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Dear Society - Madison Beer 

La pluie s'abat sur les fenêtres de mon appartement, le vent souffle avec brutalité contre les murs extérieurs de l'immeuble.

Le temps est maussade, tout comme moi aujourd'hui. Je rencontre une difficulté : l'adaptation. Si je pensais que tout allait être si simple, je me suis trompée.

Je suis installée contre la fenêtre, un plaid me recouvrant, une tasse de thé à mes côtés. Mon livre apaise ma tourmente émotionnelle, il est d'une bonne compagnie ; je me laisse divaguer dans cette sublime histoire, ou du moins dans mon imagination, cela me réchauffe le cœur. Une musique en fond résonne dans la pièce, solace du baume au cœur apaisant mon anxiété. Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi bien. Je suis moi, enfin.

Le temps passe si vite, extrêmement vite. Johanna me contacte alors, me sortant de mon cocon tant attendrissant que rassurant.

- Lia ? Comment vas-tu ?

- Je dirais que ça va. Et toi ?

J'entends un soupir à travers l'écran.

- Écoute, Lia, un ami de Jayden vient dîner à la maison, ta présence nous ferait grandement plaisir, et je pense que cela ne peut que te remonter le moral. Alors, je passerai te récupérer ce soir vers 18H30. Sachant qu'il est déjà 17H30, je te laisse une heure pour t'apprêter. À tout à l'heure !

Elle raccroche subitement, ne me laissant aucun temps pour lui répondre. Je n'ai pas le choix, semble-t-il. Je dois me dépêcher pour être prête à l'heure où Johanna m'attendra. Je me lève avec difficulté et sans entrain, aucune motivation. Mais je suis obligée alors, je commence par une bonne douche bien chaude, cela me détend encore plus que je ne le suis déjà.

18H20. J'attends la venue de Johanna, je range le peu de bazar que j'ai mis dans mon appartement. Mon téléphone me notifie un message : elle est là. Je mets mon blouson et sors en refermant à clé. Et dire que je dois affronter le déluge là-dehors, cela ne m'enchante guère, mais quand il faut y aller, il faut y aller. Ma capuche parée sur ma tête, j'affronte l'extérieur et cours rapidement pour m'abriter dans sa voiture.

- Dieu, quel temps maussade !

Elle rit et démarre, sans me laisser le temps de m'installer correctement.

- Eh ! Tu es aussi pressée que ça ? Je n'ai même pas eu le temps de m'installer comme il se doit.

- Non, mais le temps dehors me pousse à me dépêcher, oui. Tu vas passer une bonne soirée, Lia, je t'en assure. De plus, une charmante compagnie sera là !

- Ah donc ! Je me demandais bien pourquoi est-ce que tu insistais autant pour que je vienne, enfin "autant", tu ne m'as pas laissé le choix ! Et tu veux me caser ou quoi ? J'appelle ça de la pitié, mon célibat fait si pitié sérieusement ?

- Alors, certainement pas, mais sincèrement, je pense qu'un peu de relation avec des hommes peut te faire du bien, tu ne penses pas ? Depuis ce que tu as vécu, tu as le droit de te laisser aller.

Je soupire, perturbée par ce qu'elle peut penser de tout ça. Depuis Gabriel, je n'ai pas trouvé la force de passer à autre chose ni d'entamer quelque relation que ce soit avec des hommes, encore moins des coups d'un soir. Je suis pour l'instant indisponible mentalement et sentimentalement parlant. Je me dois de me laisser du temps, de souffrir pour guérir. Seul le temps apaisera mes douleurs.

- Allo, la terre ? Nous avons perdu Lia, sans doute dans ses pensées ?

Johanna pose sa main sur mon bras, me sortant de mes rêveries. Je vais m'en sortir, je me le promets. Je pose mon regard sur elle, toute souriante. Ce masque rend les choses tellement moins compliquées.

- Oui, excuse-moi !

La suite du chemin se fait en silence, reposant. Je remercie Johanna de ne pas insister plus que ça. Une amie en or.

Quelques minutes plus tard, nous voilà arrivées et garées devant chez elle. Son copain n'est pas là pour l'instant, il travaille à la caserne.

- Nous sommes seules pour le début de la soirée, viens, rentrons vite !

Nous affrontons à deux la météo ! En moins d'une seconde, nous sommes arrivées et rentrées chez elle, au chaud. Cela fait tellement de bien. Elle me débarrasse rapidement de toutes mes affaires et nous nous installons dans la cuisine.

- Veux-tu de l'aide pour préparer à manger ?

- Si tu veux, oui !

C'est alors avec joie, plaisir et envie que je me lave les mains et me place à ses côtés. Nous commençons dans les souvenirs et les rires à préparer le repas de ce soir. Que cela est bon de se remémorer les souvenirs de jeunesse ainsi. Je remercie Dieu, ou du moins l'univers, d'avoir synchronisé cette rencontre. Une âme si pure.

C'est ce soir-là que je fis cette rencontre qui changera à tout jamais ma vie, lui...

MIDDLE OF THE NIGHTOù les histoires vivent. Découvrez maintenant