L'arrivée au Centre

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Les lourdes portes de métal s'ouvrirent devant nous, laissant apparaitre deux militaires armés. Leila s'approcha, leur parla un instant et ceux-ci nous laissèrent entrer. À l'intérieur de l'enceinte se trouvait un grand bâtiment de béton, qui ressemblait un peu trop à mon goût à mon ancien collège mais en plus grand et avec un air de prison, surtout pour les barreaux aux fenêtres. Les alentours du bâtiment avaient été soigneusement laissés à découvert et on pouvait apercevoir des gardes faire leur ronde autour.

 À côté du grand bâtiment se trouvait une sorte de terrain de foot, en plus petit et bordé de grillage, dont on avait retiré les cages et le ballon. Lorsque nous passâmes près de lui, on pouvait voir des fissures dans le sol, de la terre carbonisée ou bien des barres de métal tordues dans tout les sens éparpillés par terre. 

 - Bienvenue dans ta nouvelle maison, Alex, me fit Avin avec un grand sourire. Charmant n'est-ce pas ? 

 - Très...! ai-je répondu avec un sourire forcé. 

La militaire postée à la porte du bâtiment l'ouvrit pour nous permettre d'entrer. Le hall d'entrée était une pièce carrée avec une porte blindée à gauche comme à droite. Contre le mur du fond se trouvait un bureau vide de style ancien. 

 - Bon, moi j'ai fait ce que j'avais à faire, fit Harif en sortant une cigarette de sa poche. Madame (il fit une révérence qui fit à la fois sourire et soupirer Leila) à bientôt j'espère (il se dirigea vers la porte par laquelle nous étions arrivés et se retourna pour lancer). Hé Avin, tu viens ? 

 - Je te rejoindrai après, j'ai un truc à dire à Mme Kenson.

 - Comme tu voudras, mais ne traîne pas. 

 - Ne perdons plus de temps, nous sommes déjà en retard, nous pressa alors Leila en se dirigeant vers la porte de droite.

Elle composa rapidement un code à six chiffres et poussa le battant. Devant nous se trouvait un long couloir avec de multiples portes. Leila s'arrêta à la première sur la gauche, remit ses quelques mèches qui volaient hors de son chignon et toqua à la porte. Une voix étouffée par la cloison nous parvint. La jeune femme ouvrit la porte et entra, suivie d'Avin puis de moi-même. 

Cette pièce était un bureau qui sentait le moisi, ou plutôt un mélange d'ancien et de moisissure. Les murs étaient recouverts de papier peint vert olive et les rideaux de la fenêtre à droite du bureau étaient vert sombre. L'armoire juste à droite de la porte avait été faite dans un bois de sapin, tout comme le bureau couvert de paperasse. Derrière celui-ci se trouvait une dame d'une soixantaine d'année, dont le visage ridé affirmait une volonté de fer. Elle portait une petite paire de lunettes et ses cheveux, entièrement blanc, étaient coupés court. Elle avait des yeux fuyants et sournois d'apparence et son cardigan bleuté faisait ressortir leur couleur bleue. 

En face d'elle se trouvait un homme, assis dans un fauteuil. Immédiatement, je sentis son regard perçant sur moi lorsque j'entrai. Je ressentis tout de suite un malaise et tentai de détourner mon regard du sien. Pourtant quelque chose retint mon attention dans la couleur de son iris qui était d'un brun clair mais autour de sa pupille, un cercle violet était dessiné. Je trouvai ça à la fois beau et à la fois surprenant. Ses yeux étaient légèrement bridés et ses cheveux couleur poivre et sel. Il portait une chemise blanche et une veste en cuir noire ainsi qu'un pantalon de couleur sombre. 

Leila et Avin s'approchèrent de la femme derrière le bureau. 

 - Bonjour madame Kenson, fit Leila en inclinant légèrement la tête vers l'avant. Nous avons eu quelques soucis durant le trajet et à notre arrivée au centre. 

Les Voyants [EN PAUSE]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant