Apprend à briller petite étoile

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Une main me secoue doucement, brisant mon sommeil paisible. Je cligne des yeux, désorientée, et découvre Juana, debout devant moi, les mains sur les hanches. Sans un mot, elle mime qu'elle m'attend en salle de rééducation. Je hoche la tête en signe d'accord, résignée. D'un premier élan, j'essaie de me lever, mais une résistance inattendue me cloue sur place.

Je baisse les yeux, intriguée, et ma lampe intérieure s'allume. Agostino. Je suis restée dormir avec le leader de cette équipe, tandis que les autres membres sommeillent profondément sur leurs matelas éparpillés au sol. Je me retourne pour confirmer mon intuition : c'est bien lui. Ses cheveux bruns en bataille, sa peau mate, sa carrure impressionnante... Des veines saillantes et des tatouages qui trahissent son histoire. Une odeur subtile de vanille émane de lui. Imposant. Majestueux.

Je lève les yeux vers son visage. Ses traits détendus le rendent presque méconnaissable, et son souffle régulier apporte une sérénité qui contraste avec son aura habituelle. Une esquisse de sourire flotte sur ses lèvres. Je ne l'avais jamais observé d'aussi près. Et, malgré moi, je ne peux m'empêcher d'admirer cet homme qui semble incarner tout ce que l'on attend d'un leader : force, sagesse, intelligence. Sa présence irradie. Celle qui partage son cœur... a-t-elle conscience de ce qu'elle possède ?

Alors que je suis perdue dans ma contemplation, ses paupières s'entrouvrent doucement.

— Je rêve ou tu étais en train de m'observer ? dit-il, un sourire narquois aux lèvres, sans pour autant retirer son bras qui m'enserre.

— Ne te fais pas d'idées. J'élaborais un plan pour t'éliminer plus facilement.

— Ça doit être ça... lâche-t-il en riant d'un ton matinal et rauque.

Son rire résonne comme une mélodie, captivant malgré moi. Non, ça ne devrait pas être permis. Je dois partir d'ici, et vite. Je repousse son bras qui entrave ma liberté et me lève, prête à fuir vers la salle de bain. Avant de disparaître derrière la porte, je jette un dernier coup d'œil. Les garçons dorment encore profondément. Agostino, lui, s'est redressé, adossant son dos à la tête de lit. Nos regards se croisent et se maintiennent, sans animosité, juste un échange silencieux.

— Tu comptes les éliminer eux aussi ? demande-t-il avec un sourire en coin.

— Non. Dis pas de bêtises, c'est mes chouchous eux.

Je ne lui laisse pas le temps de répliquer. Une fois dans la salle de bain, je m'équipe de ma tenue de sport et pars rejoindre Juana, prête pour ma séance de kiné.

— Je pensais que t'allais jamais arriver, dis Juana en la voyant enfin passer la porte.

— Je tiens toujours mes paroles, rétorque-je avec un sourire en coin.

Elle m'observe un instant tandis que je m'installe sur la longue table de soins, avant de me faire signe de m'allonger. J'obéis en silence, habituée au rituel.

La musique relaxante, fidèle à elle-même, résonne doucement dans la pièce. D'habitude, je ferme les yeux et me laisse emporter, pour ne me réveiller qu'une bonne heure plus tard, complètement détendue. Mais aujourd'hui, j'ai d'autres projets.

Juana commence par plier ma jambe gauche, mobilisant ma hanche et mon genou avec précision, avant de répéter les mouvements sur la droite. Ses gestes sont méthodiques, presque hypnotiques, alors qu'elle pivote doucement ma jambe vers l'extérieur, stabilisant ma hanche. Suivent des rotations circulaires et des flexions plantaires. Tout ce temps, je reste sage, immobile, m'efforçant de ne rien laisser transparaître. Mon objectif exige subtilité et patience.

J'ai failli céder à la somnolence, mais je me reprends rapidement. Pas question de rater l'occasion.

— Ça te dirait de sortir un peu d'ici ? demandé-je finalement d'une voix douce, presque innocente.

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