- Tu as une tête épouvantable, nota Ussop.
- Merci, soupirais-je.
Franky donna une tape derrière la tête du sniper en claquant la langue.
- Hé! Personne ne t'a jamais dit de traiter les femmes avec plus de courtoisie?
- On m'a appris à être honnête, protesta Ussop en se frottant le crâne.
Je me détournai de leur dispute naissance pour me regarder dans le hublot rendu noir par la nuit qui enveloppait le navire. J'avais effectivement une tête épouvantable. J'étais même étonnée que Franky ait réussi à être suffisamment gentleman pour ne pas me le faire remarquer.
J'avais passé la nuit précédente à me retourner dans mon lit, incapable de trouver le sommeil. Nami avait d'ailleurs finit par me mettre dehors, agacée par le mouvement du matelas sous mon poids, et j'étais allée m'enfermer dans la bibliothèque où je n'avais même pas réussi à me plonger dans un livre pourtant fascinant.
Zoro hantait mes pensées depuis que nous étions revenus sur le navire avec Bepo. J'avais regardé les mains de Sanji s'activer en cuisine tandis que Bepo attendait, la bave aux lèvres. Zoro, lui, m'avait regardée, moi. J'avais senti son regard pendant tout le temps où l'ours avait avalé son repas et, les rares fois où j'avais osé lui accorder un regard, ça avait été pour trouver un désir ardent dans le fond de ses yeux. Il voulait reprendre là où nous nous en étions arrêtés sur la plage, et honnêtement, il ne lui aurait pas fallu beaucoup d'efforts pour me convaincre. D'ailleurs, j'avais été à deux doigts de craquer et le suivre dans la vigie, quand tout le monde était enfin allé se coucher au milieu de la nuit, mais j'avait miraculeusement été sauvée par Ussop qui étaient venu me demander de lire une histoire à Chopper. Ainsi accaparée par les garçons, j'avais laissé Zoro monter seul dans la vigie lui faisant office de chambre.
- Mais elle a été bizarre toute la journée, argua Ussop. Tu es sûre que ça va, Robin?
Je tournai des yeux fatigués vers lui en hochant faiblement la tête.
En fait, ça n'allait pas vraiment. Dès que j'étais sortie de la bibliothèque, au petit matin pour rejoindre les autres au petit déjeuner, Zoro m'était tombé dessus. Il avait passé la matinée à me frôler, m'offrir des regards enjôleurs et à effleurer mon pied sous la table. J'avais dû fournir un effort surhumain pour ne pas rougir ou aller me glisser sur ses genoux. Et cet après-midi, ça n'avait pas été en s'arrangeant. J'avais voulu m'isoler et aller me reposer sur un transat au soleil, mais il avait eu la bonne idée de s'entraîner sur le pont, juste sous mes yeux. Bien sûr, après avoir enfilé mes lunettes de soleil aux verres teintés, je l'avais observé pendant des heures. Et il en avait eu bien conscience. Il avait l'habitue d'essuyer son corps avec une serviette dès qu'il commençait à transpirer mais aujourd'hui, conscient de mon regard sur lui, il avait laissé les gouttelettes dévaler ses pectoraux avant de slalomer entre ses abdominaux dessinés. Et, quand au crépuscule, il avait commencé à retirer son pantalon pour continue son entraînement en caleçon, j'avais battu en retraire. Et il avait fallu que je choisisse un lieu de retraite inattendu, pour qu'il ne puisse pas me trouver. Et c'est ainsi que j'avais opté pour l'atelier des deux inventeurs de l'équipage. C'était bien la première fois que je venais ici de mon plein gré.
- Je suis fatiguée, lui dis-je. Je n'ai pas bien dormi la nuit dernière.
- Pourquoi?
Comment expliquer que c'était parce que je m'étais repassé en boucle ma discussion avec Zoro, que j'avais senti mon cœur s'emballer au souvenir de son regard et que je m'étais retenue de toutes mes forces de ne pas aller le rejoindre dans sa chambre?
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Bien plus que ça
FanfictionDepuis le rassemblement de l'équipage, Robin ne pense plus qu'à une chose : Zoro. À ses mains sur son corps, à ses lèvres sur les siennes, à toutes ces choses qu'elle s'interdit pourtant. Qui sacrifierait le plus merveilleux des équipages pour un si...
