Darkoff fait une entrée théâtrale dans la salle de réunion où nous venons d'arriver.
Cela fait maintenant une bonne trentaine de minutes que je les écoute débattre, chacun essayant d'imposer ses idées pour un futur plan. On dirait deux clans opposés : Agostino à une extrémité de la table, et Darkoff à l'autre. Chaque regard qu'ils échangent ressemble à un duel de lasers.
— J'ai une idée bien plus simple que toutes vos complications, dis-je en interrompant leurs discussions.
— On t'écoute, approuve mon père.
— On est tous d'accord que Stanislas ne souhaite qu'une seule chose ?
— Toi Bella, répond Salvator sans hésiter.
— Exactement, moi.
Je les regarde un à un, évitant délibérément celui qui tire sur ma manche depuis que j'ai pris la parole, comme pour m'intimer de me taire ou de ne pas dire d'idiotie.
— Alors, utilisons-moi comme appât.
— C'est un bon plan.
— C'est un mauvais plan.
Les deux voix s'entrelacent, relançant la dispute entre les deux camps. Je soupire et me laisse tomber sur la chaise à côté d'Agostino.
— Elle n'est pas un jouet, lance-t-il sèchement.
— Tu mélanges tout, rétorque Darkoff.
— Je ne mélange rien, réplique Agostino, plus ferme. L'utiliser entraînerait un risque inacceptable pour elle. Ça reviendrait à la mettre entre ses mains pour une durée indéterminée. Et je te rappelle qu'on la déjà perdu une année entière, soit 350 jours. Je ne permettrai pas que ça se reproduise.
— Justement, tu superviseras tout, comme toujours, Agostino. Il ne lui arrivera rien.
— Tu t'entends parler ? Je veux bien être capable de tout pour la ramener indemne, mais je ne suis pas un robot imperméable.
— Une équipe t'accompagnera.
— Ce n'est pas suffisant. Il en a déjà tué quatorze en une fraction de seconde.
— Alors, plusieurs équipes t'accompagneront.
— Et où est la discrétion dans tout ça ? Le but de ce plan, c'est qu'il soit attiré sans flairer le danger. Si une centaine d'hommes rôdent dans les parages, il n'y a aucune chance qu'il se montre.
— C'est une option à laquelle on a déjà réfléchi. Voilà pourquoi on a conçu un dispositif qui pourrait être intégré à un bijou de Lovana. Ce serait un capteur de présence, un micro, un GPS et, en prime, un moniteur de fréquence cardiaque pour nous assurer qu'elle va bien.
— C'est ingénieux, c'est vrai. Mais un collier, ça s'arrache.
— Alors, greffez-moi ce dispositif sous la peau, dis-je, le regard ferme.
— C'est une option, intervient quelqu'un.
— Non, ce n'en est pas une, réplique Agostino, le ton tranchant.
— Si, ça en est une, insiste Darkoff.
— Lovana. Dit-il en se tournant vers moi.
— Agostino. Répétais je après lui.
Le silence tombe dans la salle, lourd et oppressant. Seul le grincement de la chaise d'Agostino brise cette tension. Je le vois se lever, enrouler ses manches et marcher d'un pas brusque vers la porte.
— Vous n'avez pas besoin de moi. Vous avez déjà tout prévu pour l'envoyer à sa perte, lâche-t-il d'une voix froide.
— Agostino...
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DARKOFF
Romansa« Respire, ton cœur bat trop vite, il ne faudrait pas qu'ils sachent que tu en as un » Après que le noble art est été réservé exclusivement à la gent masculine, elle s'est ouverte aux femmes qu'à la fin des année mille neuf cent quatre-vingt-dix et...
