« Il était une fois, un monde parfait, peuplé de merveilleuses et gentilles créatures aux pouvoirs extraordinaires. Au nord du royaume, dans un immense château, vivaient un beau prince et sa superbe famille. Le roi, bon et juste, et la reine, compréhensive et douce, maintenaient la paix depuis longtemps. Jusqu'à ce que le méchant sorcier n'arrive pour semer le chaos. » Sidjil balaya tous les objets présents sur sa paillasse. Dans une colère noire, il remarqua à peine les bouts de verre abîmant ses mains. « Tu te rends compte Manas ? Moi ? Un sorcier cruel ? » Le hibou, sur son perchoir, resta imperturbable. Craignait-il la soudaine fureur de son maître ou espérait-il apaiser cette folie en gardant son calme ? « Il va se marier avec la princesse voisine. Tu aurais vu leur tête, aucun d'eux ne souhaite cette union ! Elle regarde son chevalier comme je regarde Maxime. J'ai juste fait mon travail ! Mais ma remarque n'a pas plu au roi. Dans ce cas, rien ne sert d'embaucher des conseillers ! Maintenant, il est persuadé que je souhaite tuer son fils. Sacré raccourci. »
Des bruits de pas et de métal s'approchaient de sa position, les gardes royales venaient pour s'emparer de lui. Sidjil attrapa son sac, y fourra quelques fioles parmi celles intactes et tendit son bras afin que Manas comprenne ce qu'il attendait de lui. Le hibou s'y installa un petit instant, comme pour rassurer son maître avant de s'envoler par la fenêtre. On essayait d'enfoncer la porte qui ne tenait que par un petit sortilège d'une puissance maigre.
N'importe qui d'autre aurait été terrifié à l'idée de se suspendre ainsi au dessus du vide. Pourtant, avec une agilité trahissant son habitude et avec une confiance aveugle en ses enchantements, le magicien de cour déchu de son titre parvint jusqu'à la chambre du prince. Ce fut le chevalier Grim qui l'accueillit, meilleur ami de l'héritier de la couronne et unique personne au courant de leur relation. Malgré tout, il ne put se résoudre à bafouer son devoir envers son roi. Son honneur dépendait de sa capacité à tenir tête à un homme désespéré à qui il ne restait que la volonté de faire ses adieux à l'être aimé. Sidjil ne voulait pas faire de mal à cet idiot, alors il se résigna, suppliant seulement de transmettre un colis à Maxime. Le chevalier hésita longuement, mais prit en charge la fiole et le bout de parchemin que le magicien lui tendait. Mieux que quiconque, il savait que Sidjil ne toucherait jamais à un cheveu du prince. Désormais, c'était l'exil qui l'attendait, où la seule compagnie permise serait celle de son précieux hibou.
C'est un conte bien triste que nous vivons, loin des fées, dans un monde de magie, où tout est possible, nous aurions pu vivre bien heureux. Hélas, si tout est possible, nos pires cauchemars le sont aussi. Cette fiole me permettra de connaître ta position si tu l'utilises, je viendrai immédiatement à toi. Je n'ai pu en fabriquer qu'une seule, je te conseille de ne l'utiliser qu'en cas d'urgence.
Bien à toi.
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C'est un cap
FanfictionIl existe un cap que Maxime apprécie énormément. *** J'ai décidé de rassembler tous mes textes sur Maxime Biaggi et Djilsi ici. Bonne lecture.
