35 • L'article

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. . ⇢ [𝘚𝘵𝘦𝘧𝘢𝘯𝘪𝘦] ˎˊ˗ ꒰ :👠: ꒱
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Je décide de partir en courant, mon cœur battant la chamade, mais Nohan m'attrape fermement par le bras, me forçant à m'arrêter.

— Tu peux toujours y réfléchir, dit-il d'une voix calme, mais ferme, ses yeux plongés dans les miens, cherchant à me transmettre une part de réassurance.

Je me retourne vers lui, le regard plein de confusion et d'angoisse.

— Et si Luxian décidait de te virer à cause de moi ? Que ferais-tu alors ?!  m'emporte-je, ma voix tremblant sous le poids de l'inquiétude. Je ne peux pas m'empêcher de penser aux conséquences de mes choix.

Nohan réagit rapidement, son expression déterminée mais ouverte.

— Je chercherais un autre travail, répond-il, comme si cela pouvait résoudre tous les problèmes qui nous entourent.

Je fronce les sourcils, luttant contre ma frustration.

— Et le temps ? Qui va payer le loyer ? lui lançai-je, le ton de ma voix se faisant plus intense. Tu as un fils à nourrir en plus de ça !

Il baisse légèrement les yeux, conscient de la réalité que je soulève.

— Effectivement... fais comme bon te semble et oublie-moi , murmure-t-il finalement, sa voix trahissant une douleur sourde. Il semble perdu, abattu par le poids de nos choix respectifs.

Je sens une boule se former dans ma gorge alors que je réalise l'ampleur de ce que nous sommes en train de perdre.

Il me relâche et s'éloigne, me laissant là, plantée, à pleurer silencieusement. Une vague d'émotions m'envahit, et je me demande si c'est peut-être mieux ainsi.

Je fais le chemin du retour vers "chez moi", ou plutôt devrais-je dire chez Luxian. En réalité, je ne me sens pas vraiment chez moi ici. Dans une maison, on devrait se sentir bien, rassurée, à l'aise, comme dans un cocon. Mais ici, entourée de toutes ces domestiques et de cette décoration qui ne correspond en rien à mon goût personnel, je me sens comme une intruse. C'est un peu comme si j'étais chez un étranger, et, en fait, c'est ce qu'il est pour moi, un étranger qui m'est devenu familier à travers des moments partagés, mais qui reste distant et inaccessible.

Je me dirige vers le bureau de Luxian, où j'essaie de rassembler mes pensées. Je prends une profonde inspiration et décide de chercher une date pour le mariage, dans l'espoir de faire plaisir à ma mère. Cela me pèse sur le cœur, mais je sais que je dois m'y plier pour éviter d'autres conflits. Je navigue sur mon ordinateur à la recherche d'un créateur de robes, l'une de mes amies m'ayant recommandé un designer dont le travail est réputé. Mes yeux parcourent l'écran, passant d'une image à l'autre, lorsque soudain un article attire mon attention.

Il s'agit d'une robe magnifique, délicate, ornée de détails raffinés qui semblent capturer la lumière. Je me laisse emporter par les images, imaginant à quoi je ressemblerais dans cette robe, me projetant dans un avenir qui semble à la fois souhaité et incertain.

Je fais défiler les pages sur mon écran, perdue dans mes pensées, quand je tombe soudain sur un article qui attire immédiatement mon attention.

Je plisse les yeux, lisant le titre en gros caractères qui s'affiche devant moi : "Le charmant Marvellous aurait trouvé chaussure à son pied ?"

Mon cœur s'emballe alors que je reconnais la photo qui accompagne l'article. C'est une image de moi et de Nohan, prise il y a environ trois ans. Sur la photo, nous sommes face à face, nos mains se serrant dans une étreinte amicale. Nohan a ce sourire charmeur qui a toujours fait chavirer mon cœur, et moi, je porte une robe rouge qui me va à merveille. Je me souviens de ce moment, du rire partagé et de la complicité palpable entre nous. C'était avant que tout ne devienne si compliqué.

Sous la photo, le texte continue en énumérant les qualités de Nohan : "La nouvelle assistante de Nohan est parfaitement à la hauteur de ce charmant jeune homme. En tant que Directeur de la banque de Luxian Fondation, il est connu pour son dévouement au travail, mais qui sait ? Peut-être que le charme de cette femme réussira à faire fondre le cœur de Nohan, connu pour être un bourreau de travail."

L'article indique également la date, 14/05/2019 mais pour moi, c'est bien plus que cela ; c'est un rappel cruel de ce que j'ai peur de perdre.

Je souris en repensant à ses mots. Est-ce vraiment le cas ? Il a dit qu'il m'aimait, mais je n'ai pas réellement fait exprès d'éveiller ces sentiments en lui. En y réfléchissant, je réalise que c'est probablement pour cela qu'il a prononcé cette fameuse phrase ce jour-là. En consultant la date, je me rends compte que cela s'est passé un jour après notre rencontre, un jour qui m'a marqué à jamais.

Je me souviens clairement de ce moment : "Séduis-moi si tu peux." À cette époque, je n'aurais jamais imaginé que ces mots venaient de mon patron. Qui l'aurait cru, après tout ?

Soudain, la voix de ma mère me sort de mes pensées.

— Tu regardes quoi ?

Elle s'approche de moi, l'air curieux, et je réalise que je tiens encore la page de l'article dans mes mains. Je me dépêche de la ranger pour cacher mon trouble.

— Je regarde des robes pour mon mariage. Tu veux jeter un œil aussi ?

Je lui souris, espérant qu'elle ne remarquera pas l'hésitation dans ma voix. L'idée de choisir une robe de mariée me remplit d'une excitation mêlée d'angoisse, mais je suis prête à plonger dans cette aventure avec elle à mes côtés.

Je soupire, le mot "mariage" résonne dans mon esprit comme une sorte de mantra, chargé de significations et d'émotions. C'est un concept sacré pour moi, et je préfère ne pas établir de lien entre lui et moi. L'idée même de m'engager me semble écrasante et trop sérieuse.

— Bien sûr ! répond ma mère avec un enthousiasme qui me déstabilise.

Je la regarde, ses yeux brillants d'anticipation, mais je sens un frisson d'hésitation me traverser.

— Je pense que je vais dire à Luxian que je n'ai pas envie de me marier. Tu connais ma façon de penser à ce sujet, dis-je, en espérant qu'elle comprenne.

Elle soupire, comme si elle savait exactement où je voulais en venir.

— Oui, mais ce n'est pas parce qu'avec ton père ça s'est mal passé que ce sera pareil pour toi, répond-elle, essayant de tempérer mes craintes.

Je secoue la tête, sentant une frustration croissante.

— Oui, mais... je ne veux pas ! Je m'exclame, ma voix trahissant l'intensité de mes sentiments.

Elle me fixe avec compréhension, mais aussi une pointe d'insistance dans ses yeux.

— Calme-toi. Tu n'as qu'à le dire à Luxian et c'est tout. C'est votre vie, pas la mienne, dit-elle d'un ton apaisant, comme si elle voulait me rassurer sur le fait que je suis en contrôle.

— Tu l'as dit ! rétorque-je, une petite étincelle de défi dans ma voix.

Je sens que la conversation prend une tournure délicate, mais au fond de moi, j'espère qu'elle a raison et que je pourrai faire entendre ma voix sans créer de conflits.

Séduit moi si tu peux Où les histoires vivent. Découvrez maintenant