Nous sommes dans l'ambulance. Marion est encore sous le choc, elle n'a pas dit un mot depuis ce qu'il s'est passé. Elle est allongée, le regard dans le vague. Je lui tiens la main, je sens que cette proximité la rassure. Comme si ça lui permettait de rester dans le monde réel. Je m'en veux tellement de la voir dans cet état. Après tout, c'est de ma faute. S'il ne s'était rien passé avec elle, peut-être que le fanatique n'aurait pas cherché à me faire du mal en s'en prenant à elle. Mais peut-être qu'il s'en serait directement pris à Marina... Je ne sais pas. Je suis terrorisée rien qu'à l'idée qu'il pourrait s'approcher d'elle. Et il le sait. Il sait très bien que pour le moment c'est lui qui a les cartes en main car il sait qui je suis mais je ne sais pas encore qui il est.
Pendant le trajet, Lequellec m'appelle pour m'informer que Marina est en sécurité avec lui au commissariat et qu'elle va bien. Un poids en moins sur la poitrine. Je raconte à Lequellec ce qu'il s'est passé avec le fanatique pour qu'il puisse en informer Baldachino avant que j'arrive pour gagner du temps quant aux mesures à prendre pour notre sécurité. Marion n'écoute que d'une oreille, me serrant la main un peu plus fort à l'énonciation du coup de feu. Son visage est tellement fermé par le traumatisme. Quand je la vois là, comme ça, j'ai l'impression qu'elle ne pourra plus jamais sourire. Comme si toute joie avait quitté son corps.
Nous arrivons finalement à l'hôpital, Marion est envoyée aux urgences pour recoudre sa plaie et faire quelques examens complémentaires. Je lui explique qu'il faut que j'aille au commissariat mais que je reviendrai la voir dès que possible et que j'ai fait venir deux policiers pour garantir sa sécurité. Les larmes lui montent aux yeux mais elle ne répond rien, se laissant emporter derrière la porte battante des urgences par un interne. Une infirmière s'approche de moi.
- Bonjour, c'est vous qui êtes arrivée en ambulance avec la jeune femme blessée par balle ?
- Oui.
- Est-ce que vous connaissez son nom ?
- Marion Pieri.
- Vous êtes de la famille ? Ou est-ce qu'il y a de la famille qu'on peut contacter ?
- Non non. Je suis une collègue. Je n'ai pas le contact de ses parents mais je peux vous donner leurs noms.
L'infirmière acquiesce.
- Sa mère s'appelle Marie-Paule et son père, Claude. Et le nom c'est Pieri pour les deux. C'est tout ce que je sais.
C'est fou de se dire que nous nous connaissons depuis si longtemps, que nous travaillons ensemble et qu'en fin de compte, je la connais si peu. Je ne sais rien d'elle... L'infirmière me remercie finalement et s'en va.
J'arrive enfin dans mon bureau où Lequellec et Marina m'attendent. Quand elle me voit entrer, Marina me saute au cou avec toute la vivacité qui lui est propre. Je peux sentir à la fois sa peur et son soulagement. Lequellec est juste derrière elle, il me salue poliment avec son habituel sourire aux lèvres et je dois dire que ça fait du bien. Il se retire finalement du bureau pour nous laisser un peu d'intimité. Marina me regarde de la tête aux pieds et n'arrête pas de me toucher comme pour être sûre que je suis bien là et que je n'ai rien de cassé.
- Mon dieu Amore, j'ai eu tellement peur ! Comment ça va ? Lequellec m'a tout expliqué ! Je ne sais...
Je la coupe en la serrant dans mes bras, essayant de me montrer sûre de moi, même si c'est loin d'être le cas.
- Tout va bien, on va le retrouver. Ça va aller, je te le promets.
- Si tu meurs je te tue, tu as compris ?
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Non, je n'ai rien oublié
Mystery / ThrillerElsa Crenn, Commandant de police de 35 ans, revient à Nice après quinze ans d'absence pour intégrer la Brigade Criminelle en tant que directrice adjointe. Dès son arrivée, une nouvelle enquête s'ouvre. Une femme a été retrouvée morte avec une mysté...
