38 ~ Reste un peu

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Je regardais la course depuis l'espace réservé à la famille. Il faisait super chaud et bien que j'étais en short et en débardeur, je supportais pas trop.

Louane était assise sur mes genoux et Martine était à mes côtés. Je serais un peu trop la main de la petite fille blonde.

On était sur la dernière course et pour l'instant Fabio était assez bon.

Louane me demanda :

- Tu penses qu'il va être champion du monde cette année ?

Je lui souris et replaçais une de ses mèches derrière son oreille.

- J'espère.

Il sourit de toutes ses dents et je me concentrais à nouveau sur la course. Il ne restait que 4 minutes et Fabio était 4 ème. Il pouvait encore le faire.

Je voulais de tout mon coeur qu'il fasse une pôle position aujourd'hui pour qu'il parte sur les autres courses motivé. Il en avait besoin. Je savais qu'il voulait vraiment prouver qu'il méritais d'être là.

Martine murmura en m'aggripant le bras droit :

- Joan Mir va le doubler.

- Non pas maintenant... Il est trop loin.

- Si, maintenant !

Et Joan Mir doubla Fabio en un millième de secondes. Et le nom de J.Mir doubla le F.Qua dans le classement.

- Comment tu pouvais savoir ?

- Je sais c'est tout. Avec le temps, on le sait. Ça se ressent.

Je scrutais les pilotes et cherchais un instant Johann ou Viñales du regard. Le pilote Ducati passa la ligne d'arrivée. Il lui restait assez de temps pour faire 1 ou 2 tours. Viñales était rentré au box.

Martine me dit :

- Tu rentres avec nous tout à l'heure ?

- Oui. Après j'ai un vol pour Paris depuis l'Espagne et ensuite pour Nice.

Elle hocha la tête et demanda tout bas :

- Tu l'aimes ?

- Fabio ?

- Oui, mon fils.

- Oui je l'aime.

Elle sourit, ses yeux ne lâchaient pas la piste et ajouta :

- Même avec la vie chaotique qu'il peut t'offrir ?

- Je crois bien, oui.

Elle se reconcentra sur la course, fermant la conversation. J'hésitais un instant mais demandais :

- Vous avez parlé avec Fabio ?

- Oui.

Elle hésita longuement à continuer sa phrase mais ajouta :

- Il a peur de te perdre encore une fois.

- Ça n'arrivera pas. Plus jamais.

Elle hocha la tête et Louane dit dans mon oreille :

- Tonton, il t'aime beaucoup.

- Moi aussi je l'aime beaucoup.

Je souris et vis s'enchaîner les quelques tours qui restaient. Ça me faisait plaisir au fond, qu'il parle de moi avec ses parents et sa famille. Je fixais tellement fort sa moto que j'avais l'impression que ça l'aiderait.

Amitié enterrée ~ Fabio QuartararoOù les histoires vivent. Découvrez maintenant