Pense à tous nos bons moments ensembles. On ne va pas tout de même pas gâcher toute notre belle et grande amitié seulement pour une petite erreur de rien du tout ! Ce serait si bête ! Personne n'est parfait et tout le monde fait des erreurs. » En entendant ton petit monologue, je me sentis mourir de l'intérieur. J'avais passé deux mois, deux mois entiers, à pourrir de l'intérieur alors que toi, tu devais certainement n'en avoir rien à faire de moi. Tu avais dit que tu savais que j'étais innocente alors, pourquoi avoir retourné toute la classe et même nos professeurs contre moi ?
Oui, tu savais bel et bien que j'étais innocente mais, tu n'en avais strictement rien à faire. Tu voulais seulement me faire souffrir et me plonger dans un tourbillon de détresse et de désespoir. Tu voulais seulement me voir mal en point. Tu voulais me voir souffrir. Cet objet n'était même pas le tien, pourtant tes sentiments avaient soi-disant pris le dessus. Tu as également dit que tu avais pensé à moi pendant les vacances d'été. Si, tu avais réellement pensé à moi pendant les vacances d'été, tu m'aurais envoyé un message. Je ne te demandais même pas la lune ! Je voulais seulement un petit message, une petite ligne, un petit mot, un petit « je te crois » ou encore un petit « désolé ». Je me serai même contentée d'un *désolé*. Tu ne « voulais pas me déranger ».
En réalité, tu ne voulais pas te déranger toi-même. M'écrire un message aurait été trop long; premièrement, tu n'aurais pas su ce qu'il fallait dire, deuxièmement, tu savais que tu étais faute et enfin, troisièmement, m'écrire n'aurait été qu'une contrainte et une perte de temps dans tes joyeuses et gaies vacances. Tu voulais que je te pardonne... Mais, comment pardonner un démon ? Comment pardonner une sorcière ? Comment pardonner une personne qui veut à tout prix vous voir souffrir et voir votre chute ? Comment pardonner une personne qui vous a trahi deux fois de suite ?
Tu voulais que je pense à tous nos bons moments ensembles. Ils étaient bons, mais ils n'étaient pas sincères. Tu n'étais pas sincère alors comment me dire que nos moments partagés ensemble à rire et à s'amuser, eux, étaient sincères ? Tout ce qui provient d'une menteuse n'est pas sincère, ni reel, ni véridique. Ma chère, je savais bien que tu n'étais pas sincère mais dire que m'accuser de vol a été une erreur, une vulgaire et banale erreur. Sache que cela, c'est encore pire que ne pas s'être excusée du tout. Pourquoi n'as-tu pas dignement reconnu tes torts ?
Simplement car tu n'es pas digne. Peut-être qu'à ce moment-là, tu ne considérais même pas encore que c'était ta faute. Peut-être que tu te sentais même étrangère à toute cette histoire. Peut-être que tu ne te sentais même pas comme une personne qui était impliquée dans toute cette histoire. Tu avais aussi qualifier notre amitié de belle et grande. Si elle était réellement comme tu la décrivais, pourquoi as-tu donc gâcher notre « belle et grande » amitié en préférant croire autre que moi ? Si elle était réellement comme tu la décrivais, pourquoi as-tu donc gâcher notre « belle et grande » amitié en m'accusant de vol ? Finalement, ce qui m'a fait le plus de mal à ce moment-là, c'était la dernière phrase que tu as prononcé.
« On ne va pas gâcher toute notre belle et grande amitié seulement pour une petite erreur de rien du tout » me semblait comme une horrible phrase assassine présente pour me faire encore plus de mal et me poignarder encore une fois dans le cœur. C'est comme si, en t'excusant, tu voulais me faire encore plus de mal. Ta trahison avait provoquée une rupture de confiance en moi; je ne pouvais plus faire confiance à personne. La confiance me semblait désormais être mon pire ennemi. Même si tu t'étais excusée, je ne pouvais m'empêcher de penser que tu n'étais pas sincère car, après tout, un menteur ne peut pas être sincère.
Cette phrase assassine... Tu osais qualifier ta trahison « d'erreur », « une petite erreur de rien du tout ». C'était comme dire à une victime qu'elle n'était pas une victime mais que si cela s'était produit c'était uniquement de sa faute et que c'était elle la véritable coupable dans l'histoire. Enfin, la phrase... Cette phrase. « personne n'est parfait et tout le monde fait des erreurs. » Qui étais-tu pour pouvoir te permettre de dire cela ? Qui étais-tu ? Tu as soi-disant dit qu'aucun humain n'était parfait et que tout le monde fait des erreurs...
Entendre cette phrase était pire que de m'insulter des pires noms. Alors, je te regardai. Je ne savais pas quoi dire, les mots n'arrivaient même pas à traverser mon esprit et si ils le pouvaient, ils n'avaient pas la force de sortir. Ils n'étaient que des petits sons, des petits bruits insignifiants. Tu m'avais ôté tous les mots de ma bouche. Tu me regardais, en attente d'une réponse. Je commençais doucement à reprendre mes esprits. « Ce sont des excuses ? » voulais-je dire, mais je ne pouvais pas. Je ne savais pas quoi dire.
Je ne pouvais rien dire. C'était comme si mes lèvres étaient cousues ou collés; aucun mot ne voulait ou n'osait sortir. Tu avais réussi à ôter tous les mots de ma bouche. Tu me regardais, tu me regardais, tu me regardais à l'attente d'une réponse. J'espère vraiment que tu me pardonneras et que nous redeviendrons amies, avais-tu insisté, je suis prête à attendre autant de temps qu'il le faudra. Des gouttes de sueur commencèrent à perler sur mon front, alors qu'il faisait même pas une dizaine de degrés. J'avais l'impression d'être dans une véritable fournaise.
Cette phrase assassine m'empêchait de vraiment réfléchir et de pouvoir répondre avec la rigueur et le tact dont j'aurai dû faire preuve. « Laisse moi. Laisse moi tranquille et ne me dérange plus avec des débilités pareilles » criait une petite voix en moi me suppliant de te dire cela. Par peur, par gentillesse, par stupidité, par bêtise peut-être, je n'ai pas eu le courage de te le dire.
« Je ne veux pas que tu me parles. Notre amitié appartient désormais au passé » chuchotais-je. Tes yeux s'écarquillèrent comme si tu venais de voir un homme avec un couteau ensanglanté et courant vers toi. Je m'étais retournée pour partir et tu m'avais attrapée par le bras. « Mais... Je me suis excusée ! » avais-tu crié. Énervée, je te faisais désormais face et je t'ai répondu sèchement : « Je n'en ai rien à faire de tes excuses qui ne sont même pas sincères. Si, je dis bien si, toutes les choses que tu avais dite étaient vraies alors, je t'aurai immédiatement pardonné. Je sais bien que tout ce que tu as dit est faux. Je le sais alors ne me prends pas pour une abrutie. De plus, qui es-tu pour dire que personne n'est parfait et que tout le monde fait des erreurs ? ».
Tu t'étais étonnée comme si j'étais un tueur en série recherché. « Comment peux-tu être aussi méchante et cruelle envers moi ? Tu n'es pas reconnaissante et tu es si méchante avec moi... » avais-tu murmuré. Je sentis une rage s'emparer de moi, la colère bouillonnait dans mes veines, j'étais furieuse, vraiment énervée et j'en avais marre. Tu m'avais énervée au plus haut point, j'étais hors de moi. C'était inacceptable que tu me dises que j'étais méchante alors que tu savais que j'étais tout sauf la personne horrible que tu décrivais.
Je ne pouvais pas supporter une telle injustice; c'était inacceptable. Je ne pouvais pas croire ce que tu venais de faire ! J'étais tellement frustrée. Je suis sure que j'aurais pu sortir une porte de ses gonds, tellement j'étais enragée. J'essayais de garder mon calme, de garder mon sang-froid. « Tu oses me dire, à moi, que je suis méchante ? C'est qui qui a accusé l'autre de vol ? C'est moi peut-être qui est brisé notre amitié en milles morceaux par la même occasion que ton coeur ? Non, je ne crois pas. » dis-je en te serrant le poignet.
Tu ne pipais mot, tu savais que j'avais raison, tu savais que m'accuser était t'enfoncer de plus en plus dans un gouffre sans fond, tu savais que tu avais tort, tu voulais juste me manipuler et me mentir une fois de plus. Or, ma chère, j'étais plus forte qu'avant, je savais maintenant qu'elle était ta vraie personnalité, ne serait-ce qu'un fragment, un petit atome de notre relation. Je savais que je devais m'affirmer pour ne pas me faire écraser par toi et tes petits jeux malsains.
« Sache que... » voulais-tu ajouter mais, tu fus coupée par la sonnerie qui indiquait la fin de la pause. J'avais lâché ton poignet et je m'étais précipitée pour me ranger à l'emplacement de la salle de notre professeur. Tu m'avais regardée m'éloigner comme l'on regarde un amant qui s'en va pour toujours et qu'on ne reverra plus. Ensuite, le professeur arriva. C'est les seuls souvenirs que j'ai de cette rentrée en classe de cinquième, le reste n'était pas mémorable.
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Peut-il arriver quelque chose d'encore plus grave ?
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Lettre à l'Oppresseur
Non-FictionLes plus hauts classements🥇: 🥇: #1 Non Fictif & #1 Autofiction & #1 Cathartique 🥈 : #10 Lettre 🥉 : #11 Autobiographie -------------- Le personnage principal, qui se désigne comme étant « l'ancienne meilleure amie », écrit une lettre à son ancien...
