Le jour de la rentrée, mon père m'accompagna jusqu'au collège. J'attendais que le portail noir ouvre, ce portail que je détestais désormais tant puisqu'il me rappelait toi. Tout me rappelait toi. À la radio, c'était la chanson d'un de tes chanteurs préférés qui étaient passés. Enfin, la veille, ton chanteur préféré était passé à la télévision dans une émission. Alors, lorsque le portail ouvra, j'allai voir mon meilleur ami; lui au moins ne m'avait pas abandonné.
Nous parlions ensemble et c'est là que son regard se troubla : « Ne regarde pas derrière toi » avait-il murmuré. Même si on interdit aux humains de faire quelque chose, ils sentent un besoin de le faire. Alors, je me retournai et c'est là que je te vis. Toi. Une silhouette dans l'ombre. Toi. Un souvenir du passé. Toi. Celle qui m'avait brisé. Toi. Celle qui avait tué notre amitié. Toi. L'oppresseur de mon âme. Peu après, ton regard croisa le mien.
J'avais tellement mal, mon cœur saigna. Alors, je me retournai. Je n'allais pas te regarder, je ne pouvais pas, j'en avais pas la force. J'étais trop faible et encore trop meurtrie. Mon cœur et mon esprit n'étaient pas prêts à te regarder. Ensuite, moi et lui étions allés regarder nos noms dans les longues listes : nous étions dans la même classe. Nous étions contents à l'idée de ne pas être séparés. Soudain, je vis ton prénom : tu étais dans ma classe.
Mes yeux s'écarquillèrent et mon expression changea. Il me regarda et puis, il regarda la liste pour voir ce qui avait bien pu me troubler. Alors, il mit sa main sur mon épaule, en signe de compassion. Une larme coula de mon œil droit. J'avais été forte trop longtemps, je ne pouvais plus tenir. « Calme-toi... Tu dois rester forte. Elle ne mérite pas tes larmes » murmura-t-il en me cachant pour que personne ne me voit. J'avais sorti un mouchoir de ma poche et avait essuyé mon œil et ma joue avec. La sonnerie retentit et nous étions partis nous ranger à l'emplacement de la salle de notre professeur. Il arriva et nous montâmes les escaliers jusqu'à la salle.
Nous nous assîmes tous les deux au bureau et le professeur commença à faire l'appel. Quand j'entendis ton nom, je sentis un pincement dans mon cœur. Je baissai alors le regard, j'aurai voulu ne jamais t'avoir connu. Peu avant, j'avais entendu le nom d'une amie que je m'étais faite le dernier jour puisque nous avions joué à un jeu de société. Je m'étais retournée et c'était elle, c'était bien elle, elle était assise toute seule. C'était une fille que j'avais rencontré et avec qui je m'étais bien amusée. Hélas, je n'avais pas demandé son numéro de téléphone et nous ne nous revînmes plus, jusqu'à ce jour...
Au bout de deux heures, nous avions enfin eu le droit à une pause. Tu n'étais pas venue me voir cette fois-ci et, j'en étais bien heureuse. La fille que j'avais vu vint me voir. « Coucou. - Coucou. - C'est moi. Je ne sais pas si tu te rappelles de moi mais, nous avions joué à un jeu de société le dernier jour des vacances. Ce n'est pas grave si tu ne te rappelles pas de moi... Je voulais juste savoir si tu me reconnais. - Oui, je me rappelle bien de toi, ne t'inquiètes pas. Je ne t'ai pas oublié. - D'accord ! » Elle avait l'air apeurée que je puisse l'avoir oublié. Elle était si gentille et si douce. Elle n'osait même pas réellement me regarder dans les yeux.
« Je voulais savoir si... enfin si... Nous pouvions devenir amies... Je n'ai pas d'amie dans cette classe et nous nous connaissons. Je comprends si tu ne veux pas mais... Je préférais te demander » avait-elle murmuré doucement. Sa voix était si angélique, si douce, si mélodieuse. Ses pas étaient légers et ses gestes minimes comme si elle essayait d'être discrète, tout le contraire de toi. Oh, ma chère, je me rappelle de ton regard quand tu m'avais vu avec elle. Il y'avait une part de jalousie car, pour la première fois en trois ans, tu t'étais retrouvée seule.
Tu n'avais personne, ta meilleure amie avait été mise dans une autre classe et tu étais seule à regarder les élèves dans la cour de récréation, toute seule. C'est là que mon amitié à elle et moi commença. J'avais bien vu comment tu la regardais, comment tu me regardais, comment tu nous regardais. Il y'avait une forme de haine dans ton regard, mais aussi une forme de jalousie. Je m'en rappelle encore. Elle et moi étions devenues amies, une nouvelle amitié commença. Je tournai désormais la page sur notre amitié morte, mais je ne l'arrachais pas.
Nous parlions lorsque tu étais venue vers moi : « Coucou » avais-tu dit. Tu t'étais présentée brièvement et silencieusement. Tu l'avais d'ailleurs même invitée à devenir ton amie. « Excuse-moi mais, tu ne vois pas que je parle avec elle ? Pourquoi viens-tu nous déranger ? C'est très irrespectueux et impoli de ta part » avait-elle répondu. J'étais choquée, mais tu l'étais plus encore. Je pense que ce doit être la première fois qu'une personne te recale aussi sèchement. Elle me saisit par le bras et ajouta : « Maintenant, si tu nous le permets, moi et mon amie allons parler toutes les deux, seule à seule et nous ne voulons pas être dérangées ».
Nous partîmes nous asseoir sur un banc. Une euphorie étrange s'était emparée de mon cœur; j'avais désormais une amie. Une amie qui me considérait et m'appelait vraiment son amie. Tu sais, ma chère, en rentrant chez moi ce jour-là, j'avais pleuré. Ne te méprends pas. Ne pense pas que j'avais pleuré pour toi. Non, au contraire, tu ne me faisais pas de peine. Je ne ressentais que de la haine et une aversion profonde pour toi. J'avais pleuré car à cause de toi, je ne savais pas si l'amie que je venais de me faire était sincère ou pas. À cause de toi, j'avais développé une sorte de complexe, une sorte de problème. Je ne savais pas qui était sincère ou non avec moi. Je ne savais pas si le meme scénario qui s'était déroulé pendant deux années d'affilée allait se reproduire une autre fois. J'étais dans un cercle vicieux : Me faire des amis ou ne pas m'en faire.
Je ne voulais pas être une fille bizarre qui n'avait pas d'amis, non. Mais, il y'avait tellement de similitudes entre mon amitié naissante et la notre, qui était désormais morte et enterrée. Elle était venue m'aborder, comme tu l'avais fait dans le passé. Elle s'était présentée gaiement et gentiment la première, comme tu l'avais fait dans le passé. Elle m'avait demandée mon numéro de téléphone, comme tu l'avais fait dans le passé. Alors, en rentrant chez moi, je ressentis un désir naissant et urgent dans mon cœur, *celui de pleurer*. Des tonnes de questions s'entremêlèrent et cogitèrent dans ma tête.
Une petite voix dans ma tête n'arrêtait pas de répéter machinalement : Est-ce qu'elle est sincère ? Est-ce qu'elle ne va pas me trahir elle aussi ? Est ce qu'elle ne te ment pas elle aussi ? Est-ce que je peux vraiment lui faire confiance ? Comment puis-je savoir si elle ne me trahira pas elle aussi ? Est-ce que je devrais lui parler de ma situation passée ? Est-ce qu'elle comprendra ? Comment puis-je éviter de me mettre dans la même situation à nouveau ? Comment puis-je éviter de me faire trahir à nouveau ? Comment puis-je reconstruire la confiance après avoir été trahie ? Est-ce que je dois me montrer méfiante envers elle à cause de ce qu'il s'était passé dans le passé ? Est-ce que cette nouvelle amie est véritablement intéressée par moi ? Est-ce qu'elle s'est approchée de moi pour me jeter comme du pain rassis ? Est-ce que cette amitié va durer ou est-ce juste une petite relation passagère insignifiante ? Est-ce que je vais me sentir à nouveau trahie ou abandonnée par cette personne ? Est-ce que je vais être capable de m'ouvrir et de me confier à cette nouvelle amie ? Est-ce que cette amitié va m'apporter du bonheur et du soutien, ou est-ce que cela va me causer plus de douleur que de bien ? Est-ce que je vais être capable de pardonner et de laisser derrière moi mes expériences passées de trahison ? Est-ce que je vais être capable de maintenir des limites et de me protéger émotionnellement et de protéger mon pauvre cœur meurtri dans cette amitié ?
Je m'étais assise, seule, sur mon lit et m'étais recroquevillée en pleurant. Je n'arrivais plus à penser. Tu avais gagné. Tu m'avais détruite émotionnellement et m'avais fait développé un horrible complexe. Au bout d'une dizaine de minutes, je m'étais relevée et je saisis mon téléphone. C'est alors que je vis une de nos anciennes conversations. Te rappelles-tu de cette conversation où tu m'avais demandé si nous allions rester amies toute la vie et que tu m'avais également fait la promesse que nous serons toujours amies ? Finalement, que vaut la promesse d'un menteur ? Probablement rien. Après tout, tu venais de me prouver que ta promesse n'était pas sincère. C'est à ce moment-là que j'ai bloqué ton numéro de téléphone et que je l'ai définitivement supprimé. Se reconstruire après avoir été trahie est souvent difficile pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la perte de confiance. Depuis que tu m'avais trahie pour la deuxième fois, j'ai commencé à remettre en question mes propres choix ainsi que ma capacité à choisir les bonnes personnes à fréquenter.
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Ah... Les conséquences de la trahison... Multiples, lancinantes et douloureuses...
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Lettre à l'Oppresseur
Non-FictionLes plus hauts classements🥇: 🥇: #1 Non Fictif & #1 Autofiction & #1 Cathartique 🥈 : #10 Lettre 🥉 : #11 Autobiographie -------------- Le personnage principal, qui se désigne comme étant « l'ancienne meilleure amie », écrit une lettre à son ancien...
