Il a choisi d'être de mon côté. Cette soirée-là a été d'une intensité que je peine à exprimer. Trop de choses se sont passées, trop de révélations, de moments suspendus. C'était une tempête intérieure, une sorte de révélation brutale mais nécessaire.
Pour une fois, allongée dans mon lit, je n'ai plus de doutes. Un sentiment de calme s'installe en moi, et je commence à comprendre ce qui se passe réellement. Tout devient plus clair. Plus net. Je me sens forte, plus forte que je ne l'ai jamais été.
Darkoff avait tort. Agostino ne me fragilise pas. Il ne me réduit pas à rien, comme il aurait pu le faire. Bien au contraire, il me surprend. Il est un défi, un paradoxe même. Il me pousse à grandir, il me donne une confiance en moi que je n'avais pas envisagée.
C'est vrai qu'avec lui, je ne suis plus sur mes gardes comme avant. Agostino fait ressortir ce côté de moi, cette femme qui désire plaire, être regardée, et se sentir belle, des choses auxquelles je ne prêtais plus attention depuis longtemps. Il éveille en moi une envie d'être aimée, de croire que je mérite aussi l'amour. Avec lui, je me sens vulnérable d'une manière nouvelle, presque libératrice. Il me fait perdre cette aura masculine que je m'étais construite, car je n'ai plus à être constamment en mode attaque. Non, avec lui, je peux enfin laisser tomber mes défenses, je peux être moi-même.
C'est comme s'il avait ouvert une porte que je ne savais même pas qu'elle existait. Un mois et demi s'est écoulé depuis que la vérité m'a frappée en pleine face, d'un coup, sans prévenir. Cette vérité m'a éclairée. Elle m'a ouverte, comme une fenêtre sur un monde que j'avais refusé de voir. Tout autour de moi devient plus clair, plus défini. Les choses sont soudainement en noir et blanc là où tout était flou. Je vois avec une acuité que je n'avais pas avant. L'homme qui n'était, jusque-là, que l'homme à l'oreillette, celui qui observait à distance, a révélé une toute autre facette de lui-même. Je vois maintenant une personne plus complexe, plus humaine, plus réelle. Il n'est plus un simple soldat ou un garde du corps qui m'intimide. Non, il est une part de ce monde, et il a choisi de s'en approcher. Je me laisse guider par mon cœur, même si mon esprit, encore embrouillé par tout ce que j'ai vécu, essaie de retrouver des repères. Je n'ai plus toutes les clés, mais il y a quelque chose de plus instinctif en moi, un savoir qui vient du fond de moi-même.
Et ce soir-là, j'ai vu en lui une douceur que je ne pensais pas pouvoir trouver là. Une tendresse qui, jusqu'alors, semblait invisible sous sa froideur habituelle. Il a été une révélation pour moi, et c'est étrange, mais j'ai eu l'impression que ce moment-là allait marquer un tournant, un avant et un après. Une part de moi aurait voulu rester blottie dans ses bras, sentir cette chaleur humaine jusqu'à ce que le sommeil m'emporte. Mais la réalité nous a rattrapés, et nous avons dû repartir, retrouver l'équipe. Le groupe. Chacun à sa place. La soirée a été agréable, remplie de rires, de taquineries. J'ai défié Rafael à des jeux de cartes, et je dois admettre que j'ai pris un malin plaisir à lui faire perdre. J'ai profité de Juana avant son départ au matin, j'ai taquiné les garçons, et j'ai provoqué Agostino en dansant juste hors de portée de ses mains. Une petite vengeance douce-amère, comme pour tester ses limites, pour voir si vraiment il pouvait me laisser tranquille, ou si la tentation était trop grande. Je ne suis pas sûre qu'il se soit autant amusé que moi et je suis certaine qu'il s'est fait un point d'honneur de ne pas me montrer qu'il avait apprécié, mais il était là, presque intrigué par la façon dont je jouais avec lui. Avec les autres aussi. Le temps passait vite, bien trop vite.
Parfois, j'avais cette sensation étrange que tout cela aurait dû commencer bien plus tôt, que je me retrouvais dans une réalité où j'avais mis trop de temps à prendre ma place. Un sentiment que je ne peux pas encore totalement définir. Ce sentiment persiste, comme une intuition, une idée qui germe dans un coin de ma tête, mais qui reste floue, jusqu'à ce que ma mémoire finisse peut-être par me donner toutes les pièces du puzzle.
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DARKOFF
Romance« Respire, ton cœur bat trop vite, il ne faudrait pas qu'ils sachent que tu en as un » Après que le noble art est été réservé exclusivement à la gent masculine, elle s'est ouverte aux femmes qu'à la fin des année mille neuf cent quatre-vingt-dix et...
