19 • Sosie ?

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. . ⇢ [𝑆𝑐𝑦𝑙𝑙𝑖𝑎] ˎˊ˗ ꒰ :👠: ꒱
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Ce matin, je me réveille tôt, le soleil n'a même pas encore pointé le bout de son nez. Il doit être aux alentours de six heures, mais je suis déjà debout, malgré une nuit sans véritable sommeil. Les événements d'hier n'ont cessé de tourner en boucle dans mon esprit, m'empêchant de trouver le repos. J'avais espéré m'endormir en rêvant de Nohan, de sa voix douce et de la manière dont il m'avait effleurée, mais ces doux souvenirs ont rapidement été éclipsés par la sombre réalité de ma situation.

Cette dette, cette menace planant au-dessus de ma tête, empoisonne chaque instant de ma vie. Je me sens piégée, comme si chaque pas que je faisais me rapprochait d'un précipice inévitable. Une partie de moi se dit que c'est peut-être le karma. J'ai toujours voulu être riche, prête à tout pour atteindre ce rêve, et maintenant que j'y suis presque, je réalise à quel point le prix à payer est exorbitant.

Le plus effrayant, c'est que je ne peux plus faire marche arrière. Chaque décision, chaque mouvement semble sceller un peu plus mon sort. Ce n'est plus un rêve, mais un cauchemar éveillé, un destin que je n'ai pas choisi, mais auquel je ne peux échapper. Et alors que le jour commence à se lever, une angoisse sourde me serre la poitrine, me rappelant que ce combat, je vais devoir le mener, que je le veuille ou non.

Je me prépare avec soin ce matin, consciente que chaque détail compte. J'enfile une robe noire élégante qui tombe juste en dessous des genoux, sobre mais suffisamment raffinée pour imposer une certaine allure. Mon maquillage est discret, presque imperceptible, mais rehausse subtilement mes traits. Je laisse mes longs cheveux détachés, encadrant mon visage avec douceur.

Je descends et hèle un taxi, me promettant qu'une fois sortie de ce gouffre financier, je m'achèterai une voiture. Conduire me manque, et cela rendrait mes déplacements bien plus faciles. Le trajet vers Luxian Foundation se déroule sans encombre, mais mon esprit reste préoccupé, la nervosité grimpant à chaque minute.

En arrivant, je me dépêche de pénétrer dans le bâtiment sans prêter trop d'attention aux personnes qui me saluent, bien que certains me lancent des regards curieux. Peut-être ont-ils lu les articles récents dans les journaux ou sur Internet et cherchent-ils à se montrer amicaux avec la grande patronne. Je soupire, appuyant sur le bouton de l'ascenseur avec une détermination palpable sur le visage.

— Mademoiselle Valdez, vous êtes de retour parmi nous ?

Sa voix me parvient de derrière, douce et familière. Je n'ai même pas besoin de me retourner pour savoir que c'est lui. Un sourire se dessine sur mes lèvres.

— Eh bien non, monsieur Marvellous, serais-tu déçu ?

— Bien sûr que je le suis, répond-il sans hésitation, un soupçon de taquinerie dans le regard.

L'ascenseur arrive à notre étage, les portes s'ouvrent avec un léger tintement. Nous y entrons tous les deux, l'atmosphère légèrement électrique. J'appuie sur le bouton du 42ème étage, là où Roberto travaille. Avant que je ne réalise ce qui se passe, Nohan s'avance vers moi d'un pas décidé. En un instant, il me bloque contre le coin de l'ascenseur, ses bras de chaque côté de moi, ses mains posées contre le mur, créant une barrière presque palpable.

Son visage est si proche du mien que je peux sentir son souffle chaud contre ma peau. Mon cœur s'accélère, et sans vraiment y penser, ma main se lève pour caresser doucement sa joue. Sa peau est chaude sous mes doigts, et je ressens un mélange de désir et de nervosité qui me submerge. Le silence entre nous est lourd de sous-entendus, chaque seconde semblant s'étirer à l'infini.

— Tu es si belle dans cette robe, murmure Nohan, sa voix grave et douce à la fois.

Ses compliments deviennent de plus en plus fréquents, et je sens qu'il se livre, qu'il se dévoile peu à peu. Il y a quelques mois à peine, je ne voyais en lui qu'un homme entièrement dévoué à son travail, obsédé par son téléphone, et qui ne semblait pas avoir de vie en dehors de tout cela. Mais aujourd'hui, il me montre une autre facette de lui-même, plus humaine, plus vulnérable. Et en retour, il me pousse à faire de même. À ses côtés, je me sens étrangement libre, capable d'être moi-même sans artifice.

Nohan glisse une main sur ma cuisse, ses doigts remontant doucement, dangereusement, vers mon intimité. Mon souffle se coupe sous la tension qui s'installe, chaque mouvement, chaque regard entre nous chargé d'une électricité presque palpable. Juste au moment où son toucher devient trop intime, trop brûlant, le bruit de l'ascenseur annonce un nouvel arrivant, nous forçant à nous séparer brusquement.

Mia entre dans l'ascenseur, et je ne peux m'empêcher de ressentir une pointe d'agacement. Elle, encore elle, toujours là au mauvais moment. Il n'y a jamais de bon moment pour elle, en réalité. Pour une fois, elle reste silencieuse, ce qui est un véritable soulagement. Lorsque les portes s'ouvrent à mon étage, je sors sans un regard en arrière, essayant de garder la tête haute malgré le tumulte intérieur. Je m'étais promis de m'éloigner de Nohan, de mettre une distance entre nous, mais c'est tellement plus difficile que je ne l'avais imaginé. Comment lui dire stop alors que tout en lui m'attire inévitablement ?

Je marche d'un pas déterminé vers le box de Roberto, sans perdre une seconde.

— Toi ! Dis-je d'une voix ferme en le pointant du doigt.

Il lève les yeux vers moi, surpris, et je vois dans son regard qu'il ne s'attendait pas à me voir ici. Normal, je ne travaille plus dans cette entreprise. Mais son air innocent, cette façon de feindre l'ignorance, ne m'a jamais trompée. Sans lui laisser le temps de réagir, je saisis son fauteuil et le fais pivoter brusquement vers moi, ne lui laissant aucun échappatoire. Puis, dans un geste impulsif, je pose mon talon entre ses jambes, les yeux fixés sur lui.

Peut-être que ce que je viens de faire est un peu extrême, voire déplacé, mais l'adrénaline m'empêche de réfléchir. Je réalise que, de sa position, il a probablement une vue plongeante sur ma lingerie. Cette pensée me traverse l'esprit, et je sens une pointe de gêne m'envahir. Ça ne plairait certainement pas à Nohan s'il voyait ça... Nohan ? Pourquoi est-ce que je pense à lui à cet instant précis ? Ce n'est pas lui que je devrais avoir en tête, mais Luxian. Oui, Luxian, mon fiancé. Heureusement que personne ne peut entendre mes pensées chaotiques en ce moment.

— Tu comptes me sauter dessus et me faire l'amour ici, devant tout le monde ?

Son sourire narquois me fait bouillir de l'intérieur. Roberto a toujours cet humour décalé qui me tape sur les nerfs, mais ce n'est pas le moment de laisser ça m'atteindre.

— Arrête tes conneries ! Hier soir, c'est bien toi qui m'as donné ça, non ?

Je sors la lettre de mon sac avec une précision rageuse et la lui lance. Il l'attrape au vol et la déplie lentement, ses yeux parcourant les lignes avec une lueur d'incompréhension ou du moins, c'est ce qu'il veut me faire croire.

— Non, pourquoi tu dis ça ?

Sa voix est calme, presque innocente, mais je ne me laisse pas berner.

— Ne me prends pas pour une idiote, Roberto. C'était toi ! Et ne fais pas semblant de ne pas te souvenir. Quand je t'ai vu, tu t'es enfui comme un lâche.

Je plante mon regard dans le sien, essayant de déceler la moindre trace de mensonge. Mon cœur bat à tout rompre, alimenté par la colère et la confusion. Je refuse de le laisser jouer avec moi, pas cette fois.

— Je te promets que ce n'était pas moi. Je ne vois pas pourquoi j'irais te demander une somme pareille, et en plus, hier soir, j'étais avec Bruno. Si tu ne me crois pas, tu peux lui demander.

Sa réponse est ferme, presque vexée, mais je ne suis pas convaincue. Je le scrute avec insistance, cherchant une faille, un signe qui trahirait un mensonge. Je finis par soupirer, frustrée.

— Tu aurais donc un sosie, alors ?

D'un geste brusque, je lui arrache l'enveloppe des mains, mes doigts serrés autour du papier comme si j'avais peur qu'il disparaisse.

Séduit moi si tu peux Où les histoires vivent. Découvrez maintenant