C'était Asha qui avait ouvert à Iloan. Elle avait ouvert la bouche, sûrement prête à l'éconduire de chez elle. Le garçon, voyant clair dans son jeu, s'empressa de s'écrier.
— C'est Téa... J'ai besoin de l'aide de ta mère.
Asha baissa son regard vers les bras du grand gaillard. Il tenait, recroquevillée contre lui, un petit corps frêle, presque invisible, emballée dans son grand manteau noir. La crinière noire qui dépassait de la capuche en fourrure fit frissonner Asha. Plus de doute, c'était Téa.
— Entre, dit-elle.
Asha dirigea Iloan dans les tréfonds de sa villa. Après avoir descendu quelques volées de marches et passé quelques sas, Asha s'arrêta devant une lourde porte en acier blindé.
Elle pressa la sonnette du bout de son doigt. Quelques secondes plus tard, des cliquetis indiquèrent l'ouverture de la porte.
— Asha qu'est-ce que tu fais ici à cette heure ? s'étonna Eloe.
Asha s'écarta légèrement. Eloe posa les yeux sur Iloan puis sur la petite Téa recroquevillée dans ses bras.
— Qu'as-tu fait ? l'incrimina Eloe.
— Moi ? s'étonna Iloan.
— Oui toi ! Meurtrier ! Agresseur ! Heureusement qu'Asha est intervenue !
— Il n'a rien fait, le défendit Asha. Il est venu demander de l'aide.
Iloan écarquilla les yeux.
— C'est...Téa est mon amie, elle va mal, aidez-moi je vous en prie.
Le ton d'Eloe s'abaissa. Elle ne s'excusa pas le moins du monde. Elle leur fit signe d'entrer. Iloan tenait Téa serrée contre lui tandis qu'il expliquait leurs mésaventures.
— Elle a fait une crise de convulsions.
— Je suppose que tu ne lui as pas recommandé de rester allongée. En même temps comment aurais-tu pu le sa...
— Si, bien sûr que si. J'ai attendu un temps avant de l'aider à se relever doucement.
Eloe le dévisagea.
— Bien, persifla-t-elle.
— Sa température est montée, elle était brûlante.
— A-t-elle exprimé une sensation de froid intense ?
— Oui, enfin pas intense mais...
— Donc elle avait de la fièvre, diagnostiqua Eloe.
— Oui, c'est ce que j'ai dit, soupira Iloan.
Eloe n'y prêta nullement attention.
— Ensuite, elle s'est évanouie, expliqua Iloan.
— Un évanouissement fébrile suite à une crise de convulsions, résuma Eloe.
— Oui...
Iloan était perdu.
— À votre avis, qu'a-t-elle Maître ?
— Mais enfin je viens de le dire, un évanouissement fébrile suite à une crise de convulsions, s'énerva Eloe.
— Non, ça c'est moi qui l'aie dit, soupira Iloan.
Encore une fois, Eloe ignora les propos du garçon.
— Tu peux partir.
— Mais...
— Iloan voudrait rester pour être sûr que Téa va bien, intervint Asha.
Iloan écarquilla à nouveau les yeux. Asha s'était donc rangée de son côté ?
— Non, elle ne va pas bien ! s'énerva Eloe, du moins, pour l'instant. Plus je perds du temps à discuter avec cet Aloen, plus Téa se meurt !
— C'est Iloan... soupira le garçon.
— C'est ce que j'ai dit ! Dépose Téa dans mon laboratoire.
Eloe enfila une blouse blanche stérile et se précipita derrière Iloan.
— Bon maintenant il va falloir cesser ces enfantillages.
— Où voulez-vous que je l'installe ? Par contre je vous préviens je ne la laisse pas seule !
— Mon Dieu qu'ils sont chiants ces ados amourachés ! s'exclama Eloe. Très bien, allonge-la sur la table d'examen !
Iloan sursauta. Il sentait le rouge lui monter.
— Je quoi mais euh...pas du tout ! La table d'examen vous dites ?
Eloe lui indiqua une table métallique. Iloan posa sa main dessus. Elle était glacée. Il retira doucement le manteau de Téa en veillant à faire attention à chacun de ses membres. Il l'étala sur la table d'acier et positionna doucement Téa dessus. Une mèche noire s'étalait sur son visage endormi. Il la positionna derrière son oreille avec la plus grande des précautions. Eloe était exaspérée.
— Je vais étudier ses constantes vitales.
Iloan ne broncha pas.
— Elle va ensuite passer dans la machine à IRM, insista Eloe.
Iloan ne bougea pas.
— OK, prends-toi une chaise, soupira Eloe.
Iloan se saisit du tabouret derrière lui et l'approcha de la table d'examen. Il tendit sa main vers celle de Téa et la tint, du bout des doigts tandis que des machines bipaient en tous sens.
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NOVA
Science-FictionEn l'an 6615, des astrohistoriens de la civilisation néo-terrienne de Nova découvrent la dernière relique de la vie terrienne "antique": un livre ! On l'estime datant du XXIe siècle et il est écrit en "paraglyphes". Cette découverte sera déterminant...
