Chapitre 10

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Allongée sur un simple morceau de tissu semblable à un paréo, Téa ressassait les derniers événements de cette nuit agitée.

Eloe avait tout déballé, ses origines, le coup d'État d'Ayden, leur fugue... Les Oasii avaient étonnamment bien réagi en apprenant que Téa était l'ennemie numéro un du gouvernement. Ils n'avaient jamais porté les Célestes dans leurs cœurs et avaient même pris leur parti en apprenant les coups bas de l'Empereur.

Perle-Lune s'était révélée être une amie attentionnée et serviable. Elle et Kahaanee étaient les filles du Sous-chef d'Oasis. Ce dernier avait rapidement expliqué à Téa et Cordélia la façon de fonctionner de leur village et du reste des Oasii.

Ils étaient divisés en trois oasis. Oasis, Eden et Parai. Toutes étaient dirigées par un Sous-Chef, lui-même obéissant aux ordres d'un Chef. Ce dernier devait allégeance au gouvernement Céleste.

Tous parlaient la langue autrefois appelée l'hindi. River en profita pour ajouter que les Savages, eux, parlaient le tagalog en tant que langue traditionnelle.

Ces derniers étaient également séparés en trois villes. Taara, le village dont ils s'étaient enfuis, Moon et Buwan, la capitale.

— Une dernière chose, avait ajouté le Sous-Chef, les Savages et les Oasii font partie de ce qu'on appelle l'État de la Lune. Nous vénérons Séléné, vah dhany ho. Vous n'êtes pas obligés de partager notre culte mais nous tenons à ce que vous évitiez de blasphémer.

— Vous aussi vous faites des sacrifices humains ? avait demandé Téa, inquiète.

River l'avait rassurée et avait affirmé que seuls les Savages pratiquaient ainsi.

Téa changea de position. Elle n'arrivait pas à dormir.

Les Oasii étaient partis terminer ce qu'ils avaient commencé avant que Cordélia et Kahaanee — qui avait tenté d'y échapper — les interrompent. Ils appelaient cela la Veillée de la Pleine Lune, en l'honneur bien sûr de leur Déesse.

Téa soupira. Quand arriverait-elle enfin, à trouver le sommeil ?


Téa se réveilla brutalement. Force était de constater qu'elle avait fini par s'assoupir. Elle faillit pousser un cri d'effroi quand elle vit une silhouette se détachant de l'ombre.

— Kahaanee, soupira-t-elle. Tu m'as fait peur ! Quelle heure est-il ?

— Il doit être trois ou quatre heures du matin, assura Kahaanee, je ne vais pas tarder à partir dormir, Hélios arrive d'ici peu. Mais...mon père veut vous parler.

— Quoi ? s'étonna Téa encore quelque peu endormie.

— Lève-toi ! J'ai déjà réveillé les autres.

— C'est bon, c'est bon j'arrive ! marmonna Téa.

Elle se leva et s'élança à la suite de Kahaanee. Très vite, elles furent sur la Place. Iloan, Asha, Délia et Eloe s'y tenaient déjà en compagnie des Oasii.

— Kahaanee, Téa, asseyez-vous je vous en prie.

— Alors Tély ? souffla Ilo quand elle s'assit à côté de lui.

— Tély ? Dans tes rêves ! souffla Téa.

Elle lui posa le doigt sur les lèvres en riant silencieusement.

— Tais-toi ! murmura-t-elle.

— Okay Tély, souffla malicieusement Ilo.

River se gratta la gorge.

— Très bien. En cette Veillée de la Pleine Lune, nous vous avons sauvés des Savages et de leurs coutumes barbares. Mais nous ne pouvons faire d'exception. Pour intégrer nos rangs, vous devez faire vos preuves !

— Quoi ? s'offusqua Perle-Lune.

— Perle-Lune, tu permets ? Je parle ! Écoute le Sous-Chef, merci !

— Pardon Père, souffla Perle-Lune.

— Les valeurs incarnées par les Oasii, vous vous devez de nous les prouver. Confiance, détermination, altruisme et logique. Vous aurez à passer une épreuve. Nos guerriers l'ont connue, les pêcheurs l'ont connue, les voyageurs l'ont connue, et vous la connaîtrez !

— Père, intervint Perle-Lune, laissez-les dormir une fois, il fait froid, il y a des tempêtes et Hélios apparaît qui plus est !

— Non, Perle-Lune ! Je vous laisse une heure. Rendez-vous aux aurores.

Le stress montait chez Cordélia qui se mit à triturer son bracelet de cheville. Ceci attira l'attention de Téa. Les Oasii n'en portaient pas. Téa entra dans un état de réflexion intense tandis qu'une femme dans l'assemblée tenait un long discours. C'est alors qu'elle comprit.

— Les bracelets ! hurla-t-elle en se levant.

Tous se tournèrent vers elle.

— River, avec tout le respect que j'éprouve pour vous. Il faut que nous enlevions nos bracelets ! C'est avec cela qu'ils nous retrouvent, n'est-ce pas ?

— Vous portez encore vos bracelets ? s'étonna River.

— Oui, acquiesça Téa confuse.

— Qu'on les leur retire, tout de suite ! s'exclama River. 

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