Parfois, la vie était étrange. Il fallait qu'elle nous amène au plus bas pour qu'on se rende compte qu'il existe des multitudes d'émotions enfouis.
Il y avait la curiosité, la colère, la rage, la joie, l'excitation, l'amour, et encore bien d'autres que je ne soupçonnais plus.
Avant de savoir que j'avais déjà un pied dans la tombe, je me sentais vide. Totalement vide de pratiquement toutes émotions, il n'y en avait que trop peu qui me maintenaient debout. Le stress, l'anxiété, la fatigue, l'ennui. Vivre m'ennuyait. Il n'y avait aucun but, aucun sens, cela semblait vain et absurde, le mythe de Sisyphe prenait tout son sens chaque jour qui passait. La mort ne m'effrayait pas, car j'étais persuadé déjà pourri à l'intérieur.
Du moins, c'était ce dont j'étais persuadé, lorsqu'un jour une petite tête parsemée de tache de rousseurs au sourire ravageur m'avait fait comprendre que je n'avais même pas encore mûri.
Désormais, mourir me faisait peur. J'avais peur de l'abandonner, de le laisser ici bas, qu'il soit à nouveau en proie à ses démons.
Comme s'il avait lu mes peurs sur mon visage, Felix caressa ma joue du bout des doigts avec une douceur qui lui était familière avant de me sourire tendrement. J'étais fou de cet homme, fou d'amour, je le savais maintenant, c'était une évidence. Tellement fou de lui que je m'étais précipité sur ses lèvres pour l'embrasser à pleine bouche, frayant un rapide passage avec ma langue pour aller affronter la sienne.
Un combat bien singulier qui ne faisait que mimer nos réelles intentions. J'avais envie de Felix, bien que au début je trouvais cela bizarre, désormais c'était presque vitale.
Mais sans plaisir, je fus le premier à nous séparer.
Un nouveau sourire vint parcourir ses lèvres rouges et humides tandis qu'il s'empara de mes mains pour me glisser lentement jusqu'à son lit, sans omettre de fermer la porte à clef, question de sécurité avec grand-mère pas loin.
Il me fit assoir puis sans crier gare, entrepris de retirer son teeshirt ainsi que son short de bain, me permettant l'admirer à tout point de vue.
C'était encore plus incroyable que ce j'avais pu imaginer.
Son torse fin laissait paraître des abdominaux finement tracés tandis ses hanches, aux allures finement délicieuses, présentaient fièrement son membre. Ses jambes, longues aux traits légèrement musclées, laissaient deviner son endurance physique. Felix était une œuvre d'art à lui seul.
À cet instant, il n'y avait plus de maladie. Il n'y avait plus de parents odieux, plus d'angoisses, plus de peur, plus de mauvais souvenirs, il n'y avait plus de passé ou de futur. Ce n'était que nous, Felix et moi, enlacés dans son lit, nus comme au premier jour. J'étais terriblement excité à l'idée de ce qui allait arriver et à juste titre. Felix posa ses mains sur mes épaules puis était venu s'assoir sur mes cuisses avant de venir m'embrasser langoureusement tandis que mes mains, curieuses, s'étaient immédiatement emparées de ses fesses. Quelques instants plus tard, je me considérais comme le plus chanceux du monde. Felix était allongé, ses bras autour de mon cou pendant que mes mains caressaient son épiderme et que mes lèvres embrassaient son visage, puis il avait entrepris d'échanger nos positions pour me surplomber, à mon plus grand plaisir.
- Tu es magnifique... J'avais soufflé avant de sourire en l'entendant glousser, je pense qu'il était gêné mais il se pencha pour m'embrasser encore.
Moi qui m'étais promis de lui parler de ma santé en premier, c'était foutu. Je ne rêvais que de son corps brûlant et de ses lèvres plus douces que le miel qui parcouraient sans crainte ma nuque, puis mon torse, puis mon bas ventre.
Il était tard, les heures défilaient comme des secondes, chaque fois qu'on rigolait, qu'on se disait des mots doux, l'un voulait reprendre, au bonheur de l'autre. Il n'y avait jamais assez de Felix, j'étais constamment en manque de lui et pouvoir asservir ce besoin vital me donnait l'impression d'être invincible, presque immortel.
Ces instants se passèrent merveilleusement bien, peut-être un peu trop bien. Les antidouleurs pris à la chaîne ne mettaient qu'un voile sur la maladie pour l'empêcher d'être trop voyante. Mais elle était là, bien présente, et jalouse de se faire réprimer ainsi, elle avait choisi un moment parfait pour débarquer en grande pompe.
J'avouais être épuisé, j'avais tenu à offrir à Felix un moment aussi magique qu'il le méritait, et j'avais peut-être un peu trop compté sur ma rage et mes médicaments.
Sentant soudainement la douleur m'envahir dans la gorge puis la tête, j'avais ralenti la cadence tandis que mes mains restaient fermement agrippées à ses hanches, déjà rougies. Je m'étais forcé à continuer mais le mal s'était mis à me brûler tout le long de la trachée, m'empêchant de respirer correctement lorsque je m'étais mis à tousser si fort que ça en aurait réveiller sa grand-mère, pour sûr.
J'avais fini par lâcher Felix pour tousser dans ma main avant de me saisir de son draps blanc pendant que je m'étais levé non sans mal pour ouvrir la fenêtre et essayer de respirer. J'avais chaud, j'étais épuisé, et en train de m'épuiser. Mon corps avait dû mal supporter, j'étais en train de tousser si fort que ça me brûla encore plus.
Felix se leva à son tour et me rejoignit aussi vite que possible, tapotant doucement mon dos pour me signifier qu'il était là, à mes côtés. Ça me rassura.
- Ça va mieux ? m'avait il dit d'une voix douce lorsque je m'étais enfin un peu calmé.
Le doux sourire de Felix s'était rapidement effacé en voyant l'état de son draps, maculé de sang à plusieurs endroits, entièrement par ma faute. Merde. Pris sur le fait.
J'étais mort de honte, comment j'avais pu gâcher l'ambiance si vite ? Je voulais continuer, je voulais qu'on oublie cet incident, malheureusement Felix ne semblait pas du même avis.
Je l'avais regardé dans les yeux avant de lui offrir un maigre sourire pour le rassurer mais ça n'avait pas eu l'effet escompté.
Et maintenant, comment je pouvais expliquer à l'homme dont j'étais fou amoureux que j'allais mourir ?
C'était trop difficile.
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REGARDE MOI. changlix
Fiksi PenggemarÀ 20 ans, Changbin apprend qu'il va mourir. Il n'est pas vraiment choqué, plutôt déçu car de toute sa vie, il n'a connu que l'école et l'angoisse des examens. Rien d'autre. Pas d'amour, pas de joie ou de tristesse. Il se lance donc dans une quête no...
