Mes bagages en mains, je les pose enfin devant cette grande entrée blanche qui m'est si familière. Ma maison. Un mélange de nostalgie et de bonheur m'envahit. Elle m'avait terriblement manqué. Après cinq heures et onze interminables minutes de vol, me voilà enfin chez moi.
À peine ai-je le temps de prendre une profonde inspiration que la porte s'ouvre avec un fracas, comme si elle avait hâte de me retrouver. Matt apparaît dans l'encadrement, son visage illuminé par un sourire qui ne peut cacher son excitation. En un éclair, il s'élance vers moi, me soulève comme si je n'étais qu'une plume, et me fait tournoyer dans ses bras. La joie débordante sur son visage est contagieuse.
— Quand Darkoff m'a dit que tu venais, j'y croyais même pas ! s'exclame-t-il, son enthousiasme débordant comme un enfant la veille de Noël, incapable de contenir sa surprise.
— À moi aussi, tu m'as terriblement manqué, Matt, lui réponds-je, ma voix empreinte d'émotion.
Je le serre aussi fort que possible dans mes bras, comme si ce geste pouvait effacer les mois d'absence, comme si ce moment précieux pouvait disparaître d'un instant à l'autre. Il me lâche doucement, ses bras maintenant posés sur mes épaules, m'observant avec une intensité qui ne laisse aucune place aux doutes. Il souffle légèrement, puis prend mes valises avec une aisance désarmante, comme si cela ne représentait pas un poids pour lui.
— Allez, viens, tu ne vas pas passer la nuit dans l'entrée ! Retour à la maison !
Je fais un pas en avant, mais une appréhension me prend à la gorge. Une sensation de gêne mêlée à une excitation confuse s'installe en moi. J'ai tellement peur d'avoir raté quelque chose pendant mon absence. Après les retrouvailles à l'hôpital, j'avais eu l'occasion de les voir à mon réveil, mais cela faisait déjà un an sans eux, et maintenant, cela faisait un an et quelques mois. J'ai tant de choses à rattraper. Jamais je n'avais été aussi longtemps éloignée d'eux. Mes yeux scrutent chaque recoin de la maison, mais avec une pointe d'égoïsme. Je suis heureuse de voir que rien n'a changé, tout est resté identique, comme si le temps ne s'était pas écoulé.
— Où sont les autres ? demandai-je, tentant d'engager la conversation.
— On a appris tout récemment que tu arrivais, alors certains sont encore dans l'avion, d'autres le prennent demain, et certains sont déjà arrivés, mais sont partis faire les courses pour notre regroupement.
— Alors ça veut dire que vous ne vivez plus tous ici ?
— Non, Lova, pas depuis que tu as disparu.
La réalité de ses mots me frappe de plein fouet. C'est donc pour ça que rien n'a finalement bougé, parce que personne n'était là pour habiter cet endroit, même si c'était toujours la maison de tous.
— Mais vous vous voyez en dehors, au moins ?
— Chacun à sa vie un peu partout dans le monde, on ne se voit jamais.
Je m'affaisse sur le canapé, submergée par cette révélation. On avait toujours été ensemble depuis notre adoption, alors je n'aurais jamais imaginé que, avec ou sans moi, ils seraient éloignés. Ce n'était pas possible. J'aurais cru que nous resterions unis.
— Je vais nous chercher des sodas, déclare Matt pour briser le malaise.
Je hoche la tête, mais dès qu'il est parti, je me lève. Je me déplace lentement dans la pièce, puis dans l'entrée, où sont toujours exposés ces cadres photo complètement fissurés mais authentiques. Après avoir failli me faire écraser par la douleur lorsque j'ai appris la pseudo-mort de Deven, je suis rentrée ici et je me suis sentie coupable d'avoir mis en morceaux les seuls souvenirs de lui qui allaient me rester toute ma vie. C'est ironique, non ? Cette photo était ma préférée. Je la prends dans mes mains. On rigolait à en pleurer, et il me regardait avec cet éclat dans les yeux, exactement comme Deven le faisait toujours avant, et comme Agostino le faisait maintenant. Les pas de Matt approchent, et je repose la photo juste à temps. Je lui souris, et le suis dans le salon. Il me tend mon soda et s'assoit près de moi. J'ouvre la canette de ma boisson fard. Bordel, ça fait du bien. J'en avais pas vu depuis si longtemps. Matt ricane à ma réaction à la boisson.
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DARKOFF
Romance« Respire, ton cœur bat trop vite, il ne faudrait pas qu'ils sachent que tu en as un » Après que le noble art est été réservé exclusivement à la gent masculine, elle s'est ouverte aux femmes qu'à la fin des année mille neuf cent quatre-vingt-dix et...
