Mes larmes, mes cris étouffés sous mon oreiller, mes horribles pensées prenaient le dessus sur moi chaque jour. Finalement, en juin, à la fin de l'année scolaire, plus précisément le dernier jour, une surprise à laquelle je ne m'y attendais pas arriva. Le matin du jeudi de la dernière semaine de juin, la matinée s'était déroulée convenablement. Nous avions eu nos cours habituels. C'était bizarre de revenir en cours puisque les deux premiers jours, les épreuves du brevet avaient eu lieu et que nous n'y étions pas allés. Ta meilleure amie avait ramené un objet : un petit jouet anti-stress aux multiples couleurs. Le but de ce jouet étant d'éclater la totalité des bulles (ce qui à par la suite un effet anti-stress). Je n'aimais pas ce jouet puisqu'il me faisait stresser au lieu de créer l'effet inverse. Deux filles de la classe convoitaient énormément son jouet.
L'après-midi, nous avions eu anglais de deux heures à trois heures. Étant donné que c'était notre première année de collège, nous avions une pause de quinze minutes à trois heures à la fin de notre premier cours de l'après-midi. J'avais descendu les escaliers en métal du collège et m'étais précipitée dans la cour de récréation. Je parlais avec une de mes amies L. et tu es arrivée avec ta meilleure amie. Vous étiez arrivées et m'aviez demandé de « le » rendre à ta meilleure amie. Or, je ne savais pas ce dont vous parliez. Étant donné que je ne l'avais pas, il était normal, bon me semble que je proclame mon innocence.
À ce moment-là, une camarade de ta classe (une des deux qui convoitait son jouet) était arrivée et avait dit « Ne fais pas l'innocente. Tu m'avais dit que tu allais le lui rendre après l'heure d'anglais ». Mes yeux s' écarquillèrent. De quoi parlait-elle, pensais-je. Vous étiez déjà trois à m'harceler en me demandant de « le » rendre. Mais que diable devrais-je rendre ? Puis, elle avait dit qu'elle parlait de ce jouet banal et sans intérêt. Ensuite, une autre camarade (la deuxième qui convoitait son jouet) est arrivée et à commencer à m'harceler à son tour. « Tu avais dit que tu allais le rendre » criait-elle. Tu m'avais attrapé et m'avait dit que « nous n'avions qu'à aller régler tout cela chez le personnel de surveillance ».
Je criais, je suppliais, je clamais mon innocence, je n'arrêtais pas de crier, de taper des pieds et de dire que ce n'était pas moi. « Ce n'est pas moi ! Je n'ai rien fait ! Voyons, je suis votre meilleure amie, je ne ferai jamais ca. Je suis incapable de voler » criais-je, désespérée et tourmentée. Vous étiez quatre. Vous étiez quatre. Quatre à m'accuser. Quatre à me traiter de voleuse. Quatre à ne pas me croire. Quatre à m'harceler et me répéter en boucle que je n'étais qu'une sale voleuse et que je devais dire la vérité. Peu après, ta meilleure amie avait donné l'idée que vous n'aviez qu'à fouiller mon sac. Une de nos deux camarades avait attrapé mon sac, mais je le tenais fermement entre mes pauvres mains tremblantes.
« Vous n'avez pas le droit de fouiller dans mon sac ! Je suis innocente. Mon sac contient des objets intimes que je ne veux pas que vous touchiez. Mon sac est personnel » criais-je deux fois. Puis, tu avais dit à L. de regarder ce qu'il y'avait dedans. Impuissante, je lui ai donné et vous touchiez chaque chose qu'il y'avait dans mon sac à la recherche de ce jouet saugrenu. Sache que je t'attendais, je t'attendais, je t'attendais. J'attendais que tu me croies et que tu leur dise d'arrêter ! Ne voyant rien à l'intérieur, celle qui n'arrêtait pas de dire qu'elle me l'avait donné se sentit honteuse et balbutia : « Peut-être qu'elle l'a caché dans son casier »
À cela, mon amie avait répliqué : « Elle n'a pas de casier. Elle est externe ». Les deux camarades se sentirent honteuses et avaient leurs joues empourprées et ne pipaient mot. Ensuite, des larmes silencieuses commencèrent à glisser sur les joues de ta meilleure amie, qui donnèrent suite à des torrents de larmes. Ses yeux commencèrent à gonfler et à rougir. Son visage devint aussi rouge que du sang. C'est comme si elle était sur le point d'exploser. Elle bouillonnait de colère, d'anxiété et de tristesse. Du moins, c'est ce qu'elle prétendait. Après tout, elle est comme toi alors comment être sûre de ses vrais sentiments ? Tout à coup, tous les élèves de la classe arrivèrent et nous encerclèrent. « Que se passe-t-il ? Pourquoi elle pleure ? » chuchotait tout le monde. « C'est à cause d'elle » ont dit les camarades, en me pointant du doigt. J'essayais de raconter ce qu'il se passait mais, les mots ne pouvaient pas sortir de ma bouche, j'étais figée. Je refusai de me laisser abattre mais je n'arrivais pas à garder la tete haute.
Je n'arrivais plus à penser et mes membres tremblaient comme si j'étais dans l'endroit le plus froid de toute la planète. Je n'ai fait que baisser ma tête et me masser les tempes. Leurs voix se répandirent telle une tempête, m'enveloppant dans un voile d'accusations. Mon cœur se brisa alors que je voyais tout le monde me pointait du doigt, murmurait et sourire malicieusement. Je me sentais trahie par celles que je considérais comme mes amies les plus proches. Mon monde basculait lorsque vous me blâmiez injustement d'avoir volé cet objet. Peu après, ta meilleure amie arrêta de pleurer et me regarda avec un regard de haine que je n'oublierai jamais. Comment oublier un regard de haine aussi intense d'une personne qui était également supposer t'aimer ? La tâche semblait insurmontable et si lourde. Le poids de la calomnie et de l'accusation pesaient lourdement sur mes épaules, comme si j'avais le poids du monde entier sur mes pauvres petites épaules de jeune fille. Et, nos deux camarades chuchotèrent : « Elle ne l'a jamais eu. C'est juste que nous l'avons perdu. Nous ne voulions pas l'avouer alors nous avons préféré dire que c'est de sa faute. Il était plus facile de l'incriminer ». Je relevai ma tête, enfin innocentée et soulagée. Un arc-en-ciel d'espoir, soulignant le ciel, la vérité avait enfin éclaté. Peut-être allais-tu enfin me croire.
La vérité éclata au grand jour; j'étais enfin innocentée. La vérité éclaira d'une lumière éclatante mon visage. J'étais désormais innocente, réellement innocente. Je me suis retournée pour vous regarder et alors; "Tu es une voleuse !" pouvais-je lire dans tes yeux. Ton regard changea et tu me regardais de haut en bas comme si j'étais une vulgaire vermine. Les surveillants étaient arrivés, probablement à cause de toute l'agitation autour de nous. À ce moment-là, ta meilleure amie avait de nouveau éclatée en sanglots, se tortillait et poussait des gémissements étouffés de douleur. Je vous chérissais comme les lucioles chérissent les douces nuits étoilées. La plaie dans mon cœur était aussi profonde que l'océan le plus mystérieux sur Terre. « Que se passe-t-il ici ? - Elle a volé »
Les surveillants étaient choqués et demandèrent qui avait volé. Les deux camarades qui m'avaient accusés étaient partis comme des fugitives et quelques camarades qui ne me portaient pas dans leurs cœurs me pointaient du doigt. C'est comme si ils avaient planté une dague dans mon dos, aussi aiguisée que les épines d'une rose. Je pensais que vous n'étiez pas que des amies; je pensais que vous étiez un peu comme des sœurs de cœur. Après tout, vous me le disiez toutes les deux ! Vous me le disiez souvent et à longueur de journée ! Ensuite, tu avais lancé cette phrase assassine : « Elle n'est qu'une sale voleuse ».
La douleur ne se limitait pas qu'au physique. Je tremblais et j'étais figée sur place mais ma douleur ne se limitait pas qu'à ce stade. Non, c'était mon âme qui saignait, se vidant de la confiance, de l'amour, de la complicité et de l'affection que j'avais pour vous. Mon âme se vidait doucement de tous les sentiments que je ressentais à votre égard. J'étais semblable à un voilier à la dérive, emporté par des vagues de déception et de tourmente. Des larmes innombrables, parsemées d'agonie et de tristesse, s'écoulaient de mon cœur meurtri, qui était autrefois heureux, maintenant obscurcis par une tristesse sans précédent. Votre trahison ébranlait mon monde tout entier, qui était prêt à être enterré au fin fond de l'univers. Les mots que ta meilleure amie disait aux surveillants étaient comme des serpents, glissant et sifflant, prêts à me mordre.
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Deuxième trahison... Est-il possible de trahir encore plus ? 🤔 (Certainement...)
Spoiler ou non, lisez les autres chapitres de Lettre à l'Oppresseur qui arrivent très prochainement 🫡
J'espère que vous aimez mon livre. Merci de me dire ce que vous en pensez.
À bientôt pour la suite 🤗
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Lettre à l'Oppresseur
SachbücherLes plus hauts classements🥇: 🥇: #1 Non Fictif & #1 Autofiction & #1 Cathartique 🥈 : #10 Lettre 🥉 : #11 Autobiographie -------------- Le personnage principal, qui se désigne comme étant « l'ancienne meilleure amie », écrit une lettre à son ancien...
