Chapitre XIV

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Le navire tanguait doucement sur les flots, bercé par la mer calme du matin. L'air salin caressait mon visage et, pour la première fois depuis plusieurs jours, un vrai sourire s'étira sur mes lèvres. Mes pas étaient légers alors que je gravissais l'échelle du pont supérieur. J'étais revenue au navire avec une résolution claire : peu importe ce qui s'était passé ces derniers jours, je devais retrouver Zoro et mettre les choses au clair. Je savais ce que j'allais dire : m'excuser pour mes réactions, lui proposer que nous restions amis, et promettre de ne plus jamais laisser cette histoire empoisonner notre relation. Et je me sentais bien. Je me sentais enfin prête à affronter ce qui devait l'être. J'avais trop longtemps laissé Zoro dans le flou.

Je le vis, là-bas, adossé à la rambarde, le regard perdu vers l'horizon. Ses cheveux verts brillaient légèrement sous le soleil matinal, et sa carrure imposante me réchauffa le cœur malgré moi. J'avançai, déterminée.

— Zoro, soufflai-je en m'approchant.

Il se retourna doucement, et je crus percevoir un éclair de surprise dans ses yeux. Je pris une profonde inspiration et continuai, les mots sortant avec clarté cette fois-ci.

— Je voulais m'excuser pour ces derniers jours. Pour les disputes, pour mes réactions... Je ne voulais pas que tout cela change quoi que ce soit entre nous. Je sais que tout était de ma faute, que j'ai commencé cette relation et que je n'ai aucun droit de te demander pardon, mais je le fais quand même. J'aime cet équipage plus que tout et je veux le préserver, mais si ça veut dire tirer un trait sur ce que nous avons partagé. Je suis désolée.

Zoro me regarda, silencieux, attentif. Je poursuivis, le cœur battant plus fort, mais la voix assurée :

— Je ne veux pas qu'on parle de cette histoire à nouveau. Je... je veux qu'on reste amis. Juste amis, et que rien ne vienne gâcher ce que nous partageons avec l'équipage.

Un léger sourire traversa ses lèvres, presque imperceptible. Son silence me rassura davantage que n'importe quelle parole.

— Très bien, dit-il simplement.

Je sentis un soulagement immense m'envahir. Tout allait bien. Tout pouvait continuer comme avant. Et pour la première fois depuis longtemps, je me permis de respirer vraiment. Mais, alors que je m'apprêtais à tourner les talons pour retrouver les autres et me changer les idées, je croisai brièvement son regard et je me figeai. Il était triste, c'était indéniable. Il souffrait de ma décision. Et je ne l'en aimais que plus encore. J'étais amoureuse de lui, et depuis bien longtemps, en réalité. Mais je n'avais plus aucun droit sur lui, plus le droit de le lui avouer. J'avais pris une décision et je devais m'y tenir. Je savais que ce n'était pas le moment. Pas maintenant. Les aventures nous attendaient, l'équipage comptait sur nous, et je voulais continuer à vivre à leurs côtés, comme une vraie famille. Il était plus important pour moi de préserver ce lien que de céder à mes sentiments, même si mon cœur se brisait.

Je pris une profonde inspiration, sentant le vent marin s'engouffrer dans mes cheveux, et je me détournai pour quitter le pont et rejoindre la cuisine où les autres faisaient un bruit pas possible.

L'après-midi s'était installée avec douceur, et je me laissai emporter par la chaleur du soleil et le rire de l'équipage. Le navire tanguait doucement sur les flots, et l'air salin caressait mes joues, apportant un parfum de liberté et de bonheur simple. Pour une fois, aucune dispute, aucun secret lourd à porter : juste nous, ensemble, à profiter de la vie.

Brook s'était installé sur un tonneau au centre du pont, grattant sa guitare et chantonnant doucement. Sa voix résonnait entre les mâts et les cordages, transformant nos jeux improvisés en une sorte de fête sur l'eau.

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⏰ Dernière mise à jour : Jan 18 ⏰

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