LOVANA
Salvator vous à ajouter.
Je prends mon téléphone pour consulter la notification, mais il glisse de mes mains au moment où je le récupère. Slove l'attrape d'un air réprobateur.
— On n'est pas venus en Irlande pour rester connectés à la Californie, dit-il, le regard sévère.
— Pour le coup, c'était le Mexique, mais tu as raison, acquiescé-je en soupirant.
Slove me fait penser à Deven. Il est autoritaire et froid, mais protecteur, toujours là pour le bien des autres. Pourtant, il n'a rien à voir avec lui. Slove est diplomate, il n'a pas d'excès de colère et se contrôle toujours. Je ne dirais pas que Deven est colérique ; absolument pas. C'est quelqu'un de rationnel, compréhensible. Il prend le temps d'écouter et de comprendre, il est sain d'esprit. Même s'il peut m'énerver au plus haut point, c'est l'homme le plus équilibré que j'ai connu. Il sait calmer les tempêtes et a appris aux côtés de Darkoff pour mieux m'aider. Il faisait tout en fonction de moi, et je pense que c'est aussi de cette manière qu'il a oublié de vivre sa propre vie, car j'ai toujours été sa mission principale.
— Aujourd'hui, on ne va pas s'entraîner, avoue Slove, son ton sérieux laissant peu de place à la discussion.
— Pourquoi pas ? interroge-je, perplexe.
— On va parler.
— Parler de quoi ?
— De ce dont tu as besoin de parler. J'ai fait venir un spécialiste. Le but est que tu poses des mots sur ce que tu veux exprimer. Tu n'es pas obligée, mais il est important que tu comprennes qu'en tant que sportive de haut niveau, il faut savoir faire ressortir les choses pour en faire entrer de nouvelles. On ne boxe pas avec la colère, on boxe avec le savoir. Plus tu accumules, plus ce sera compliqué de continuer. Fais marcher ton moteur avant qu'il ne devienne rouillé, dit-il en tapotant mon front de son doigt.
— Hé ! Il n'est pas rouillé ! Et toi, tu as trop lu mon dossier, l'accusé-je en riant.
— Je fais mon boulot, et j'attends de toi la même chose.
Je me contiens de ne pas râler, juste parce qu'une femme nous rejoint.
— Je te présente Belinda, qui est ma femme. Elle travaille dans le secteur de la psychologie et a aussi travaillé en collaboration avec moi pour beaucoup d'athlètes de ton niveau. Elle sera aussi préparatrice mentale, mais on n'en est pas encore là.
Je secoue la tête pour signifier que j'ai compris et serre la main qu'elle me tend, sourire aux lèvres. Belinda me fait penser à Juana : blonde avec un carré et une frange, son style est plutôt féminin. Ses yeux noisette brillent d'intelligence et son sourire est éclatant.
Elle s'assoit à la table de pique-nique où je dégustais mon bol de fromage blanc, agrémenté de morceaux de fruits. Je déplace mon bol à ma gauche et croise les bras sur la table, la regardant sortir toutes ses notes. Aujourd'hui, le cadre est magnifique. Le camp est en plein cœur de la nature, et quand Slove parlait de connexion, il parlait vraiment de connexion. C'est un véritable régal, j'en avais réellement besoin. Sans le savoir, j'ai aussi besoin de poser des mots là où ça fait mal. Parfois, j'oublie même le cameraman qui me suit partout depuis deux mois ; il est si discret que je n'en ressens presque pas la présence. Je suppose que Belinda a aussi un micro et que la planète entière va connaître mon histoire. Nous sommes en train de tourner un documentaire sur qui est réellement Lovana.
— Alors, ne t'inquiète pas, je ne vais pas t'angoisser en te laissant parler pendant des heures sans que tu sachent quand t'arrêter, rigole Belinda.
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DARKOFF
Storie d'amore« Respire, ton cœur bat trop vite, il ne faudrait pas qu'ils sachent que tu en as un » Après que le noble art est été réservé exclusivement à la gent masculine, elle s'est ouverte aux femmes qu'à la fin des année mille neuf cent quatre-vingt-dix et...
