Le matin arriva bien trop rapidement à mon goût. J'étais divinement bien installée dans ces draps soyeux, bien au chaud sous une épaisse couverture. Cependant, je ravalai mes regrets dès que j'eus ouvert les yeux. De l'autre côté de la baie vitrée, Zoro faisait trempette dans les bains fumants, ses muscles ondoyants sous les gouttelettes dévalant sa peau. Dormir aurait été une honte quand on pouvait observer un tel spectacle à la place.
Alors, rejetant le sommeil d'un grand coup de pied dans le derrière, je m'installai plus confortablement contre les oreillers, et j'observai mon compagnon qui se massait l'épaule sous l'eau brûlante. Je savais d'expérience qu'il était généralement tendu comme un arc et je ne doutais pas qu'un massage lui ferait un bien fou.
Disant donc adieu à la chaleur réconfortante du lit, je quittai les draps pour marcher vers l'extérieur. Je savais qu'il m'avait entendue, mais il ne se tourna pas pour autant dans ma direction, le regard rivé à la baie qui se dessinait en contrebas. Le soleil était à peine levé, ses rayons réchauffants les flots calmes. J'aurais pu rester des heures à observer un tel paysage. Mais j'avais quelque chose de bien plus affriolant à me mettre sous la dent. Aussi, je sortis dans le froid du petit matin pour mieux pénétrer dans l'eau. Ma peau se recouvrit de chaire de poule tandis que je descendais les marches de pierre taillées dans le bassin. C'était divin.
Je fis quelques pas pour rejoindre mon compagnon qui, à mon approche, abaissa sa main de son épaule. Je la remplaçai immédiatement par la mienne, plaçant l'autre en miroir au creux de son cou.
- Bonjour, dit-il.
- Bonjour.
Il fît mine de se tourner vers moi, mais je l'en empêchai d'une pression. Bien sûr, je savais pertinemment qu'il ne bougeait pas parce qu'il le voulait bien. S'il avait vraiment eu l'intention de me faire face, ce serait déjà fait.
- Tu as bien dormi? Demandais-je.
Je commençai alors à masser l'endroit sur lequel il s'attardait, quelques instants auparavant, et il se détendit sous mes doigts. Je ne pouvais pas y mettre autant de force que lui, mais je savais, à la vue de ses réactions infimes, que mes caresses lui faisaient du bien.
- Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant dormi, admit-il.
- Moi aussi.
Puis on se tut tous les deux, profitant de la chaleur de l'eau et de la vue qui s'offrait à nous. Zoro regardait l'océan à l'horizon et moi, je le regardais, lui. Même de dos, il était beau. C'était presque agaçant.
Quand je sentis les muscles de ses épaules se relâcher, je m'intéressai à son dos, passant mes mains de ses omoplates à la naissance de ses fesses, n'oubliant aucun recoin. Je sentis ses muscles danser sous mes doigts et ses poils se hérissaient quand j'effleurais ses flancs. Mais je choisi de ne pas gâcher ce moment en intensifiant mes caresses sur ses points sensibles. Je voulais lui faire du bien avant tout.
Et puis finalement, sans que je n'arrive à vraiment comprendre pourquoi, je succombai à une pulsion dont je n'avais pas conscience : je glissai mes bras entre les siens et je l'enlaçai par derrière, collant ma poitrine à son dos, posant ma joue sur son épaule. Et je fermai les yeux. Je savourai cet instant, écoutant l'eau ruisseler sur les pierres, les oiseaux traversant le ciel d'un bleu éclatant et, surtout, sa respiration. C'était apaisant.
Au bout de quelques instants reposants, il se détacha légèrement de moi pour pivoter entre mes bras. Nos regards se croisèrent, puis il m'embrassa. Tendrement. Je faillis perdre pied devant la douceur qu'il me témoignait. Mais je me laissai néanmoins aller à son élan et je nouai mes bras autour de ses épaules, me rapprochant de lui pour mieux lui donner accès à mes lèvres. Et il ne se fit pas prier pour se coller littéralement à moi. Sa bouche glissa contre la mienne tandis qu'il accélérait la cadence, plantant ses doigts dans la chaire moelleuse de mes hanches. En réponse, j'agrippais ses cheveux pour le tirer en arrière, faisant de mon mieux pour mener la danse. Mais il était bien trop fort à ce jeu-là. Il me plaqua contre la roche, m'écrasant complètement de son poids, me clouant littéralement sur place. Je n'avais pas d'autre choix que de m'accrocher à lui comme à une bouée de sauvetage. J'étais sa proie. Il savait exactement comment m'avoir totalement à sa merci.
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Bien plus que ça
FanfictionDepuis le rassemblement de l'équipage, Robin ne pense plus qu'à une chose : Zoro. À ses mains sur son corps, à ses lèvres sur les siennes, à toutes ces choses qu'elle s'interdit pourtant. Qui sacrifierait le plus merveilleux des équipages pour un si...
