Les mots touchent les êtres au plus profond de leurs âmes, qu'ils soient bons ou mauvais. Tes mots m'avaient énormément touchés à ce moment-là. J'avais souri. Maintenant, ils ne sont que le témoignage d'une amitié que je veux oublier à tout prix. Peu après, tu m'avais dit que tu voulais t'asseoir à côté de moi en cours de français. Nous n'avions pas encore rencontrées le professeur, il me semble que nous n'en avions rencontré aucun jusque là. J'acceptai. Je ne voulais pas être seule, de plus, je ne savais pas comment était la professeur, si elle était gentille ou non.
Tu avais attrapé ton carnet de correspondance pour regarder le cours que nous avions. C'était le cours de français. Nous avons montées les escaliers et tu les avais grimper deux à deux, d'une manière enfantine que je trouvais assez amusante à l'époque. Avant, je trouvais cela mignon. Maintenant, cela me répugne et me dégoûte. Tu sais, ma chère, avant, ma vie tournait énormément autour de toi. Maintenant, tu n'es qu'un vulgaire petit grain de sable dans cette dernière. Autrement, tu es comme qui dirait insignifiante, tu n'occupes plus une place importante. Occupes-tu même une place ? En y repensant, je pensais que tu étais gentille, que tu m'avais prise en amitié. Mais, aujourd'hui, je me rends compte que c'est à cause de tes faux sourires et de tes paroles mielleuses que j'ai réussi à tomber dans un piège sans fin, creusé par toi et ta meilleure amie. Lors du cours de français, tu avais pris ton cahier, un grand cahier rouge et tu avais commencé à écrire dedans. J'avais fait de même.
Puis, tu avais regardé mon cahier avec cette manière indescriptible - à la fois avec envie et par fascination - et tu avais complimenté mon écriture en disant qu'elle était soignée, puis mes mains, en disant qu'elles étaient belles. J'avais aimé ce compliment et à mon tour, j'avais complimenté ton écriture. C'est depuis cette seconde que je t'ai apprécié et que tu as commencé à te construire une place dans mon pauvre et misérable cœur. Je t'appréciais. Je sais que les gens disent souvent ce mot. Mais, crois-moi, j'aurai aimé ne jamais t'apprécier - comme une bête, comme une sotte, avec dévotion -, avec autant d'amour et d'amitié.
Crois moi, jamais une amie ne t'a aimé autant que je t'ai aimé. Et à partir de ce moment-là, je t'ai vraiment prise en amitié. Le lendemain, je me suis rendue à l'école et tu m'attendais devant le portail. Ce portail noir que je déteste plus que tout au monde désormais. Les premiers mots que tu m'as dit ? « Bonjour, mon amie ». À partir de ce moment (là encore) je me suis vraiment sentie appréciée. J'ai eu l'impression d'avoir trouver une bonne personne, une meilleure amie, une confidente, une amie loyale, amusante, bienveillante, sincère et qui voulait uniquement mon bien. Le sentiment qui envahissait mon cœur de jour en jour était extraordinaire et indescriptible; il était sans précédent !
De jour en jour, je t'ai aimée de plus en plus fort. Rien sur terre ne ressemble à l'amour qu'une meilleure amie a pour sa meilleure amie; cet amour est si pur, si fort et si innocent que jamais je ne pourrai oublier l'amour et la sympathie que j'ai eu pour toi dès le jour de notre rencontre, dès le premier jour. Les cours de français étaient souvent agréables en ta compagnie, nous bavardions silencieusement et avec passion de ce qui se passait chez nous le soir après l'école. C'est alors que j'ai découvert que tu avais de nombreux chats, d'ailleurs, tu avais toujours plein de poils de chat sur tes vêtements.
Comme je l'avais dit précédemment, au début de cette lettre, nous avions étudié ce magnifique poème de Paul Verlaine : Il pleure dans mon cœur. T'en rappelles-tu ? Probablement pas. Un verset de ce poème me touchait énormément lorsque nous l'avions étudié mais, il me touche encore plus particulièrement maintenant : « Il pleure sans raison. Dans ce coeur qui s'écoeure. Quoi ! nulle trahison ?... Ce deuil est sans raison. ». Madame G. nous avait dit que "Il pleure dans mon cœur" est une métaphore du chagrin. Tout le charme du poème consiste à nous faire confondre la pluie et les pleurs et à nous situer, insensiblement dans une autre réalité. Je m'en rappelle encore malgré ces quelques années qui séparent le moment où j'écris ces quelques lignes du jour du moment où nous l'avions étudié. Mon deuil a moi, c'est sans aucun doute celui de notre amitié. Mon amitié est morte il y'a bien longtemps - c'était aussi ton amitié. C'était aussi ton amitié, ô ma chère, dommage que tu l'aies oublié.
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Lettre à l'Oppresseur
Non-FictionLes plus hauts classements🥇: 🥇: #1 Non Fictif & #1 Autofiction & #1 Cathartique 🥈 : #10 Lettre 🥉 : #11 Autobiographie -------------- Le personnage principal, qui se désigne comme étant « l'ancienne meilleure amie », écrit une lettre à son ancien...
