puis ses doigts remontèrent sur son visage, caressant sa joue, son front. Ses lèvres. Elle passa son index sur les lèvres pulpeuses du chanteur, et doucement, elle vint déposer les siennes dessus. Elle en avait envie, elle avait voulu les goûté depuis le première jour où elle l'avait vu dans cette boîte de nuit.
Elle décolla lentement son visage de celui du métis, admirant le visage sans défaut de l'homme qu'elle avait devant les yeux. Puis son regard dévia vers ses abdos, complètement refermés. Aucune trace de ce maudit accident, même pas une cicatrice. Les progrès de la science.
Alors qu'elle se releva et s'apprêta à s'en aller, elle sentit la main du jeune homme agripper la sienne. Lentement, elle se retourna vers lui. Il peinait à ouvrir les yeux. Il se redressa doucement sur le lit. Puis son regard croisa celui d'Ever.
—— Tu m'as sauvé, murmura t-il, tirant sur la main d'Ever pour qu'elle s'approche plus près.
Elle s'assit sur le lit, là où elle était assise quelques minutes avant. Ils échangèrent un long regard, comme s'ils pouvaient se parler par simple contact oculaire. Et sans prévenir, une larme coula sur la joue de la blonde, puis une deuxième. Et elle ne put retenir les autres. Pourtant, aucun son ne sortait de sa bouche, et aucune ride sur son visage ne se fit ressentir. Seulement les larmes. C'était la seule chose qu'elle ne pouvait pas contrôler. Elle arrivait à maintenir son visage normal, mais les larmes dévalaient ses joues de plus belle.
Alors la main du métis vint effacer les goûtes salées. Il n'avait pas baissé son regard. Il l'avait fixé depuis tout à l'heure. Il avait déclenché les larmes de la blonde. Doucement, sa main attrapa glissa sur sa nuque et il la pressa pour qu'elle se rapproche de lui. Comme hypnotisée et totalement dévouée au jeune homme, Ever se laissa faire.
Le métis vint sceller leurs lèvres ensembles, appuyant tendrement. Puis il bougea ses lèvres, entraînant celle d'Ever avec lui. Elle passa ses mains sur son torse nu alors qu'il l'entraînait sur lui sur le lit. Plus passionnément, il mena une de ses mains sur le creux de son dos, voulant à tout prix du contact avec elle. Les deux voulaient être encore plus proche. Elle fit glisser ses mains dans les cheveux brun du garçon, alors qu'il roulait doucement pour la faire passer en dessous. Il attaquait ses lèvres comme si elle était un fruit irrésistible dont lequel il devait croquer dedans. Il ne pouvait détacher ses lèvres des siennes. Elle perdait contrôle alors qu'il glissait ses mains le long de ses hanches, la serrant le plus fort qu'il pouvait contre lui. Elle ne voulait pas le laisser partir. Il ne voulait pas qu'elle s'en aille. Il fit passer son pull par dessus sa tête alors qu'elle se laissait faire, totalement absorbée par le métis. Elle ne pouvait de détacher de lui. Elle vint reprendre un peu d'amour sur ses lèvres, elle ne supportait pas le manque qu'elles créaient sur elle quand elles étaient loin d'elle. Ils mélangèrent tendrement leur langue entre elles, les laissant elles aussi s'enlacer. Inconsciemment, Ever releva les jambes pour les enrouler autour de la taille du métis. Il lui attrapa fermement les cuisses, appréciant leur proximité. Il détacha ses lèvres des siennes pour embrasser chaque parcelle de son corps, commençant par son cou, puis sa poitrine qui se levait plus fréquemment que d'habitude. Il termina son chemin sur son ventre, s'attardant sur son nombril.
Alors qu'il allait retirer le tee shirt de la blonde, on entra dans la chambre.
—— Putain Malik, ferme ta porte quand tu fais ça, grogna Harry sur l'encadrement en bois.
Ever repoussa doucement le métis, étant un peu gênée d'être interrompue dans une passion totale. Elle regarda Harry, qui fronça les sourcils en la voyant.
—— Je croyais qu'elle partie et qu'on entendrait plus parler d'elle? s'exclama le bouclé.
Zayn se releva péniblement. Manque de chance, il fit tomber le mouchoir avec la balle dedans. Le regard d'Harry dévia rapidement sur le papier pratiquement recouvert de sang, sur le tee-shirt noir du métis aussi imprégné et sur la balle en fer qui roulait à ses pieds.
—— Bordel mais qu'est-ce qui s'est passé ? s'écria t-il alors qu'il les regardaient bouche bée. Je vais appeler les flics, elle ne reste pas dans l'appart.
—— Harry, attends, cria Zayn, se relevant péniblement du lit, titubant légèrement mais se dépêchant pour rattraper le bouclé dans le salon.
Ever resta sur le lit, les bras en croix sur sa poitrine pourtant recouverte. Elle se sentait nue, même si elle était habillée. Le métis avait réussi à la mettre à nue, lui faire baisser garde pour laisser passer ses sentiments, ses ressentis. Elle était faible et forte à la fois en sa présence.
Ça ne faisait que deux semaines environ qu'elle le connaissait, mais elle avait apprit à l'apprécier, à aimer son côté courageux, aventurier. Il lui avait montré aujourd'hui à quel point il lui faisait confiance. A quel point elle pouvait lui faire confiance. Elle avait l'impression de toujours avoir connu le métis alors qu'évidemment, ils n'appartenaient pas au même siècle. La réalité la rattrapa. Était-il possible que, malgré les centaines d'années de différences, les deux êtres étaient fait l'un pour l'autre? Était-ce le destin qui les avait réuni ?
Ever se laissa retomber sur les oreillers, et ferma les yeux, essayant de percevoir les explications des garçons.
