Chapitre 12 - Summer

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Quand je reçois mes résultats d'examens, je fonce chez Laurie en panique. Frappant sa porte sans interruption, elle finit par m'ouvrir surprise.

— Oh, salut, qu'est ce que tu fais là?

— Je comprends rien, je panique en lui montrant les feuilles du laboratoire que je secoue devant son nez rieur.

Laurie est infirmière et vu l'heure tardive, je ne voulais pas attendre demain matin pour appeler mon médecin.

— Rentre petite cruche, rigole t elle en me prenant les papiers qu'elle feuillète.

Je me dirige vers son salon et me fige en voyant James et Steven sur son canapé. Les garçons me saluent d'un signe de tête.

— Ton frotti est normal, commente Laurie en avançant vers les garçons.

Mes joues s'embrasent alors que James grimace.

— Oh non, on veut pas entendre de truc pareil, râle t il.

Laurie rigole en levant les yeux au ciel et finit par me rendre mes feuilles.

— Pas de corps à enterrer, conclut elle.

— Tu es sûr?, je marmonne. Regarde là, tu as vu les quantités de cette bactérie, je grimace horrifiée.

— C'est normal ça, elles composent ta flore vaginale. 

— Ah ...

Mal à l'aise devant les garçons, je replis mes feuilles avant de les fourrer dans mon sac.

— Si tu as quelque chose à fêter, on s'apprêtait à aller chez Karl pour fêter nos qualifications, me propose James.

— Il y aura Harry? je demande en fronçant le nez.

Steven ricane en se levant.

— Et oui! En plus il a hâte de te mettre dans son lit. Il sera ravi de savoir que tu n'as pas de MST, se moque l'ingrat.

— Toujours aussi charmant, je constate avec dédain.

— Pour toi, toujours, rétorque t il en haussant les sourcils.

— Génial. On y va?, conclut Laurie avant que ça ne dégénère.

 Je monte à l'arrière de la voiture de James, avec Laurie. Les garçons discutent de leurs temps à l'entraînement. Ca me démange de lui demander des nouvelles de Boris, mais à la façon qu'il a de me regarder comme si j'étais un vulgaire déchet sur le sol, je me retiens. Qu'est ce qu'il peut m'énerver à souffler le chaud et le froid! 

James se gare devant une villa gigantesque. Des lumières d'ambiances dansent dans le ciel et les basses d'une musique, qui résonne trop fort, vibrent sous nos pieds.

— C'est quoi cette baraque?!, demande Laurie les yeux ronds.

— Les parents de Karl sont riches, explique James en haussant les épaules. Et vous n'avez pas vu la piscine, rigole t il.

On entre, des dizaines de personnes se trémoussent. On se faufile jusqu'à la terrasse à l'arrière de la villa. Une piscine gigantesque en haricot s'étend devant nous. Un coin bain à remous a été aménagé à l'extrémité, dans lequel beaucoup trop de personnes se tripotent en même temps. Des bouées de toutes les tailles et toutes les formes flottent paresseusement à la surface de l'eau. Des femmes en bikini, bien trop petits d'ailleurs, se tortillent dans l'eau alors que des hommes tous plus musclés les uns que les autres leur tournent autour. 

Karl et Harry nous aperçoivent et viennent nous saluer. Leurs yeux injectés de sang nous indiquent sans hésitation que la fête a déjà commencé depuis un moment. Harry vient passér un bras sur mes épaules.

— Et voilà ma jolie blonde préférée, roucoule t il.

Je fronce le nez sous son haleine chargée tout en me dégageant habillement de son étreinte. Laurie me colle aux basques, aussi mal à l'aise que moi. Steven se dirige vers le bar, sans un regard vers nous. James va saluer quelques uns de ses coéquipiers. La soirée traîne en longueur et je regrette d'être venue. Ce n'est de toute évidence pas le genre de soirée que j'apprécie, Laurie non plus d'ailleurs. 

Harry revient à la charge. J'ai beau l'éconduire à chaque fois, il ne veut pas comprendre et je commence à sérieusement perdre patience. Son bras appuyant sur mon épaule avec force, il murmure à mon oreille.

— Un petit bain de minuit ça te dit ma jolie?

— Harry t'es lourd, là. Lâche moi, je rétorque en me débattant.

Il resserre sa prise sur mes épaules et nous fait dangereusement tanguer vers la piscine.

— Arrête, je hurle prise de panique à l'approche de l'eau.

— Ah oui c'est vrai tu as peur de l'eau, rigole t il. Ridicule! Allez viens on se baigne tous les deux et je vais te montrer comment te détendre, propose t il avec un rire gras.

— Lâche moi, putain, je crie en lui donnant un coup de coude dans les côtes. 

Sa main s'enroule autour de mon poignet quand j'arrive à m'éloigner et me tire violemment vers lui. Il s'écarte et me pousse vers la piscine. Je tente de m'accrocher à lui mais la dernière chose que je vois c'est son sourire sadique quand il lâche mon bras. 

Mon corps englobé par l'eau qui m'entoure se tétanise. Ma respiration se bloque, mes membres ne répondent plus et je me vois couler, impuissante. Des bulles s'échappent de ma bouche et l'eau s'infiltre doucement dans ma gorge, mes poumons, mes bronches. Ca brûle, j'étouffe. J'essaie de bouger, en vain. Tous mes signaux d'alertes raisonnent dans mes oreilles, il faut que je bouge mais aucun de mes muscles ne coopèrent. 

Mes souvenirs m'assaillent et me foudroient. Je revois son visage me sourire et lever son pouce pour me dire que tout irait bien. Je revois les bulles d'air sortir de sa bouche. Je revois son corps emprisonner le mien pour me remonter à la surface. Je revois mes mains lâcher ses épaules parce que tout va bien, parce que je suis en sécurité. Je revois son corps flotter à la surface, son dos apparent, immobile, inerte, mort. 

 

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