Chapitre 11

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Le lever de soleil nimbait la scène d'une lueur blafarde qui donnait l'impression d'être dans un rêve. Ou plutôt, un cauchemar, comme le songeaient les cinq amis.

Un grand mur de pierre se tenait face à eux. La place était déserte. Eux-seuls, ainsi que le Sous-Chef River se trouvaient là. Ce dernier s'avança lentement et prit la parole.

— Vous voici devant le Carré. C'est ainsi que nous autres, Oasii d'Oasis, nommons ce gigantesque labyrinthe naturel. Vous allez devoir vous y aventurer. Trouver la sortie ne sera pas une mince affaire. Bonne chance à vous.

River tourna les talons et s'éloigna. Ils pouvaient encore faire demi-tour. Mais dans ce cas, comment allaient-ils obtenir de l'aide ?

Téa détailla la gigantesque structure. On voulait lui faire croire que cette chose était naturelle? Pourtant, elle était taillée à la perfection et semblait être l'œuvre d'une main experte.

Ses yeux glissaient sur le Carré. Tout lui semblait parfait. Elle ne voyait rien de bien particulier. Cependant, elle finit par l'apercevoir. Une faille dans la pierre. L'entrée du labyrinthe. Elle prit la main de Cordélia, qui semblait proche de la crise de nerfs.

Elle se tourna vers Iloan, qui après un regard entendu prit la seconde main de l'enfant. Tous trois s'engouffrèrent dans le labyrinthe sans même un regard en arrière.

Restées seules, Eloe et sa fille se dévisagèrent. Puis, la mère de l'enfant entreprit d'escalader la paroi.

Asha observait sa mère qui grimpait. Alors que celle-ci eut rejoint les derniers mètres de la haute roche, une de ses mains lâcha. Eloe se retrouva suspendue, vingt mètres au-dessus du sol, retenue par la seule force de son bras gauche. Asha retint son souffle. Elle en était sûre, sa mère allait tomber et se briser les os. Elle ferma les yeux, se préparant à la chute.

Au lieu de ça, Eloe empoigna le haut de la paroi et se hissa. Rapidement, cette dernière se trouvait au-dessus du Carré.

Asha rouvrit les yeux sur une image marquante. Sa mère semblait tout dominer de sa hauteur. Elle avançait d'un pas assuré sur le haut des murs.

Prise d'un élan de courage, Asha s'élança à son tour. Elle frotta ses doigts dans la terre d'argile et commença à marquer son chemin sur les murs. Elle avançait avec assurance, laissant derrière elle une traînée rouge ocre.


— Et maintenant ? On prend quelle direction ?

Iloan, Cordélia et Téa se tenaient devant la première intersection du Carré. Trois longs couloirs s'étendaient devant eux.

— Celui de droite. Ne jamais quitter le mur droit dans un labyrinthe.

— Bon... va pour la droite alors ! s'exclama Iloan avec un entrain forcé.

Ils procédèrent ainsi une heure durant.

— On est bientôt arrivés ? finit par s'impatienter Cordélia.

— Je ne sais pas Délia, murmura Ilo.

Tous deux regardèrent Téa, à l'avant du groupe. Elle ne s'était pas laissée aller au découragement. Les trois enfants prirent une fois encore un nouveau tournant.

— Et si nous tournions en rond ? demanda Délia.

— Ne dis pas de sottises, je m'en serais rendu compte ! s'exclama Téa.

— En es-tu bien certaine ? s'enquit Iloan.

— Je vous le garantis.

Elle commença à fixer le ciel qui apparaissait entre les hauts murs. Ce fut alors qu'elle poussa un petit cri de stupéfaction.

— Quoi ? s'exclama Ilo en se retournant.

— C'est Eloe là-haut !

— Pardon ? s'étonnèrent ses deux compagnons.

Téa, imitée par Ilo, leva la tête. Quelle ne fut pas sa surprise de voir son amie et protectrice, marchant comme une funambule sur l'épaisseur des murs du Carré.

Alors que tous les trois restèrent figés, la tête en l'air, un corps les bouscula. La jeune fille s'étala par terre tant sa vitesse était excessive. Elle roula quelques secondes sur le sol avant de se relever d'une traite.

Téa la détailla.

— Asha ! s'exclama-t-elle.

Elle était parfaitement étonnée par son allure. La jeune fille si rangée qu'elle connaissait était barbouillée d'argile rouge. Ses vêtements étaient maculés de poussière. Elle avait un regard que Téa ne lui avait jamais vu.

— Pas le temps, haleta Asha.

Personne parmi ses trois camarades ne la questionna. La jeune fille reprit sa course.

— On y retourne ? demande Ilo.

Au bout de quelques minutes, la lumière commença à baisser. Bientôt, une paroi les avait engloutis. Le ciel n'était plus. Téa et ses deux amis débouchèrent là où Asha et Eloe les attendaient déjà. Les deux jeunes Ueki s'effondrèrent sur le sol non loin de la mère et de sa fille. Téa, elle, resta droite, à attendre.

Une voix grave et puissante se fit entendre, semblant provenir des entrailles de la Terre. C'était la voix d'un Oasii. Elle était reconnaissable à son accent.

— Vous avez réussi avec brio à trouver la sortie du Carré. Bravo. Vous pouvez désormais passer à la suite de l'épreuve.

— Parce qu'il y a une suite ? s'exclama Cordélia, atterrée.

L'Oasii récita tel un mantra obscur.

Chaar maan. Chaar kadam uthaane honge. Quatre valeurs. Quatre étapes à franchir.

Tandis que tous se regardaient, effondrés, l'Oasii reprit la parole.

— Vous allez devoir traverser cette grotte sans tomber dans le Khaee, le Gouffre.

Tous se regardèrent. Cela semblait simple. Trop simple. Ce que confirma l'Oasii qui déclara.

— Je dois cependant vous annoncer que vous aurez les yeux bandés. Dans la cécité totale, il vous faudra avoir confiance en mes directives.

NOVAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant