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Fin de journée, j'arrive à l'hôpital pour rendre visite à Marion. Pour voir comment elle va, bien sûr, mais aussi pour avoir une discussion sur cette colocation forcée à venir. Il faut que l'on mette les choses au clair, même si ce genre de conversation ne m'enchante gère. J'arrive devant la porte indiquée par l'infirmière, je toque puis entre. Marion est allongée avec un bandage sur sa cuisse et des fils accrochés à sa main reliés à une poche de ce que je suppose être des anti-douleurs. La voir comme ça me donne un haut le cœur. A cet instant, je me rends compte que je ne supporte pas l'idée qu'on puisse lui faire du mal... Quand elle me voit, elle me sourit, l'air un peu groggy. Elle a repris des couleurs et la voir sourire me rassure comparé à l'état dans lequel je l'ai laissée tout à l'heure. Elle a un plateau repas devant elle mais n'a pas l'air d'avoir mangé grand-chose. Je m'assois sur la chaise à côté de son lit.

- Alors ça va, coloc ? me dit-elle, avec humour.

- C'est pas drôle.

- Au moins, tu vois que j'ai encore de l'humour.

- Comment va ta jambe ?

- Ça va, je vais pouvoir remarcher rapidement.

-       Ça va, je vais pouvoir remarcher rapidement

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Je ne sais pas par où commencer. Je sais qu'il faut que je lui parle de cette cohabitation et des règles qu'il va falloir qu'on mette en place mais les mots restent bloqués. Marion me regarde de son regard perçant, comme si elle pouvait lire en moi.

- T'as peur ? me dit-elle avec bienveillance.

- Je suis terrifiée...

Marion pose sa main au-dessus de la mienne. Son contact m'enveloppe d'une douce chaleur rassurante. Je sens des larmes monter.

- J'ai l'impression d'avoir complètement perdu le contrôle de ma vie. Et je m'en veux tellement que vous ayez à subir tout ça, toi et Marina.

- Eh, t'y es pour rien du tout. Y'a qu'un seul fautif et c'est lui. Alors maintenant va falloir arrêter de se flageller et lui botter le cul à ce taré.

- C'est n'importe quoi, c'est toi qui a été agressée ce matin et c'est toi qui me réconforte.

Une infirmière entre pour changer la poche d'anti-douleur. Nous restons dans le silence jusqu'à ce qu'elle reparte. Marion me regarde avec à la fois de la tendresse et de la tristesse dans le regard. Je ressens exactement les mêmes émotions et c'est ce qu'elle doit probablement déchiffrer dans mes yeux aussi. Nous nous comprenons. Nous savons très bien ce que nos yeux sont en train de se raconter. Il y a un désir triste entre nous. Triste parce que nous savons qu'il ne doit plus jamais être assouvi. Même si c'était doux de revenir aux sources du passé, cette nuit était une parenthèse enchantée qu'il va falloir laisser derrière nous. Je m'apprête à lui dire, à prononcer les mots fatals mais Marion me stoppe.

Non, je n'ai rien oubliéDes histoires addictives. Découvrez maintenant