20h02 : mon téléphone vient de vibrer.
20h03 : je me décide à lire le message qu'on vient de m'envoyer.
⁃⁃⁃⁃
Oikawa :
Salut Hinata, je suis arrivé au restaurant. Vraiment désolé pour le retard, j'ai eu quelques petits soucis. Où es-tu ?
⁃⁃⁃⁃
Qu'est-ce que je suis censé répondre à ça ? Je suis sur le point de rentrer chez Kenma et la déception pèse lourd sur mon ventre. Il y a au moins dix minutes de trajet entre le restaurant et le métro. Je ne peux pas raisonnablement mentir et dire que je suis déjà dans le bâtiment alors qu'en dix minutes il aura largement le temps de faire le tour des tables et de ne pas me trouver là.
Et puis merde. Pourquoi je devrais y retourner ? C'est lui qui est en retard et qui fait comme si ce n'était pas si grave. Oui il s'est excusé mais je ne suis pas un petit chien qui accourt quand on l'appelle, même si certains aimeraient le faire croire. Je vois déjà le sourire et les moqueries d'Oikawa à ce propos. Rien qu'à cette idée je secoue la tête. Je refuse de lui donner cette joie là de me foutre la honte ou de me ridiculiser comme à son habitude.
C'est presque à mon tour d'acheter des tickets pour le métro. Je ne peux pas me permettre de laisser passer ma place juste parce que mon dilemme interne me perturbe. L'homme devant moi vient de terminer alors je m'empresse d'acheter mon titre de transport et de m'asseoir sur le banc le plus proche pour tout ranger dans mon portefeuille.
⁃⁃⁃⁃
Oikawa :
Tu n'es pas là c'est ça ?
⁃⁃⁃⁃
Et merde. Il sait que je ne suis pas là bas. Après tout ce n'est pas sorcier de le deviner. Je ne sais pas s'il a fait le tour du restaurant, s'il a demandé à un membre du personnel ou s'il l'a juste deviné mais dans tous les cas, c'était un jeu d'enfant. Qu'est-ce que je suis censé faire maintenant ?
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Oikawa :
Tu pouvais être honnête si tu ne voulais pas qu'on fasse un peu plus connaissance.
⁃⁃⁃⁃
C'est bon. Il a gagné. Je suis sur les nerfs maintenant. Il me rejette la faute dessus alors qu'à la base je l'ai attendu pendant presque une heure. Je m'empresse de sortir du bâtiment qui renferme le métro et je cours presque jusqu'au restaurant. En seulement sept minutes j'arrive sur les lieux. Toujours personne en vue. Le doute me prend soudain.
Est-ce qu'on a la même adresse pour le restaurant ?
Il n'y a pas de raison que l'adresse soit différente mais le doute persiste. Je scrute avec attention les alentours et pousse un soupir. S'il me fait tourner en bourrique je jure que je le tue sur le champ.
Je me décide finalement à entrer dans le restaurant et m'adresse à un serveur.
- Excusez-moi, je cherche un jeune homme assez grand avec des cheveux châtain courts et des yeux marron.
Le serveur plisse les yeux cherchant dans son esprit.
- Je crois qu'il est monté à l'étage.
Dieu merci ce n'était pas une blague. Je remercie le serveur et grimpe les marches quatre à quatre, prêt à en découdre et à envoyer mon point dans le visage d'Oikawa. Ma tenue et mes cheveux auxquels j'avais fait bien attention pendant tout ce temps sont dans un état presque piteux mais après tout, cela n'a plus d'importance. Au moment où mes yeux se poseront sur le grand roi je ne serai plus que rage et colère.
- Shoyo.
J'entends sa voix m'appeler. Je ne sais pas comment analyser le ton qu'il a pris mais tout ce que je peux dire c'est qu'il semble de meilleure humeur que moi. Rassurez-vous, ça ne va pas durer.
Je craque les os de mes doigts et me dirige vers lui, le regard plus sombre qu'un ciel orageux lançant les mêmes éclairs foudroyant. Je ne sais pas exactement à quoi il ressemble là tout de suite mais son sourire va vite s'effacer et ses jolis traits vont être rapidement cabossés.
Je sens la colère irradiée tout autour de moi et je pense qu'elle est en train de serpenter un peu partout jusqu'à atteindre sa cible. Ma vision est floue, je ne distingue pas Oikawa, je sais simplement où je dois aller et mes pieds m'y mènent.
Quand je tire la chaise pour poser mon sac à dos, mes yeux se plantent sur le grand roi et tout devient net. Il me fait un grand sourire et je m'apprête à lui hurler dessus quand il agite quelque chose devant mes yeux. Je me vois dans l'obligation de me stopper net et crispe tout de même mes doigts sur la table.
- J'espère que ça te fait plaisir.
Je ne comprends pas ce qu'il veut dire jusqu'à ce que je me recule un peu et que je découvre la rose qui secoue devant mon visage. Ses traits sont détendus, ses lèvres sourient toujours : il a l'air ravi. Rien que l'apercevoir ainsi, je n'arrive plus à garder autant de colère en moi.
Je m'installe sur ma chaise et soupire. La pression se relâche. Mes doigts se détendent à leur tour.
- Je... ça ne te fait pas plaisir ?
Mon regard remonte vers lui. Mes yeux n'ont pas quitté le ciel orageux.
- J'avoue que c'était peut-être trop.
Il se gratte la nuque, gêné.
- C'est à cause de ça que tu es aussi en retard ?
Oikawa n'ose pas répondre mais son silence me fait comprendre.
- Tu es en retard. D'une heure. Pour une simple rose.
Je détache les mots, maitrisant la fureur qui augmente à nouveau en moi.
- Je t'ai attendu pendant quarante-cinq minutes. J'ai stressé tout le trajet en métro et après à pied pour venir parce que moi aussi j'étais en retard. Au final, en voyant l'heure passée j'ai décidé de partir parce que je me doutais bien que tu me posais un lapin et alors que j'allais prendre le métro tu as le culot de me dire que tu es là, avec UNE HEURE DE RETARD.
Je ne retiens pas mon cri. Je le regrette instantanément en sentent les regards des gens du restaurant sur moi. Rien de pire que le sentiment que je ressens à ce moment. Tout le monde doit être persuadé que nous avons une dispute de couple.
Mes yeux dérivent sur Oikawa qui me regarde perdu.
- Je... je suis vraiment désolé Shoyo, je... je voulais juste te faire plaisir.
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Royal Raven
FanfictionPendant les vacances d'été du début de sa deuxième année de lycée, Shoyo Hinata passe une semaine chez Kenma Kozume, son meilleur ami. Pendant ces quelques jours, Shoyo revoit Kotaro Bokuto et Tetsurou Kuroo qui décident de l'emmener à une fête che...
