46 ~ L'enterrement

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J'étais en train de me préparer dans la maison de mon père, dans ma chambre d'adolescente. La famille va arriver dans pas longtemps normalement... J'ai l'impression que le temps n'a plus de vraiment de sens ces temps ci.

Fabio était en train de nouer sa cravate devant le grand miroir. Il est arrivé juste un jour après moi. Il avait refusé de me laisser seule et il m'avait soutenu à bout de bras pendant ces quatre derniers jours. Je m'étais désespérément accrochée à lui comme à une bouée de sauvetage.

Je n'avais pas pu aller voir le corps de Sophie... Je n'avais pas eu le courage, ni la force d'aller voir ma sœur et je ne savais pas trop si je l'aurais quand je devrais la voir pendant la cérémonie.

Fabio s'approcha de moi et me regarda amoureusement :

- Tu es magnifique, vraiment.

- Merci, ça va aller...

- D'accord et si tu as besoin je suis là pendant la cérémonie. Si tu as besoin d'aide, je suis là.

- Merci Fabio, merci beaucoup. Merci d'être venu.

- C'est normal, je ne pouvais pas ne pas venir, c'était ta sœur quand même. Moi aussi j'ai veillé auprès d'elle.

- Ouais, et j'aurais peut-être dû veiller plus longtemps auprès d'elle.

- Qu'est-ce que tu baraguouine Gwen ?!

- Rien, rien...

- Je sais très bien pourquoi tu dis ça.

- Bah si tu le sais, pourquoi tu me poses la question ?

- Gwen... Tu as pas le droit de t'en vouloir.

- Tu comprends pas ! J'aurais dû être avec elle. J'aurais dû être à ses côtés quand elle est morte. A la place de ça, j'étais au Portugal, en train de faire je sais même pas quoi !

- Tu étais en train de me regarder gagner, tu étais en train de m'épauler dans mes échecs, tu étais en train de devenir la femme de ma vie.

- Mais j'aurais peut-être pas dû être là-bas avec toi.

- Tu aurais fait quoi ici sincèrement ? à part regarder ta sœur mourir lentement. Ça n'aurait servit à rien, arrête de culpabiliser.

- Tu ne comprends rien !

- Comment ça je nd comprends rien ?

- Je l'ai abandonnée ! Je l'ai abandonnée Fabio et elle est morte sans moi.

- Gwendoline, je te rappelle que c'est elle qui t'a demandé de partir, c'est elle qui t'a dit qu'il faudrait mieux que tu restes avec moi. Tu l'appelais tous les jours, tu n'as jamais manqué un seul appel. Alors oui, d'accord, tu n'étais pas à son chevet lorsque elle est partie, mais en aucun cas tu ne l'as abandonnée. Tu m'entends ?! En aucun cas tu ne l'as abandonnée, d'accord ?

J'hochais la tête, ses mots n'allaient pas m'aider à arrêter de souffrir.

- Je ne l'ai peut-être pas abandonnée, mais c'est ce que je ressens.

- Je ne sais plus quoi dire...

- Ne dis rien alors, tu n'es pas obligée de venir. Tu sais que tu peux rester à notre hôtel.

- Gwendoline Van Broden, on va traverser ça ensemble. OK ? On traversera les épreuves main dans la main, c'est clair ?

- Oui, c'est clair, mais j'ai peur Fabio...

Amitié enterrée ~ Fabio QuartararoOù les histoires vivent. Découvrez maintenant