Nous voilà dans une évasion imprévue. Cela fait une petite heure que nous roulons, le silence entre nous ponctué uniquement par le bruit du moteur et les paysages qui défilent. Mon ventre, lui, n'en peut plus et commence à se manifester bruyamment. Comme s'il lisait dans mes pensées, Agostino ralentit, bifurque sans prévenir, et gare la voiture près d'un parc. Sans un mot, il descend, et je le suis, intriguée. Peut-être espère-t-il me surprendre, mais, en cet instant, ma seule priorité reste de trouver de quoi calmer cette faim qui me tiraille. Les arbres du parc s'élèvent autour de nous, leurs feuilles dansantes sous la lumière du jour. Nous avançons en silence, et soudain, l'odeur irrésistible de nourriture me parvient. En quelques pas, nous tombons sur un food truck isolé, comme un trésor en plein désert. Mon instinct de survie prend aussitôt le dessus, et j'accélère, prête à fondre dessus. Mais je n'ai pas le temps de l'atteindre qu'Agostino m'attrape par le col, me forçant à ralentir.
— Tu vas pas mourir de faim, dit-il avec un sourire narquois.
Je me retourne, joueuse, et plante mes yeux dans les siens.
— Si, bien sûr que si, répliqué-je, théâtrale.
Il éclate de rire, un rire doux et contagieux, tandis que ses yeux brillent d'amusement.
— Toi, t'es incorrigible, murmure-t-il en secouant la tête.
Il reprend la marche, et je le suis, mais je remarque un léger changement dans l'air. Une tension douce, une énergie qui flotte entre nous, comme un fil invisible.
— Tu connais cet endroit ? demandé-je, curieuse.
Il ralentit légèrement, ses traits se détendant à mesure qu'il contemple le parc autour de nous.
— Quand j'étais gamin, ma mère m'emmenait souvent ici. Il y avait des festivals, des concerts... Des événements qui animaient cette petite ville. Mais aujourd'hui, à part Eduardo et son food truck, tout est... mort.
Je fronce les sourcils, essayant de recoller les morceaux.
— Mais je croyais que tu avais grandi en orphelinat ?
Il s'arrête net, puis se tourne vers moi, un sourire énigmatique étirant ses lèvres.
— Je n'ai jamais dit ça, répond-il simplement.
Je le fixe, perdue entre mes propres suppositions et le mystère qu'il cultive volontairement. J'ai mille questions qui me brûlent les lèvres, mais une voix enjouée brise le moment.
— ¡Hola, mi pequeño! Hace tiempo que no te veía. Y además en tan encantadora compañía.
Un homme sort du food truck, visiblement ravi de voir Agostino. Son ton chaleureux et ses yeux malicieux trahissent une complicité ancienne. Je regarde Agostino, espérant qu'il traduise, mais il répond directement en espagnol, l'air parfaitement à l'aise.
— ¿Qué onda, Rodrigo? ¿Cómo te va desde hace tiempo? ¿No muy complicado?
Rodrigo jette un coup d'œil autour de lui avant de me dévisager avec un sourire éclatant.
— Eres muy bonita. ¿Cómo te llamas ?
Je détourne les yeux, ne comprenant rien mais devinant le sujet. Agostino, lui, ricane doucement.
— Sí, es magnífica, ¡tengo mucha suerte! Sólo habla inglés, pero se llama Lovana.
— Il est tombé sous mon charme, c'est ça ? demandé-je en haussant un sourcil.
Agostino se tourne vers moi, son expression change imperceptiblement.
— Qui ne tomberait pas sous ton charme ? murmure-t-il, presque trop bas pour que je l'entende.
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DARKOFF
Cinta« Respire, ton cœur bat trop vite, il ne faudrait pas qu'ils sachent que tu en as un » Après que le noble art est été réservé exclusivement à la gent masculine, elle s'est ouverte aux femmes qu'à la fin des année mille neuf cent quatre-vingt-dix et...
