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7h00 du matin

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7h00 du matin. Je suis dans la cuisine en train de me faire couler un café. La nuit a encore été mouvementée et j'ai un mal de crâne horrible. J'ai rêvé du fanatique, il me demandait à nouveau de choisir entre Marina et Marion et j'en étais incapable. Cette enquête est clairement en train de prendre le dessus sur moi, sur ma vie. Il va falloir la boucler très vite si je ne veux pas devenir tarée. J'entends Marina descendre pour me rejoindre à la cuisine, me sortant de mes pensées. Ses pas se rapprochent de moi et elle m'enlace par derrière. Son contact m'enveloppe d'une douce chaleur réconfortante.

- Ça va Amore ?

- J'ai mal à la tête, faut que je prenne un café. Tu en veux ?

- J'ai un remède contre le mal de tête et pas besoin de café...

Je sens Marina sourire dans mon cou. Elle se colle un peu plus à moi et commence à m'embrasser la nuque. Je ressens des frissons dans tout mon corps. Je peux sentir son souffle sur moi et son excitation monter en flèche. La tension est palpable. Marina dirige dangereusement sa main vers mon bas ventre lorsque nous entendons du bruit derrière nous. On se retourne brusquement et tombons nez à nez avec Marion, à la fois choquée et gênée. Merde, là on a vraiment déconné.

- Désolée, je savais pas que vous étiez dans la cuisine, dit Marion, sans oser nous regarder.

- Non, non, c'est notre faute. Désolée..., dis-je, à deux doigts de la syncope.

- Oui désolée Marion. Mon dieu que j'ai honte ! Bon allez, on se dit qu'on oublie et on prend le petit-déjeuner ?! Tu veux du café ? enchaine Marina.

Marion acquiesce et nous nous installons toutes les trois sur l'ilot central de la cuisine. Il y a toujours de la gêne dans l'air que Marina essaye de combler en parlant de tout et de rien. Mais je peux voir que Marion ne l'écoute pas, il y a de la tristesse dans son regard. Une tristesse mélancolique. Elle n'ose toujours pas me regarder, comme si la scène de ce matin se jouait en boucle dans sa tête. La voir comme ça, à cause de moi, me fait l'effet d'un coup de poing dans l'estomac. J'aimerais tellement pouvoir revenir en arrière, dans cet hôtel, et m'empêcher de fauter. M'empêcher de raviver en moi, en nous, cette partie éteinte depuis tant d'années. Quand je nous vois toutes les trois là, comme ça, j'ai l'impression d'être prise dans un étau, me demandant quand est-ce que je serai réduite en miettes par cette situation.

Je suis assise à mon bureau du QHS, le regard dans le vague. J'ai eu besoin de m'isoler après le petit-déjeuner, je n'arrivais plus à supporter le poids de ma culpabilité au milieu de Marion et Marina. Nous n'avons pas beaucoup parlé, encore trop gênées par ce qu'il venait de se passer mais il me semblait important de leur faire part de l'avancée de l'enquête. Je leur ai donc expliqué que nous avons probablement découvert l'identité du fanatique et que nous avons interrogé sa famille mais sans trop rentrer dans les détails. Je voulais simplement qu'elles sachent que nous sommes en bonne voie et que bientôt, toute cette histoire sera dernière nous. Enfin, je l'espère... Je reprends peu à peu mes esprits et mon regard s'attarde sur la pile de dossiers qui trône sur mon bureau. Il y en a sept, un pour chaque victime. Celui au sommet est celui de ma sœur. Je l'attrape et l'ouvre. Il y a une photo de Sophie prise peu avant sa mort. Il me semble que c'est ma mère qui a pris cette photo. Elle est souriante avec un regard flamboyant comme si elle n'avait peur de rien, comme si rien ne pouvait l'arrêter. Les larmes me montent aux yeux en imaginant ce qu'elle aurait pu devenir. Ce que nous aurions vécu durant ces quinze années qui lui ont été volées. Je sens la haine monter et les larmes couler lorsque quelqu'un toque à la porte. Je me reprends et essuie mes larmes d'un revers de main. La porte s'entrouvre et je vois la tête de Marina apparaitre. Je lui souris, essayant de ne rien laisser paraitre mais Marina n'est pas dupe et me connait par cœur. Elle s'approche de moi, le regard inquiet. Son regard s'arrête sur la photo de Sophie sur le bureau. Je n'ai pas besoin de parler, elle a compris. Marina s'assoit sur l'arrête de mon bureau, se positionnant face à moi, elle me pose la main sur la joue.

Non, je n'ai rien oubliéDes histoires addictives. Découvrez maintenant