Felix me manquait. C'était terrible d'être dépendant à ce point d'un voisin, c'était terrible de se dire que chaque jour où je ne le voyais pas était un jour vécu en vain.
Si j'étais amoureux, j'aurais même dit qu'il était la dernière pièce du puzzle, celle qu'on perd tout le temps, sans qui l'imagine est illisible mais dès qu'on la retrouve, tout prend sens.
Bordel étais-je amoureux ?! Peut-être.
En recherchant sur internet, j'avais trouvé des articles un peu trop vague pour moi. Tout ce que j'avais retenu, c'était les papillons très connus, puis les battements rapides du coeur, devenir moite, bégayer... Tout ça ressemblait fortement aux symptômes que j'avais avant de passer un examen. C'était uniquement de l'anxiété.
J'avais réussi à comprendre également que c'était purement et simplement de la chimie, à base d'hormones et toutes ces conneries. En réalité je n'étais pas amoureux mais mon instinct cherchait à se reproduire, et Felix était ma proie.
C'était bizarre, à mon avis Felix et moi ne pouvions pas procréer, du moins on pouvait toujours essayer. Étrangement, cette idée ne me dérangea pas. Au contraire, une boule de chaleur se forme au creux de mon estomac, et mon sang s'était mis à bouillonner.
Seulement étais-je capable, physiquement, d'essayer de me reproduire avec Felix ? De faire l'amour avec lui ? De lui donner toute l'attention et la douceur dont il mérite ? J'en doutais, même si les anti douleurs prescrits étaient terriblement efficaces, je ne voulais pas m'évanouir et me mettre à saigner sur lui. Ça serait un peu gênant tout de même.
Mais est-ce que Felix était amoureux aussi ? Est-ce que c'était simplement un crush de vacances ? Est-ce qu'il voulait faire sa première fois avec moi ? Puis j'assumais être au dessus mais peut-être voulait-il l'être ? Peut-être ne voulait-il absolument pas faire l'amour avec moi. Si c'était le cas c'était vraiment la honte.
Il fallait que je lui demande, mais d'abord je devais lui parler de ma maladie. Lui dire que si nous étions amener à faire l'amour, il allait se préparer également à m'enterrer quelques mois plus tard et ça, c'était moins cool et moins plaisant.
En allant chercher Felix devant sa maison, j'avais pris le temps de discuter avec sa mémé, elle était amusante, puis nous étions sortis marcher sur la plage. Étrangement, Felix ne me disait rien, il répondait uniquement par des phrases fermées, j'avais tout de suite senti que quelque chose n'allait pas.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien.
C'était aussi sec que le sahara.
- Si, dis moi.
Je m'étais mis devant lui pour l'empêcher de marcher et j'avais pris ses mains dans les miennes pour qu'il ne s'enfuit pas, il ne me repoussa pas. Ça me rassura.
- J'ai fait quelque chose de mal ?
Felix soupira en regardant la mer avant de baisser sa tête.
- Non c'est rien... Il y a trois jours on avait rendez-vous, tu n'es pas venu et jusqu'à tout à l'heure je n'avais aucune nouvelle... Je me suis inquiété, c'est tout.
Il était adorable. Trop mignon. Je craquais, c'était définitif. Avec un léger sourire en coin, j'avais glissé ma main sous sa mâchoire pour relever sa tête tandis que mes yeux scrutaient tout son visage. Il était beau.
- Excuse-moi, j'aurais dû te prévenir. J'ai eu quelques problèmes.
- Quoi comme problèmes ? Tu vas bien ?
J'avais pouffé avant de me pencher vers lui.
- Tu m'autorises à t'embrasser ?
Étonné, Felix écarquilla les yeux avant de regarder autour vérifier qu'il n'y avait personne.
- Ici ? Maintenant ? Il fait encore jour et il y a des gens à côté...
- Je m'en fous Lix.
Il cligna des yeux avant de mordre sa lèvre inférieure pour s'empêcher de sourire bêtement puis il acquiesça timidement. Sans attendre une seconde de plus, j'écrasais mes lèvres aux siennes, glissant mes mains jusqu'à sa taille quand les siennes venaient s'accrocher à ma nuque, m'empêchant l'idée même de m'éloigner a nouveau.
Très vite, notre baiser s'enflamma, trahissant notre désir plus qu'ardent l'un pour l'autre. À cet instant, la maladie pouvait être aussi présente qu'elle le souhaitait, bouffer chacune de mes cellules, ça ne m'aurait pas empêché de faire à Felix tout ce qu'il voulait, chaste ou non.
À contre coeur, on avait fini par se décoller, un sourire béat sur nos lèvres rougies. Il était incroyable, tellement mignon, j'avais envie de le manger encore, tout cru.
- Ça te dit de rester chez moi ce soir...? me proposa-t-il d'une voix douce.
- Carrément, je pouffais. Quoi que, ta grand-mère a pas l'air de beaucoup m'apprécier. Ça m'étonnerait qu'elle me laisse rentrer...
- Passé vingt-deux heures elle est complètement endormie jusqu'à huit heures. C'est juste pour qu'on passe un peu plus de temps ensemble...
- Avec plaisir.
Felix m'avait embrassé du bout des lèvres à nouveau puis nous avions entrepris de marcher un petit peu main dans la main, face à la mer, pour discuter de tout ce dont on n'avait pas pu suite à ces trois jours de séparation. Felix me racontait les problèmes avec ses parents, l'Australie, puis avec sa grand-mère, qu'il était bien avec moi et qu'il espérait que ce soit réciproque.
Comment pouvait-il douter une seconde de ça ? Si la vie n'était pas si cruelle, je l'aurais adoré jusqu'à notre vieillesse et notre mort naturelle. Je l'aurais traité comme il le mérite, avec autant d'amour que possible, jusqu'à la fin et même après, lui offrir l'amour et le bonheur qui mérite pour l'éternité.
J'aurais aimé pouvoir faire ça, mais je devais lui offrir cette éternité dans un temps bien trop limité. C'était impossible et ça me brisait le cœur.
Après un long moment à discuter, le soleil se coucha pour laisser place à la nuit. Il faisait beaucoup plus sombre, Felix avait dû prendre son téléphone comme lampe torche pour nous guider jusqu'à chez lui. Ça n'était pas chose aisée, il s'accrochait à ma main tandis qu'on tentait de se frayer un rapide chemin.
J'allais chez Felix, on allait probablement dormir ensemble. Wow.
Merde il fallait que je prévienne mes parents. Tant pis, un simple message suffit. J'étais trop impatient pour la suite.
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REGARDE MOI. changlix
FanficÀ 20 ans, Changbin apprend qu'il va mourir. Il n'est pas vraiment choqué, plutôt déçu car de toute sa vie, il n'a connu que l'école et l'angoisse des examens. Rien d'autre. Pas d'amour, pas de joie ou de tristesse. Il se lance donc dans une quête no...
