II

29 10 21
                                        

Effectivement, pendant de nombreux mois, j'ai cru être le problème. Alors, j'avais voulu te laisser une seconde chance. Je ne le répéterai jamais autant mais maintenant, je me rends compte que l'humain ne mérite et ne méritera jamais de seconde chance. Pourquoi t'ai-je laissé une seconde chance ? Même moi, je ne le sais pas. Tu sais, je ne suis pas misanthrope. Je n'ai pas de l'aversion envers le genre humain. La seule aversion que je ressens est envers toi. Pourtant, je me dis que si tu ne méritais pas de seconde chance, c'est qu'aucun être humain ne le mérite.

Je pensais qu'en te donnant une seconde chance, tu pourrais changer. D'ailleurs, tu me le disais. Tu m'avais dit que tu avais changé ! Au moins mille et une fois ! Ah... Et cela encore... J'ai compris que tu recommençais avec tes mensonges. Tu m'as menti. Combien de fois même ? Même toi, tu ne serai pas capable de me le dire. Je ne sais même pas pourquoi je t'écris aujourd'hui, peut-être par nostalgie, peut-être par haine. Je me sens obligée de le faire. Oui, c'est stupide. Toi aussi, tu devais me trouver stupide. Tu devais me trouver stupide de ne pas avoir vu plus tôt te véritables intentions. Tu me voyais naïve.

Effectivement, je l'étais. Tu me voyais bête. Effectivement, je l'étais. Effectivement, tu me voyais faible. Effectivement, je l'étais.
Que puis-je dire ? Avec le recul, je me rends compte que je n'avais jamais analysé tes faits et gestes avec la rigueur que j'aurai du. En réalité, je ne savais pas que cela existait, la trahison. Pour moi, ce n'était qu'un mythe. Ce n'était que l'équivalent des histoires d'amour à l'eau de rose dans les films, où « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Tu connais cette fameuse phrase mythique, hein ? J'ai toujours cru que la trahison n'était qu'un sujet récurrent dans les films mais, qui n'existait pas. Un peu comme une légende, tu vois. J'aurai aimé que ce ne soit qu'une légende.

Ce meme jour, j'avais perdu une meilleure amie. Mais, puis-je vraiment te considérer comme tel maintenant ? Avant, bien sûr, sans hésitation. Mais, maintenant ? Je connais tes véritables intentions et ce que tu voulais véritablement de moi. Tu ne voulais pas d'une belle amitié, avec quelques hauts et bas, une amitié réelle et sincère. Non, tu ne voulais vraiment pas de ça... Ça me peine d'écrire ses mots car, je me rends compte que j'ai été une véritable idiote. Je pensais que tu voulais être mon amie, une vraie amie. Je pensais que tu m'aimais pour moi-même. M'as-tu même vraiment aimée ? Non. J'en suis certaine.

Tu ne m'as jamais aimée. D'ailleurs, était-ce dur de faire semblant ? Était-ce dur de faire semblant d'être mon amie pendant tous ces longs mois ? Était-ce dur de ne jamais dire un mot de travers pour ne jamais m'offenser de sorte à ce que je ne me vexe pas ? Était-ce dur, oui, de prendre sur toi-même et de montrer la meilleure façade de toi-meme ? Je pense que c'était très facile pour toi, hypocrite comme tu es. Quand on trahit un ami, on devient un "Judas" : c'est la pire des trahisons, on abandonne un ami en lui retirant la confiance qu'il avait en nous. Tu ne m'as pas retiré la confiance que j'avais en toi. Tu me l'as prise et l'a écrasé par terre, avec un malin plaisir et en riant. Nous étions si proches à l'époque, nous rigolions, parlions, avions tant de points en commun. Combien de temps passions-nous en appel ? Tout ca pour au final, être trahie de la pire des manières...

La Rochefoucault disait " L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein forcé de trahir". Mais, tu étais tout sauf faible. Connais-tu même la définition de faiblesse ? Dommage qu'il ne te connaissait pas, il n'aurait sans doute jamais dit cela. Je ne te pardonnerais jamais ce que tu m'as fait. Tu m'as trahie, m'a fait souffert et m'a fait croire que j'étais le problème. Christine de Suede disait : « Tout est pardonnable, excepté le mensonge, l'infidélité et la trahison ». Je suis sure que tu ne connaissais pas cette citation, mais même si tu la connaissais, tu serais toujours la personne venimeuse et mielleuse que tu es.

J'ai cru que je pourrai te changer.

Plus de mensonges, plus de trahisons. L'être humain est si difficile à comprendre et il est inéchangeable, c'est cela qui fait sa complexité d'ailleurs. Tu m'avais fait souffrir, en m'accusant d'un des actes les plus cruels au monde. Je clamais mon innocence. Tu étais ma meilleure amie et tu ne m'as pas crue. C'est horrible, hein ? Quel genre d'ami fait ça, dis-moi ? Déterminée, avec ce ton et cette expression sur ton visage qui me hantent chaque nuit, tu m'avais dit cette phrase qui est à tout jamais imprimée dans ma mémoire. Tu étais si horrible à cette époque et tu le restes encore à ce jour. Je t'aimais, réellement, tu étais ma meilleure amie après tout ! Mais, tu ne m'aimais pas, tu ne faisais que le prétendre. J'espère que ce n'était pas trop dur de faire semblant.

Voir un de mes appels, un de mes messages et devoir répondre gentiment même si tu ne le voulais pas, c'était dur un peu quand même, non ? Je t'en veux. Mais, je m'en veux aussi. Je m'en veux de ne pas avoir compris avant. J'étais si naïve. Tu as seulement utilisé ma naïveté à ton avantage. Comment as-tu pu m'ensorceler ? La fille que je suis maintenant se rend compte de comment tu étais. Il y'avait quelque chose de non amical en toi et pourtant, tu le dissimulais si bien. Il était si bien dissimulé. Je devrai même t'en féliciter. J'espère que ce n'était pas trop difficile de me supporter. Tu t'étais faite passée pour une victime. Mais, honnêtement, à quel moment as-tu pu te croire victime ? Tu n'as jamais été la victime. La seule victime dans l'affaire, c'est moi. Tu aurai pu au moins faire preuve de courage. Tu me le devais. Tu me devais au moins ça. Pourquoi ne pas avoir pris ton courage entre deux mains ?

Ah mais c'est vrai, tu étais la victime. La pauvre victime que l'on a trahie en quelques minutes en l'accusant de quelque chose d'épouvantable. C'est si étrange aujourd'hui de repenser à tout ça. Un épisode que je serai censée oublier. Mais, comment oublier la personne qui m'a fait le plus souffrir ? C'est impossible. En me regardant dans le miroir, je ne peux m'empêcher de voir la petite fille que j'étais, dans mes grands yeux marrons. La petite fille que j'étais, celle qui était « ta meilleure amie ». Cette fille-là me fait de la peine car, elle ne se doutait pas de la souffrance que tu allais lui infliger.

____________________

Dites-moi vos impressions dessus ! 🫶🏻
Que pensez-vous de ce que vous avez déjà lu jusqu'à présent ?
Quelle longueur de chapitre aimez-vous ?

Avec toute ma gratitude, votre très chère Ines ❤️‍🩹

Lettre à l'OppresseurDes histoires addictives. Découvrez maintenant